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Le mondovino de la semaine n°43 tourne à fond

Lebey fête les bistrots • Restaurant Les Crayères, ce champion • Cognac Panther • Jeune canaille • Deux jours à Madiran. Chaque jour du nouveau, en voici cinq

Lebey fête les bistrots

Le célèbre guide Lebey met à l’honneur la bistronomie dans quelques belles tables de la capitale. Du lundi 22 au vendredi 26 novembre, cinq jolis rendez-vous et autant de beaux dîners seront proposés lors de la deuxième édition du Grand Bistrot de Noël. Participez également aux deux évènements phares qui rythmeront ces dîners : le championnat du monde de l’œuf mayonnaise et la remise du prix Staub Lebey du « Meilleur bistrot de l’année ».

Au programme :
Lundi 22 : Ground Control (XIIe arr.)
Mardi 23 : Oui mon général (VIIe arr.)
Mercredi 24 : Polissons (XVIIIe arr.)
Jeudi 25 : Bistrot de Paris (VIIe arr.)
Vendredi 26 : Restaurant Cena (VIIIe arr.)
Informations sur legrandbistrotdenoel.fr

Restaurant Les Crayères, ce champion

La récompense est bien méritée. En Champagne, quand il s’agit de bonnes tables, impossible de ne pas penser au Crayères et à son restaurant, Le Parc. Grande gastronomie, art de recevoir, sens du service, et caves incroyables, le lieu n’a jamais cessé d’impressionner. Il vient d’être élu meilleure carte de champagnes et d’effervescents du monde par le magazine The World of Fine Wine. Tant de talents au même endroit, bravo.
Plus d’informations sur lescrayeres.com

Cognac Panther

Installée depuis 1862 en plein cœur de la ville de Cognac, Meukow, dans le giron de la compagnie de Guyenne depuis 1979, s’est forgé un style à part dans le monde des cognacs. Une signature où l’intensité aromatique domine, à l’image de ce VSOP présenté dans un coffret accompagné de ses deux verres « rock ». Richesse, finesse des arômes, générosité. Un cognac pour les fêtes.
Cognac Meukow, VS (70 cl) et deux verres « rock », 36,90 euros le coffret

Jeune canaille

Depuis 1485, 27 générations de vignerons se sont succédé dans la famille Jonquères d’Oriola. Toutes animées par deux passions : la vigne et le monde équestre. Après un voyage dans plusieurs domaine autour du monde, William Jonquères d’Oriola pose en 2010 ses valises dans son Roussillon natal, aux côtés de son père. La transmission dure dix ans. « Une chance », explique le nouveau propriétaire. Vin de plaisir à déguster entre copains, canaille met le partage au centre de la table. C’est aussi une invitation à découvrir l’ensemble de la gamme.
Jonquères d’Oriola, La Canaille (rouge ou blanc), 8,50 euros
jonqueresdoriola.fr

Deux jours à Madiran

Les portes des châteaux Montus et Bouscassé à Madiran seront ouvertes ce week-end pour faire briller une nouvelle fois la culture et les vins du Sud-Ouest. Au programme, buffet dînatoire et concert dansant le vendredi, survol du vignoble en hélicoptère, verticales de La Tyre, vin emblématique du château Montus ou verticale la cuvée Vieilles Vignes du Château Bouscassé. à ne manquer sous aucun prétexte.
Programme complet sur brumont.fr

Grand Tasting Paris, festival des grands vins, salon du Prix-Plaisir

Rendez-vous annuel incontournable, sélectif et redoutable, nous avons créé le concours Prix-Plaisir pour dénicher des pépites dans chaque région. Sélectionnés à l’aveugle par un jury de consommateur, approuvés par nos experts, certains des vins médaillés (or, argent et bronze) de l’édition 2021 seront disponible à la dégustation lors du Grand Tasting Paris. Une première et une fierté. Un vivier intarissable de belles découvertes à tout petit prix. Par région, voici ceux qui vous donnent rendez-vous

ALSACE
Cave de Ribeauvillé, Vieilles Vignes 2019, alsace sylvaner, 8 euros
Domaine Lucien Marzolf, Cuvée Mathilde 2018, alsace, 16 euros

