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En Magnum #°22 est chez votre marchand de journaux

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À vos kiosques. Prêts ? Partez !…
Le sommaire est dans la vidéo.

Le mondovino de la semaine n°12 tourne à fond

Chaque jour a son lot de nouveautés. En voici cinq : la biodiversité en Champagne, le repas pascal, les « Jolies Filles », au fil des pages et le super voisin

 

Imagine le vignoble de demain

Plus de 14 000 arbres et arbustes seront plantés entre 2021 et 2022 à Taissy, le vignoble historique de la maison Ruinart. Les essences locales sont privilégiées. Charmes, aubépines, cornouillers, viornes, saules marsault, sorbiers, fusains, hêtres et tilleuls serviront d’habitats à la faune et amélioreront la biodiversité. Pourquoi Taissy ? Ce vignoble a une place particulière dans l’histoire de Ruinart, nommé dès 1733 dans ses archives avec des mentions d’achats de raisins seulement quatre ans après la création de la maison par Nicolas Ruinart.
Aujourd’hui, cette parcelle remarquable de près de 40 hectares d’un seul tenant est classée premier cru. On y trouve essentiellement du chardonnay complété par du pinot meunier. Cette initiative de restauration de la biodiversité s’inscrit dans le cadre du mouvement Imagine dont Ruinart est l’un des premiers membres. Imagine rassemble des acteurs économiques qui veulent se mobiliser pour préserver et régénérer des forêts à grande échelle, partout dans le monde. Affirmant sa volonté de participer à la lutte contre le changement climatique, Ruinart s’associe dans cette démarche à Reforest’Action, une entreprise dont la mission est de préserver, restaurer et créer des forêts, en réponse à l’urgence climatique et à l’érosion de la biodiversité.
Depuis 2014, le vignoble de Ruinart est labellisé Haute valeur environnementale et Viticulture durable en Champagne. Lancé en 2020, l’étui « seconde peau », pensé comme une alternative aux coffrets, permet de réduire de 60 % l’empreinte carbone du packaging.
Plus d’informations : www.ruinart.com


@Charlotte Defarges

Le repas pascal (à emporter)

Œuf, asperge, agneau et chocolat, voici les traditionnels composants du repas de Pâques et du menu imaginé par Toshitaka Omiya, chef du restaurant Alliance (1 étoile Michelin) et de la chef pâtissière Morgane Raimbaud (promotion Passion Dessert 2021 du guide Michelin). L’œuf en gelée, servi en entrée, est réinterprété. Il est cuit mollet, accompagné des premiers petits pois printaniers et sublimé par des œufs d’esturgeon. Le plat, une épaule d’agneau de lait longuement braisée et relevée par une douce harissa maison à base de poivrons, est placé sous le signe du partage. Pour le dessert, le chocolat Itakuja, issu d’un procédé innovant de double fermentation des fèves de cacao avec de la pulpe de fruit de la passion, règne en maître. Et, comme il n’y a pas de grand repas sans vin, vous pouvez trouver votre bonheur parmi les 600 pépites qui patientent dans la cave du restaurant.
Proposé au tarif de 170 € pour 2 personnes, soit 85 euros par personne.
A commander directement sur https://alliance.bonkdo.com/fr/clickandcollect/paques-a-alliance-2033