BORDEAUX
Vignobles Chatelier, Le C Cantelaudette Réserve 2016, graves de vayres, 7,40 euros
Château Pichon Bellevue, Cuvée Elisée 2019, graves de vayres, 7,40 euros
Château de Parenchère, L’Equilibriste 2020, bordeaux, 9 euros
Bernard Magrez, BM 58 2019, graves, 9,30 euros
Château Canon Chaigneau 2018, lalande-de-pomerol, 10 euros
Château Brehat 2018, castillon-côtes-de-bordeaux, 10,50 euros
Château La Vaisinerie 2018, puisseguin-saint-émilion, 12 euros
Château de Belcier 2018, castillon-côtes-de-bordeaux, 12,70 euros
Château Roc de Calon, montagne-saint-émilion, 14 euros
Château Grand Français, Héritage 2018, bordeaux supérieur, 15,50 euros
Château Recougne, Cuvée Terra Recognita 2016, bordeaux supérieur, 17 euros
Château de Rouillac, Le Dada de Rouillac 2018, péssac-léognan, 18 euros
Château de Chantegrive, Les Oiseaux de Chantegrive – Le Panache 2019, graves, 15 euros

BOURGOGNE
Château de Garnerot, Les Louères 2019, bouzeron, 17,70 euros

CHAMPAGNE
André Fays, Réserve, 15,30 euros
Champagne Baron-Fuenté, Esprit de Baron-Fuenté Brut, 26 euros
Champagne Jean-Bernard Bourgeois, Brut Prestige,18,10 euros
Champagne Paul Michel, Premier cru Rosé, 21 euros
Champagne Pehu Guiardel et Fils, Cuvée Blanc de blancs, 17,50 euros
Champagne Tapprest, Brut Prémices Tirage 2018, 12,80 euros
Champagne Tornay, Brut Grand Cru, 20,50 euros
Champagne Tornay, Brut Rosé, 19,50 euros
Champagne Vincent d’Astrée, Brut Premier Cru, 24 euros
Champagne Yannick Prévoteau, La Perle des Treilles brut, 23 euros
Les Domaines Jeeper, Pur Rosé, 23,75 euros
Les Domaines Jeeper, Pur Sélection Or, 25,90 euros
Maison Huiban, champagne blanc, 16,30 euros

HONGRIE
Disznoko, Tokaj 1413 2017 (blanc liquoreux), 18 euros

LANGUEDOC
Calmel & Joseph, Villa Blanche – Syrah 2020, IGP pays d’oc, 10 euros
Calmel & Joseph, Ams Tram Gram – L’Epicurius Syrah 2020, IGP pays d’oc, 10 euros
Château de Marmorières, Guêpier d’Europe, vin-de-France, 4,99 euros
Domaine de la Vaillère, Obstiné 2019, IGP cévennes, 9 euros
Domaine de Soustres, Les Parcelles 2020, IGP coteaux-d’ensérune, 8 euros
Domaine de Villeneuve, Vieilles Vignes 2019, pic-saint-loup, 6 euros
Gérard Bertrand, Hérésie 2018, corbières, 7,90 euros
Les Terroirs du Vertige, Fraîcheur 2020, corbières, 6 euros
Sieur d’Arques, Première Bulle, blanquette-de-limoux, 12,40 euros
Sieur d’Arques, Blason Rouge, crémant-de-Limoux, 12.30 euros

PROVENCE
Domaine de l’Heure Bleue, Bleu de Minuit 2020, côtes-de-provence, 11,50 euros
Torpez à Saint-Tropez, Bravade 2020, côtes-de-provence rosé, 12 euros

ROUSSILLON
Cave de l’Abbé Rous, Cornet & Cie, banyuls ambré, 15,90 euros
Cave de l’Abbé Rous, Cornet & Cie, Rimage 2019, banyuls, 17,50 euros
Domaine Lafage, Authentique 2019, côtes-du-roussillon, 10 euros
Domaine Lafage, Cadireta 2020, IGP côtes-catalanes blanc, 9,60 euros

SUD-OUEST
Château de Gaudou, Caillau Fauve 2019, cahors, 12 euros
Château Labastide-Orliac 2018, brulhois, 6,50 euros
Domaine Tariquet, Dernières Grives 2018, IGP côtes-de-gascogne blanc, 19,50 euros

LOIRE
Caves de Pouilly sur Loire, Tonelum les Vignerottes 2019, pouilly-fumé, 14 euros
Dagueneau Serge et Fils, Tradition 2020 (blanc), pouilly-fumé, 15 euros
Domaine Basse-Ville, Les Grandes Nouëlles 2018, muscadet, 9,40 euros
Domaine des Coteaux Blancs, Vedere 2017, coteaux-du-layon, 15,50 euros
Domaine du Vieux Pressoir, Aliénor 2019, saumur blanc, 10,50 euros
Les Ares de Loire, Les Clos de Rousseau 2018, chinon, 9,80 euros
Les Ares de Loire, Riveria 2018, chinon, 13,50 euros
Terra Vita Vinum, Grand Vau 2019, anjou blanc, 18 euros
Terra Vita Vinum, Chant de la pierre 2019, anjou, 19 euros

VALLÉE DU RHÔNE
Bernard Magrez Le Prélat 2020, côtes-du-rhône villages Laudun, 7,43 euros
Clauvallis, Insolite 2019, vin-de-france, 8,50 euros
Château d’Espeyran, L’Envol 2020, costières-de-nîmes rosé, 8,90 euros
Château Saint-Roch, Confidentielles 2019, lirac, 17,95 euros
Domaine Les Patys, Arakao 2017, ventoux, 14,17 euros
Domaine Perréal, Le Jas 2020, ventoux, 14,50 euros
Domaine Perréal, Les Boussicaux 2020, ventoux, 17,50 euros
Domaine Saint Amant, Grangeneuve 2018, beaumes-de-venise, 15 euros
Ferraton Père & Fils, La Tournée 2019, vin-de-france blanc, 5,75 euros
Ferraton Père & Fils, La Matinière 2018, crozes-hermitage, 16,10 euros
Maison Sinnae, Clos de Taman 2019, côtes-du-rhône villages Laudun, 8,95 euros

Pour les habitués du salon, cet espace libre-dégustation des médaillés Prix-Plaisir sera à retrouver proche de l’espace restauration, à côté des salles de master class.

Un sancerre d’en haut

Domaine Claude Riffault,
Monoparcelle 538, sancerre 2018

Pourquoi lui
Un beau sancerre comme ça, à ce prix-là, nous ne pouvons l’ignorer. Une propriété de quinze hectares menés en bio et certifiée depuis 2016, en route vers la biodynamie, mérite qu’on s’y penche.

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Le beaujolais, c’est nouveau tous les ans

Quel jour sommes-nous ? Nous sommes le troisième jeudi du mois de novembre et aujourd’hui, j’ai beaujolais nouveau. Chouette.

En 2021, on se régalera comme avant. Peut-être même plus, les lecteurs de Bettane + Desseauve savent déjà qu’il y a de plus en plus de bons beaujolais. Certes, l’amateur égaré se fera fourguer du vin trop maquillé à coups de levures aromatisées. Nous, les astucieux du beaujolais, trouverons le chemin des bons cavistes et des bons bistrots qui sélectionnent les bons nouveaux.

Cette année, nous jouons la tendance « petits jeunes qui démarrent » et « vignerons dans le vent ». Sur les douze vins testés, aucun à écarter. Un nous a semblé exagérément fruité et un autre avait le tanin un peu accrocheur ; les autres, on sera content de les boire jeudi soir et les autres soirs aussi. D’ailleurs, beaucoup de vignerons indiquent juste « nouveau » avec un autocollant, le vin étant en fait une cuvée à part entière qui continuera à vivre sa vie par la suite. Pour les coups de mou de l’hiver, entre deux verres de champagne, ces primeurs feront parfaitement l’affaire. Quitte à être reconfiné, mieux vaut en avoir que pas.

Le nouveau du nouveau king of Beaujolais.
On ne présente plus Frédéric Berne. Il se fait une belle réputation à la vitesse de la cinquième vague épidémique en Allemagne, c’est-à-dire très vite. Il porte haut les couleurs de Lantignié, un de ces beaujolais-villages qui ont décidé de se faire un nom. Son beaujolais « gamay noir » 2021 est bio, parfaitement équilibré, entre fruité authentique et gourmandise expéditive. 10 euros

Le nouveau qui donne le sourire.
« Sourire de nouveau » nous avait déjà donné envie de le faire l’année dernière. Rebelote. Le jeune Maxime Troncy, installé depuis 2013, en conversion bio, est très à l’aise avec ses vignes. Son vin est immédiatement séduisant. Rond, gourmand, élégant, soyeux, bien enrobé. 8 euros. Au Petit Bouclard et au Vercoquin à Lyon, à la cave Chabrol et à la cave Garibaldi à Paris.

Le nouveau qui aime la nature
Le Château de Lavernette est une propriété historique de Chaintré. Le couple franco-américain Xavier et Kerrie de Boissieu la gèrent depuis une dizaine d’année. Kerry a étudié la médecine, avant de se spécialiser en œnologie et de gagner trois fois un concours de dégustation californien. Ils sont labellisés bio et Demeter. « Le Jeune » est un beaujolais-villages nouveau de style nature : simple, fruité, élancé, presque acidulé. 10 euros. On le trouve notamment aux Domaines qui Montent.