Les « Jolies Filles » de la Provence

En 2010, Paul Aegerter, vigneron installé à Nuits-Saint-Georges en Bourgogne partait à la conquête du Sud en posant ces valises d’été en Provence. Résultat ? La naissance de Jolies Filles, un rosé produit à 6 000 bouteilles. Dix ans plus tard, 200 000 bouteilles de Jolies Filles sont distribuées dans 35 pays. La recette de cette success-story ? Le bourguignon nous en dit plus : « Je crois en la grandeur de la Provence, la richesse de ses terroirs et l’identité forte de ses vins. Il n’y a pas de grands ou de petits terroirs en Provence. Leur diversité est une richesse qui demande à être révélée. » Un cahier des charges sur la conduite de la vigne est mis en place, les œnologues de la maison suivent les vinifications et appliquent la même exigence en Bourgogne qu’en Provence. « Elle est présente à toutes les étapes pour nous permettre de produire des rosés charmeurs où le fruit est au cœur de nos attentes ». Un comité de dégustation valide la qualité avant chaque mise en bouteilles. Trois nouvelles références complètent la gamme. Jolies Filles Liberty et Jolies Filles Bio en IGP méditerranée. Jolies Filles Prestige en côtes-de-provence. Paul Aegerter vient d’acquérir le château Yssole qui abritera désormais la vinification et la mise en bouteilles de l’ensemble de la production en Provence.
Les jolies filles
Jolies Filles Prestige, 12 euros
Jolies Filles Liberty, 10 euros
Jolies Filles Bio, 12 euros
Jolies Filles Classique, 10 euros


Au fil des pages

Depuis l’arrivée de la famille Bonnie, le château connaît une véritable résurrection. Ses portes sont toujours restées grandes ouvertes et accueillent les amateurs de vin et de gastronomie. Entièrement dédiée à ses trois propriétés familiales (Malartic-Lagravière, Gazin-Rocquencourt à Bordeaux et DiamAndes en Argentine), la famille s’est bien entourée pour moderniser les installations et produire des grands vins qui reflètent le terroir unique de chaque vignoble. En 2020, la crise sanitaire met entre parenthèse le développement de l’œnotourisme et du réceptif au domaine. En attendant de jours meilleurs, la famille Bonnie, fidèle à ses habitudes, n’est pas restée pas les bras croisés. Elle signe cet ouvrage, invitation au partage et à la découverte du lieu et de l’histoire de cette famille originaire de Belgique, tombée amoureuse de Bordeaux. Avec les Quatres saisons, c’est aussi 24 recettes traditionnelles et contemporaines pour les plus gourmands d’entre vous.
Quatre Saisons à Malartic-Lagravière, recettes et histoires de famille
Disponible le 15 avril en ebook (17,50 euros) et en version papier (25 euros) sur www.malartic-lagraviere.com et à la boutique du château pour les visiteurs de passage.


Le super voisin

Dix statues, représentant chacune une discipline de l’art et de la science, ornent fièrement la façade du Grand Palais à Paris. Elles expriment, sous forme d’allégorie, la beauté de l’art, la puissance créatrice de l’artiste et la rigueur intellectuelle du scientifique. Fierté de notre patrimoine, l’ensemble de la statuaire, très exposée aux intempéries et à la pollution, se dégrade de jour en jour. Depuis 2018, elle a dû être mise sous filet. Le Grand Palais peut compter sur la générosité de son voisin, Clarence Dillon. Ce magnifique hôtel particulier du XIXe siècle, entièrement rénové par les meilleurs artisans d’art, abrite la résidence parisienne du domaine, le restaurant doublement étoilé Le Clarence et La Cave du Château, une boutique de vins et spiritueux. Depuis sa création, les domaines Clarence Dillon s’investissent dans des actions de mécénat ainsi que dans des dons philanthropiques en France et dans le monde. Ces actions aident à maintenir le rayonnement culturel du patrimoine français et des arts. Le domaine apporte alors son soutien à la restauration de ces dix statues. Pour notre plus grand bonheur et celui de nos enfants.
www.domaineclarencedillon.com

Anne-Marie Charmolüe nous a quitté

Nous apprenons la disparition d’Anne-Marie Charmolüe, veuve de Jean-Louis, ancienne propriétaire du château Montrose. Après s’être occupé de ce second cru classé en 1855 de Saint-Estèphe, le couple s’était installé en Provence au château Romanin avec l’envie d’y produire de grands vins et d’en faire une référence pour la région. Ils y faisaient des vins délicieux et recevaient à la propriété avec une immense générosité.
À sa famille, à ses proches et aux équipes du château Romanin, nous présentons nos sincères condoléances.
Photo : Château Romanin