Le nouveau pas marrant.
C’est le problème de s’appeler Domaine des Marrans et d’être tenu par un gars sérieux. Le fils de Jean-Jacques, Mathieu Mélinand, fait des vins plutôt stricts. Mais il a fait un effort pour rendre son nouveau appétant. Très léger en alcool, son nez met un peu de temps à s’ouvrir, puis gagne en fruité. Beaucoup de délicatesse en bouche, un bel équilibre. 10 euros. Cavistes. La Part des Anges à Paris 18.

Le nouveau pas doué en marketing.
Avec un nom bizarre, « Perréonissime », et une contre-étiquette à la papa (« accompagnera avec bonheur charcuteries, grillades, fromages léger »), c’était pas gagné pour le Domaine de la Madone (au sud de Brouilly, pas à Fleurie). Mais les frères Bérerd sont sans doute plus doués en vinification qu’en commerce. Ce beaujolais-villages sérieux a un nez de cerise noire légèrement poivré. Sa bouche a de la tenue. Elle est salivante et donne envie d’y revenir. 9 euros.

Le nouveau des petits nouveaux.
Troisième vinification pour Aurélie et Fabien Romany, installés à Bully dans le sud du Beaujolais. Ils sont bio, ils font aussi de la vache charolaise, ils sont dans leur époque. Nez assez entêtant, presque sur la violette. Bouche gourmande, souple, facile à boire, même si l’aromatique est un tout petit peu insistante. 10 euros.

Cette année c’est l’artiste Jadikan qui signe le visuel de ce nouveau « Beau Rendez-vous » annuel.

Le décès d’Éloi Dürrbach

Nous apprenons avec une infinie tristesse le décès subit, à 71 ans, d’une des plus remarquables personnalités du vignoble français, Éloi Dürrbach. Né dans une famille très cultivée, avec une mère tapissière de génie et amie de Picasso et un père as du vitrail et peintre de talent, il pensait devenir architecte. Un stage à château Vignelaure, qui venait de créer un vignoble modèle près d’Aix-en-Provence, a changé son destin. Il crée de toute pièce sur trois vallons froids, inspiré par l’exposition de château Simone à Palette, un vignoble qui attirera la jalousie de tous les idiots de service qui abondent, hélas, dans les instances de nos appellations contrôlées, mais aussi l’admiration de tous les amoureux de grands vins de lieu. Les agronomes du XIXe siècle avaient compris que l’assemblage du cabernet-sauvignon et de la syrah, avec un appoint de grenache (mal à l’aise dans un micro-climat ne lui permettant pas une maturité optimale) rendrait justice au terroir. Vignelaure le prouvait au début des années 1970, la viticulture locale l’avait oublié et exclut Trévallon de l’appellation dès sa création. Tant pis pour elle, les vins d’Éloi par leur forte individualité, leur capacité à se développer magnifiquement en bouteille, deviennent peu à peu des références et s’attirent l’affection de tous les œnophiles de la planète. Éloi était, par ailleurs, un homme au caractère chaleureux, amoureux de la nature et de la bonne chère, ami de tous les bons vignerons de France et d’ailleurs. Il avait transmis sa joie de vivre et son immense savoir-faire à ses enfants et je pense ici à la peine qu’Ostiane, sa fille, ainsi que tous ses proches doivent éprouver. Nous la partageons avec l’immense regret de n’avoir pas passé, dans les dernières années, assez de bons moments avec lui tant il était proche dans nos esprits malgré l’éloignement géographique. Trévallon doit continuer à vivre et à régaler le monde, c’est la seule façon de dépasser un destin injuste et cruel.

Photo : Mathieu Garçon

Éloi Dürrbach, l’homme de Trévallon, est mort

Nous aimions tous Éloi.
Il avait cette faculté unique à se faire aimer, drôle, disert, attentif toujours.
Je l’ai rencontré il y a dix ans pour la première fois, dans son domaine de Trévallon. Déjà, j’adorais ses vins, son rouge, son blanc plus rare.
Là, dans un pâle soleil d’hiver, nous avons réalisé une interview filmée par Mathieu Garçon.
Où l’on apprend tout de ses débuts, d’un parcours parfois heurté, de ses choix, de ses convictions. Douze minutes de vidéo, ce n’est jamais trop long pour comprendre les choses importantes et les gens qui les font.
Je l’ai croisé souvent par la suite. On rigolait bien, on goûtait ses grands millésimes. C’est peu de dire que je l’aimais, cet homme-là. Il nous manquera à tous. Je veux faire part ici de ma sympathie et dire mes pensées très affectueuses à Floriane, son adorable épouse, et à Ostiane, sa fille, qui va continuer l’œuvre entreprise avec l’énergie et le talent qu’on lui connaît. Elle travaille avec Éloi depuis quelques années, déjà.
Le mondovino porte aujourd’hui le deuil d’un grand homme du vin.