Le grand vin en deux services

Un court exposé assez magistral et les 20 bouteilles qui définissent le grand vin

La notion de grand vin et même son existence ne sont plus à la mode aujourd’hui. Ou plutôt est-il moins admiré et défendu que par le passé. Une nouvelle génération de consommateurs, et les prescripteurs dans lesquels elle se reconnaît, se méfie, en matière de goût comme en bien d’autres domaines, de l’émotion. Mais l’émotion est inévitable et propre à notre condition. Alors on remplacera l’émotion liée à la sensation par celle liée à la satisfaction. L’émotion sera donc soumise aux dogmes des idéologies. Le bon, le beau seront de plus en plus un bon et un beau politiquement ou moralement corrects par autoproclamation. D’où le succès du vin dit « nature », du concept du rapport qualité-prix ou celui de l’exception par rapport à la règle, la règle étant liée à l’obéissance, avec comme seule échappatoire la rébellion.

Dans notre environnement idéologique, le grand vin représente donc un scandale anti-démocratique. L’inégalité naturelle qui donne à certains lieux une supériorité reconnue de longue date dans les vins qu’ils produisent devient un fait non admissible. Le talent plus ou moins partagé par les hommes à en comprendre la valeur et à la perpétuer constitue une injustice qu’il faut combattre. Mon Dieu, que de bonheurs perdus par ces modernes puritains. Heureusement, ils ne sont pas seuls et c’est aux gourmands sans préjugés, avec leur enthousiasme et leur capacité à s’émerveiller devant les beautés et les bontés de la nature associées au perfectionnisme des hommes, qu’il revient de défendre et de maintenir ce qui leur a donné et leur donnera du plaisir.

Rappelons que lorsque le climat le permet, il est possible avec le savoir-faire moderne de produire des vins de qualité en de très nombreux endroits de la planète. Des vins boissons, d’une séduction immédiate, correspondant aux souhaits des consommateurs locaux, accessibles en prix et, surtout, d’un caractère défini et régulier. Leur avenir dépendra de leur capacité à être préférés à tous les autres types de boisson. Évidemment, il n’y a aucune obligation, même patriotique, à les boire. En France et dans quelques pays voisins, leur consommation est confortée par l’habitude, largement partagée, de les associer à nos traditions alimentaires. Le vin participe du repas à la française, tel qu’il a été défini et inscrit au patrimoine mondial par l’Unesco.

Naguère cinq à dix fois plus chers
que le vin de base, les crus les plus réputés peuvent l’être cent fois plus, et même davantage

À l’intérieur de cet ensemble, des conditions particulières donnent aux raisins de vignobles privilégiés la capacité de donner des vins de plus forte personnalité. Le plus souvent, leur caractère s’amplifie avec le vieillissement et parfois ne se révèle que par lui. Leur existence a évidemment été étudiée depuis l’Antiquité. De la nature du terroir, concept inventé pour la viticulture et désormais élargi à de nombreuses autres productions agricoles, aux techniques de culture et de vinification à mettre en œuvre.

Des générations de buveurs ont essayé de définir la nature de leur plaisir à les boire, mais aussi à les classer, voire à les hiérarchiser, avec toute la diversité des goûts qu’on imagine. Le commerce leur a donné une prime inévitable, fort variable selon les aléas de l’histoire et de l’économie nationale et internationale, étant largement exportés. L’accumulation de richesse actuelle, à laquelle s’ajoute le snobisme des consommateurs nouveaux riches, en distingue une toute petite minorité et entraîne une spéculation effrayante sur leur prix.