Le mondovino de la semaine n°42 tourne à fond

Un flacon visuel et tactile • Les saveurs de Mumm • Le saké de A à Z • Millesimato. Chaque jour du nouveau, en voici quatre

Un flacon visuel et tactile

Le millésime 2015 du château des Laurets était accompagné d’une œuvre symbolisant la vigne et les hommes. Au travers cette création, Ariane de Rothschild « célèbre aujourd’hui la terre et l’architecture, dans un flacon qui sublime le millésime 2016 et cette sélection parcellaire. » Cette œuvre spectaculaire gravée à même la bouteille est signée de l’artiste Gilles Chabrier.
Château des Laurets Baron Edmond 2016
900 euros le magnum
epicerie.edmondderothschildheritage.com 

Les saveurs de Mumm

Du 15 au 18 décembre 2021, la maison champenoise Mumm propose une expérience multisensorielle immersive et inédite, issue d’une longue réflexion entre Gabriel Lepousez, docteur-chercheur en neurosciences et Laurent Fresnet, chef de cave la maison. Autour des sens et de la technologie, voilà une manière de découvrir et de comprendre la complexité de la cuvée Cordon rouge, emblème incontournable d’une maison bien dans son époque.
Expérience Tastes by Mumm (30 minutes), 50 euros par personne

Le saké de A à Z

Tout le monde parle du saké mais peu de gens comprennent toutes ses subtilités. Spécialiste en la matière, la journaliste culinaire Yoko Yamamoto publie « Le saké de A à Z », où elle met ses connaissances au service du lecteur d’une manière ludique et amusante. Des conseils et des astuces rythment les 200 pages de cet ouvrage illustré où l’on incarne Maiko, une novice en saké qui est conseillée par Junko, expert de la boisson fermentée.
Le saké de A à Z, Yoko Yamamoto, Éditions Imho, 200 pages, 18 euros, imho.fr

Millesimato

La maison Riccadonna célèbre 100 ans de savoir-faire en matière de prosecco et d’expertise du cépage gléra, utilisé pour élaborer ce vin effervescent. Ce millésime 2020 est issu des meilleurs raisins de l’appellation et sont sélectionnés avec beaucoup d’attention pour incarner le style frais de la maison, appréciable dans sa jeunesse par ses notes fruitées. A découvrir aussi une version rosée réussie.

Riccadonna prosecco extra dry millesimato 2020, 8,90 euros

Ils sont les génies de demain

Le génie du vin n’attend pas le nombre des années et les jeunes gens cités ci-dessous ont même déjà un peu d’avance. Eux aussi contribuent à faire de la civilisation du vin une civilisation vivante, en plus d’avoir impressionné le Nouveau Bettane+Desseauve 2022 qui applaudit cette performance. Voici notre palmarès des génies de demain, en version longue et en images

Par Michel Bettane, Alain Chameyrat, Louis-Victor Charvet, Thierry Desseauve, Denis Hervier, Guillaume Puzo et Nicolas de Rouyn

Thomas Frissant
Fort du savoir-faire acquis auprès de son père Xavier et de ses stages en Australie, Nouvelle-Zélande, Bourgogne ou vallée du Rhône, Thomas Frissant, 27 ans, s’est installé en 2019 sur 14 hectares dans la région d’Amboise. En conversion bio, ce néo-vigneron fait preuve d’une grande maîtrise culturale et technique, visible dès son premier millésime en signant des vins d’appellation touraine au fruité éclatant. Les cuvées de touraine-amboise figurent parmi les meilleures, avec des rouges issus du cépage côt, profonds et élégants, et des blancs d’énergie galvanisante. D.H.
Domaine Thomas Frissant (Loire)
thomasfrissant.com