Naguère cinq à dix fois plus chers que le vin de base, les crus les plus réputés peuvent l’être cent fois plus, et même davantage. Au grand désespoir de ceux qui n’ont plus les moyens de les boire, ayant oublié qu’ils ont la chance d’en acheter beaucoup d’autres, qui à leur tour échappent au pouvoir d’achat de buveurs moins favorisés. Pour ce type de vin, la notion de rapport qualité-prix n’a pas de sens dans une société où le marché est libre. On peut certes définir le coût de production de ces vins d’élite. Ce prix se situe pour l’essentiel de leur production dans une fourchette de 10 à 50 euros, selon le type du climat et la générosité des récoltes. Ensuite plus rien n’est contrôlable. Heureusement, on ne spécule pas encore sur tous les vins de grand caractère qui, d’ailleurs, ne sont pas l’objet d’une consommation quotidienne.

On admettra qu’il est bon que leur prix en protège l’usage, en évitant le gaspillage ou la banalisation. Ils sont faits pour le partage et les moments heureux de la vie, forcément liés à une gastronomie de même niveau. On aimerait simplement que leur valeur culturelle et pas seulement économique soit mieux prise en compte par les pouvoirs publics. La dictature, moins scientifique qu’elle ne le prétend, de ceux qui ont en charge les politiques de santé publique continue à les diaboliser. Leur crime est de contenir une proportion d’alcool, produit addictif et dangereux si on en abuse, mais innocent en ce qui les concerne.

On connaît peu de vies écourtées par l’abus de grands crus et on oublie volontairement de préciser tout ce qu’ils apportent de bénéfique à la santé, avec une consommation modérée et éduquée. Bienfaits reconnus, eux, par la science et que quelques médecins lucides continuent à défendre malgré l’omertà des politiques. Le vin dit grand, souvent issu d’une discipline de production plus contrôlée, les possède au plus haut degré. Alors buvons-les modérément, mais sans modération.

Retrouvez la sélection dans En Magnum N°18.

Photo : Si le grand vin est l’expression d’un lieu et pas seulement d’un concept, il a des saisons. Dont l’hiver qui fait tellement de bien aux vignes. Ici, en Bourgogne.©Aurélien Ibanez

Un champagne 2003 en pleine forme

Palmer, Grands Terroirs, champagne 2003

Pourquoi lui
Issu d’une coopérative de haut niveau, connue aussi pour faire les vins, ou une partie d’entre eux, de quelques marques célèbres, le champagne Palmer est une pépite assez méconnue. Intéressons-nous.

On l’aime parce que
Tous les vins de la gamme respirent la belle exécution, le savoir-faire, la précision, l’envie d’être tout en haut de l’affiche.

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Le mondovino de la semaine n°11 tourne à fond

Chaque jour a son lot de nouveautés. En voici quatre : un champagne, un aligoté, une belle action et 18 pièces

 

Un vieux champagne récemment dégorgé

Bollinger, la célèbre maison de champagne vient de dévoiler le millésime 2007 de sa cuvée de prestige R.D. « Le 2007 incarne la fidélité de la maison au travail et à la vision de Madame Bollinger. Il marque notre attachement à l’authenticité des savoir-faire qui nous sont propres. Le contraste entre la fraîcheur en bouche et l’intensité des arômes épicés de Bollinger R.D. 2007 vient offrir une nouvelle expérience de la cuvée aux amateurs de grands vins. », explique Charles-Armand de Belenet, directeur général de Champagne Bollinger. L’histoire de cette cuvée commence en 1963. Elle est imaginée par Lily Bollinger pour créer la cuvée de prestige de la maison. Le succès est au rendez-vous dès le premier millésime commercialisé. Le 1952 sur le marché anglais, le 1953 en Suisse et en France, et le 1955 aux États-Unis et en Italie. La singularité de la cuvée R.D. ? Un vieux millésime récemment dégorgé et dosé comme un extra-brut. Cette indication est fièrement affichée sur l’étiquette, avec une date de dégorgement mentionnée à chaque fois.

Le coffret Bollinger R.D., 300 euros, chez les cavistes.