Julie et Graeme Bott
Quand les bonnes fées se penchent sur le berceau d’un joli projet, en général ça marche. Après une dizaine d’années passées chez Stéphane Ogier, c’est muni d’une expérience de premier plan que Graeme et Julie Bott ont voulu créer leur propre domaine après s’être mariés. Ceux qu’on appelle les kiwis d’Ampuis ont su créer une dynamique bienveillante autour d’eux, de leur ambition, ce qui était impossible est devenu réalité et, aujourd’hui, ils sont la révélation de leurs appellations. Condrieu, côte-rôtie, saint-joseph, crozes-hermitage et même les coteaux de Seyssuel. En plus d’être des media darlings, ils sont aussi les chouchous des sites de vente de vin les plus pointus. Tout ceci en cinq ans. Très forts, les kiwis. N.R.
Domaine Graeme & Julie Bott (Rhône)
domaine-gjbott.fr


Romuald Péronne
Ingénieur agricole et œnologue, Romuald Péronne a fait en moins de quinze ans de son domaine la valeur montante de l’appellation collioure, en particulier pour ses blancs remarquablement harmonieux et intenses. Le vignoble, composé au fil des années de sept parcelles de différentes expositions et altitudes sur les coteaux schisteux qui enserrent Banyuls-sur-Mer, est essentiellement dédié aux vins secs rouge, blanc et rosé. Finement construits, sans aucune rusticité de définition, profonds et racés, ils définissent avec talent la vision contemporaine de ce grand terroir catalan. T.D.
Clos Saint Sébastien (Roussillon)
clos-saint-sebastien.com


Pierre-Henri Gadais
D’abord avec son père, ensuite seul sur les quelque quinze hectares de son domaine de la Combe, ce jeune vigneron du Pays nantais a déjà pris conscience des défis qui attendent son vignoble. Sans rien renier du style familial, il a su construire une gamme de muscadets recommandables, entre cuvées de plaisir parfaites pour une consommation d’instant (Zeste, Vendange Nocturne) et grands blancs de gastronomie, superbes de pureté et de précision. Sur sa parcelle de l’Astrée, un hectare de coteau, il signe l’un des plus grands 2017 du secteur de Monnières-Saint-Fiacre. Nous saluons aussi son engagement dans la vie de l’appellation, aux côtés de ses jeunes camarades plein de talent. L.V.C.
Domaine de la Combe (Loire)
domaine-combe.fr


Maxime Ullens
Voilà un Belge à l’assaut de la Champagne. Installé dans le nord de Reims, il cultive l’art de la discrétion avec beaucoup de détachement. Un peu plus que la plupart de ses collègues, il croit dans les qualités du meunier, ce cépage rouge qui s’efface souvent devant le pinot noir. En 2020, quatrième tirage ; en 2021, premières mises en marché. Même s’il ne produit pour l’instant que 4 800 bouteilles par an d’un 100 % meunier dosé à deux grammes par litre, Maxime a le regard fixé sur l’avenir et ses projets, parmi lesquels une cuvée dite de La Petite Montagne qui verra une pointe de chardonnay s’assembler au meunier. Le jeune homme a du talent, il est concentré sur ce qu’il fait, ne prend jamais de vacances et commence à sentir le doux parfum de la réussite. N.R.
Domaine de Marzilly (Champagne)
domainedemarzilly.fr


Grégoire Hoppenot
Il a dirigé Trenel, petite firme de négoce qualitatif du sud du Mâconnais revigorée par Michel Chapoutier, mais il lui tardait d’avoir ses propres vignes et d’y appliquer la viticulture capable d’exprimer pleinement le terroir. C’est chose faite avec la reprise d’un joli domaine de Fleurie. Immédiatement, des pratiques saines à la vigne, à commencer par des replantations repensées pour une vraie viticulture bio, et une discipline de travail encore plus rare à la cave, où le sans soufre ajouté en vinification n’implique pas le désordre fermentaire, ont donné de beaux et vrais fleurie, dont un sensationnel Moriers. À moins de quarante ans, Grégoire s’affirme comme une des figures marquantes du « nouveau » beaujolais. M.B.
Domaine Hoppenot (Beaujolais)
domainehoppenot.com


Marie Toussaint et Vivien Roussignol
Ce domaine récent est mené par deux ingénieurs agronomes et œnologues, Marie Toussaint et Vivien Roussignol. Ancien directeur d’une cave de Fitou, lui a repris six hectares de vieilles vignes familiales sorties de la coopération. En seulement trois millésimes, le couple les a propulsées au meilleur niveau de l’appellation. Si la cuvée Les Jalouses 2018 est un vin de référence sur les terroirs de schistes, tout est bon ici, dès les entrées de gamme. Grand soleil à l’horizon, l’avenir s’annonce radieux. A.C.
Domaine Les Païssels (Languedoc)
paissels.fr


Antoine Veiry
Il prendra un jour la suite d’un personnage parmi les plus importants pour la viticulture de notre pays et la défense de nos terroirs. En attendant, Antoine Veiry marche dans les pas d’Alain Brumont, aussi curieux, exigeant et pédagogue que son mentor. Formé auprès de vinificateurs de génie devenus depuis des stylistes accomplis, Antoine a su se constituer une jeune équipe talentueuse et dynamique, aussi motivée que lui, pour l’aider dans sa mission difficile : faire connaître les vins du Sud-Ouest. Intelligent et bienveillant dans sa manière de conduire ses équipes, brillant quand il s’agit de donner le meilleur du tannat, nous voyons là un futur capitaine pour cette région viticole. Félicitons-le, lui et sa bande de jeunes. L.V.C.
Château Montus, Château Bouscassé (Sud-Ouest)
brumont.fr


Tomoko Kuriyama et Guillaume Bott
Ce nom si poétique définit la petite firme de négoce vinificateur et éleveur, propriétaire d’une partie des vignes de ses cuvées, fondée par un jeune couple bourreau de travail et vraiment doué. Tomoko Kuriyama est une vaillante Japonaise pour qui les trente-cinq heures hebdomadaires sont dévorées en deux jours à peine. Formée à la dure école des maîtres du riesling allemand, elle sait ce qu’est un beau raisin et une vigne bien tenue, tout en se chargeant du terrible travail administratif imposé par nos règlements et lois. Guillaume Bott aidait, depuis le décès accidentel et trop précoce de Patrick Bize, sa veuve Chisa, autre Japonaise de grand caractère, à maintenir dans ce domaine de Savigny la plus haute qualité. L’union des deux talents fait notre bonheur. Le style de leur vin, d’une droiture et d’une pureté magnifiques, devrait donner honte à ceux qui aujourd’hui, encore trop nombreux, gâchent leur patrimoine de premiers et grands crus. Chez Chanterêves, pas d’appellations prestigieuses, mais toujours des beaux terroirs et des vins qui les expriment avec précision. Leurs prix restent sages, mais les récoltes récentes ayant été très réduites, le couple n’a plus grand-chose à vendre. On trouve heureusement ses vins dans les bons restaurants ou bars à vins locaux. Nous vous les recommandons chaleureusement. M.B.
Chanterêves (Bourgogne)
chantereves.com


Simon Blanchard
Depuis 2004, Simon Blanchard est l’un des fers de lance de la dream team Derenoncourt. Fort d’un sixième sens vigneron, il a acheté un peu plus d’un hectare à Montagne-Saint-Émilion où il travaille dès 2015 en solo et en bio. La cuvée domaine est gourmande et celle baptisée Au Champ de la fenêtre, 100 % merlot sur coteau argilo-calcaire, tout en énergie juteuse. Considérée comme l’ausone de l’appellation, la cuvée Guitard fait la part belle au cabernet franc (85 %), issu d’un plateau de calcaire à astéries. Des vins taillés pour la garde et la grande gastronomie. D.H.
Domaine Simon Blanchard (Bordeaux)
[email protected]


Vanessa Cherruau
Du haut de ses 32 ans, Vanessa Cherruau s’est associée à un investisseur pour reprendre en main le château de Plaisance. Poursuivant la biodynamie initiée ici dès 2008, cette fan de chenin possède une vraie vision remarquable. Restructuration des parcelles, construction d’un nouveau chai, recherche d’identité dans les vins pour produire de grands blancs secs et redonner vie à ce vignoble prestigieux. Dès le premier millésime, la pureté minérale des vins est déjà impressionnante, notamment sur les cuvées parcellaires Ronceray et La Grande pièce. Le meilleur reste à venir. D.H.
Château de Plaisance (Loire)
chateaudeplaisance.com


Mathieu Deiss
Succéder à son père n’est jamais simple, surtout quand il s’appelle Jean-Michel Deiss. Mathieu ne s’en est pas laissé conter, lui qui en marge du domaine familial a développé une nouvelle gamme dans l’air du temps avec le Vignoble du Rêveur. Là où le talent ne ment pas, c’est lorsqu’on goûte l’évolution du style des vins rouges du domaine Marcel Deiss, plus en finesse de tannin et en délicatesse de toucher que par le passé. Cette patte-là, c’est la sienne. G.P.
Domaine Marcel Deiss (Alsace)
marceldeiss.com

Une marque qui nous arrive du XIXe siècle

Champagne Édouard Brun,
Blanc de Blancs premier cru

Pourquoi lui
Même si la maison a été fondée en 1898, convenons qu’elle a su cultiver une discrétion de bon goût. L’époque étant ce qu’elle est, c’est fini tout ça et la marque reprend des couleurs sous les projecteurs. Il se trouve que ce sont de très bons champagnes. Ce blanc de blancs à l’effervescence délicate saura séduire les plus fins amateurs. C’est pour vous.