L’aligoté de 10 à 90 ans

Le Domaine du Comte Armand est installé à Pommard, au cœur de la Côte de Beaune, depuis 1826. Le vignoble de neuf hectares (appellations pommard, auxey-duresses, volnay et bourgogne-aligoté) est exploité en biodynamie et les vins produits sont certifiés Ecocert depuis plus de 30 ans. Le domaine possède 0,65 hectare de vignes en appellation bourgogne-aligoté. Ce 2019 est un assemblage de jeunes vignes âgées de 10 ans plantées à Volnay qui apportent fraîcheur et vivacité et de très vieilles vignes de 90 ans d’aligoté dit « doré » plantées à Meursault qui lui confère complexité, richesse et précision.

Domaine du Comte Armand, Bourgogne aligoté, 25 euros, chez les cavistes.


© Lycia Walter

L’humain d’abord

Si le travail à la vigne et au chai reste un vrai plaisir et une vocation, force est de constater que la pénibilité de certaines tâches peut engendrer des troubles musculosquelettiques. Faire du bon vin tout en se souciant des personnes qui y participent, c’est la réflexion entamée au Château Lagrange, troisième cru classé de Saint-Julien. Des dispositifs d’assistance à certains mouvements qui ont pour but de soulager les opérateurs et de s’adapter à différents postes sont peu à peu mis en place pour améliorer les conditions de travail des employés. Château Lagrange a plus que jamais le souci du bien-être au travail.

Plus d’informations : chateau-lagrange.com


18 pièces

La 60e vente des vins des Hospices de Nuits-Saint-Georges s’est déroulée avec succès le dimanche 15 mars dernier au Château du Clos de Vougeot en battant tous les records de l’édition précédente. Les 114 pièces mises en vente ont été vendues pour un résultat de 1 923 000 euros. La maison Albert Bichot était, bien sûr, au rendez-vous pour cette vente annuelle et a acquis dix-huit pièces pour un montant total de 325 000 euros. Elle devient ainsi le premier acheteur avec 17 % des ventes. La maison beaunoise mettra certains lots en vente à la bouteille pour le plus grand bonheur des particuliers qui ne peuvent pas s’offrir une pièce entière.

Plus d’informations : albert-bichot.com

Six belles idées du riesling d’Alsace

En Alsace, le riesling est roi. Dans les mains de ces six grands talents du vignoble, le monde nous l’envie

 

Domaine Agathe Bursin, riesling Bollenberg 2019, alsace grand cru

Le domaine : Agathe Bursin signe des cuvées de haut vol. Dans son arrivée à la tête de petit domaine à Westhalten, elle n’a cessé de progresser et pratique une viticulture soignée.
Le vin : Aromatique précise et raffinée, nez sur l’iode, la salinité et les épices douces. Tension et vivacité en bouche, raisin parfaitement mûr. Une réussite.
Le détail : Si ce riesling sec a attiré notre attention, il ne faut pas oublier ses gewurztraminers et ses excellents liquoreux remarquables.
17/20. 14 euros. 03 89 47 04 15

Cave de Ribeauvillé, riesling Osterberg 2017, alsace grand cru

Le domaine : On ne s’indignera pas de trouver la coopérative de Ribeauvillé dans une sélection aussi réduite. C’est une offre solide qui réserve d’excellentes surprises à un bon rapport qualité-prix.
Le vin : Grande précision de nez et profil cristallin, droit, tendu. On aime cette verticalité et cette allonge en bouche. Plus qu’une simple introduction à ce terroir.
Le détail : La cave possède un monopole. Les 124 ares du clos du Zahnacker, dont l’existence remonte au VIIIe siècle, au cœur du grand cru Osterberg.
15/20. 18,70 euros. 03 89 73 20 35

Maison Louis Sipp, riesling Kirchberg 2018, alsace grand cru

Le domaine : Les vignes de ce domaine sont situées autour de Ribeauvillé. Quarante hectares, dont quelques parcelles sur les grands crus Kirchberg et Osterberg, permettent de signer une gamme large où le riesling est au premier rang.
Le vin : Précision du nez qui révèle avec classe la typicité du cru. Fruité immédiat, élégance, longueur, racé, sans lourdeur. Finale aérienne.
Le détail : Sur la boutique en ligne, un choix de millésimes, une chance pour qui cherche des grands crus prêts à boire.
17/20. 25 euros. 03 89 73 60 01