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Hubert de Boüard : « Lettre ouverte à mes amis vignerons »

Hubert de Boüard nous adressé la « Lettre ouverte à mes amis vignerons » qu’il diffuse aujourd’hui. C’est avec grand plaisir et en forme de soutien que nous la publions ici.

« Lettre ouverte à mes amis vignerons

Chers amis,

Je suis né à Saint-Emilion et aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été passionné par ce métier formidable et difficile : celui de cultiver la vigne et d’élever ses vins dans le respect de l’humain et de la nature.

Très tôt, je me suis beaucoup investi dans nos instances professionnelles car je souhaitais servir l’intérêt collectif et défendre notre patrimoine commun et nos appellations.

Partout où cette aventure m’a mené, depuis plus de 50 ans, j’ai eu le privilège de rencontrer des femmes et des hommes formidables, dont beaucoup m’ont témoigné leur soutien chaleureux ces derniers temps. Je les en remercie très sincèrement.

Voilà bientôt neuf ans que je suis la cible d’une accusation particulièrement violente et que j’estime injuste et infondée.

Pour jeter le discrédit sur un classement dans lequel ils n’ont pas été retenus, un petit groupe de viticulteurs a multiplié les procédures et les attaques personnelles, en m’accusant, entre autres, d’avoir cherché à utiliser mes mandats pour prétendument influencer les organismes en charge de l’élaboration et de la mise en œuvre du classement.

A la suite de leur plainte, déjà ancienne, j’ai dû m’expliquer à de nombreuses reprises et au fil de la procédure, le champ de ce qui m’était reproché n’a cessé d’évoluer.

En 2018, le procureur de la République a requis un non-lieu estimant qu’il n’existait aucune charge sérieuse à mon encontre. J’ai pensé, à tort que cette affaire était enfin terminée.

La semaine dernière, le tribunal correctionnel de Bordeaux m’a condamné au paiement d’une amende.

Après avoir lu le jugement, je comprends qu’il m’est essentiellement reproché d’avoir, en tant que Président de section du Conseil des Vins, répondu à des demandes qui m’avaient été adressées par le service juridique de l’INAO, dans le cadre de l’élaboration du cahier des charges du classement.

Pour moi, ces échanges étaient neutres et transparents, ils étaient conformes aux règles en vigueur au sein de l’INAO.

Contrairement à ce que je lis parfois dans la presse, à aucun moment il n’a été démontré que j’aurais pu recevoir le moindre avantage, ni direct, ni indirect du fait de ces opérations. Le Tribunal l’a d’ailleurs clairement dit dans sa décision.
En mon âme et conscience, je sais que je n’ai jamais agi de manière contraire à mes valeurs. Je n’ai jamais recherché autre chose que de servir le collectif et surtout, je n’ai jamais avantagé des intérêts particuliers, et encore moins les miens.

Pendant toutes ces années, cette procédure a servi mes détracteurs, pour les conduire à alimenter des polémiques sans fin et nourrir des attaques contre ma famille, mes collaborateurs et moi-même.

C’est pourquoi, même si je la trouve injuste et injustifiée, j’ai décidé de mettre un terme définitif à ce litige, et de ne pas faire appel de cette décision.

Je sais désormais que l’engagement public présente des risques que je n’aurais même jamais imaginés lorsque j’ai accepté de m’engager dans ces mandats. Je tiens à rappeler que j’avais été élu à l’unanimité pour représenter l’appellation dans le cadre du Conseil des Vins, et nommé directement par le ministre de l’Agriculture, en connaissance de cause, pour siéger à l’INAO.

Au fond, quel que soit mon ressenti, mon expérience ne doit pas décourager celles et ceux, notamment les plus jeunes, qui continueront à s’engager pour défendre avec force et conviction nos appellations et nos instances, locales et nationales, tant enviées par nos concurrents étrangers.

De mon côté, je vais continuer à faire ce métier que j’aime tant avec tous ceux, nombreux, qui continuent à me soutenir et à me faire confiance.

Bien amicalement,

Hubert de Boüard de Laforest
Vigneron

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Photo : presse