Domaine Marcel Deiss, riesling Schoenenbourg 2018, alsace grand cru

Le domaine : Chef de file, Jean-Michel Deiss a fait bouger les lignes. Il a conduit ce domaine vers le sommet. Mathieu, son fils, aussi doué que le père, a repris le flambeau.
Le vin : Le riesling est majoritaire dans cet assemblage où l’on retrouve les cépages complantés. Nez marqué par des notes de quinoa, vibration extraordinaire, immense matière, très grande longueur. Spectaculaire.
Le détail : La complantation est une histoire alsacienne. Il faut consulter le site internet du domaine pour tout savoir à son sujet.
19/20. 70 euros. 03 89 73 63 37

Domaine Weinbach, Cuvée Sainte-Catherine, riesling Schlossberg 2018, alsace grand cru

Le domaine : Un de ceux qui font la renommée mondiale de l’Alsace. Ce vignoble en biodynamie propose une gamme conséquente qui exprime la complexité de la région.
Le vin : Grand nez, grande sève et parfaite typicité, c’est long et complexe. La noblesse d’arômes d’un grand vin en devenir.
Le détail : Théo, Colette, Laurence, certaines cuvées portent le nom des membres de la famille.
18/20. 65 euros. 03 89 47 13 21

Domaine Zind-Humbrecht, riesling Brand 2018, alsace grand cru

Le domaine : Olivier Humbrecht incarne un idéal absolu du grand vin blanc alsacien. Grâce à une biodynamie soignée, il livre des partitions émouvantes sur les plus grands terroirs de la région, comme Rangen ou, ici, Brand.
Le vin : Épicé, long et généreux en bouche, grande complexité digne du cépage et de ce terroir. Une immense réussite.
Le détail : Les vins du domaine sont certifiés Biodyvin, dont le cahier des charges est l’un des plus rigoureux parmi ceux de l’agriculture biodynamique.
18/20. 79 euros. 03 89 27 02 05

Le cornas, on en parle ou jamais ?

Domaine Alain Voge, Les Vieilles Vignes, cornas 2018

Pourquoi lui
Alain Voge a longtemps porté sur ses seules épaules la gloire et d’abord l’existence même de l’appellation cornas. Il en est le grand auteur, celui qui a défini les standards de beauté des vins de ces coteaux rudes et somptueux qui regardent le Rhône du haut de leurs terroirs uniques.

On l’aime parce que

Un grand cornas est un incontournable des tables qui ont du quant-à-soi. 99,99 % des gens que vous côtoyez ignore tout des cornas, n’ont jamais entendu parler d’Alain Voge. Aucune importance, vous êtes le sachant, assumez.

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24 mai 1976, cette « petite dégustation entre amis » devenue le Jugement de Paris

Steven Spurrier vient de nous quitter, après plus de cinquante ans de carrière. Entre autres faits d’armes, il est l’homme derrière le Jugement de Paris. L’occasion de se rappeler qu’avant de devenir une date importante, l’organisation de cette dégustation parisienne pour happy few est miraculée

Mai 1976 est beaucoup plus calme que mai 68. Giscard d’Estaing est Président de la République, LIP (les montres, pas la brasserie) est en liquidation et il fait anormalement chaud dans le Sud-Ouest. C’est déjà ça qui préoccupe le monde agricole français. À Paris, Steven Spurrier, anglais bien né, 34 ans, dirige un petit business florissant. Voilà deux ans qu’il a fondé les Caves de la Madeleine, cité Berryer dans le 8e arrondissement, une ruelle piétonne qui donne rue Royale. II vient de fonder l’Académie du Vin et donne un cours de six semaines à destination des chefs et sommeliers. Une révolution à l’époque et la première initiative privée d’une formation jusque-là réservée aux écoles hôtelières. Pour la diriger, il fait appel à son amie Patricia Gallagher, rencontrée deux ans plus tôt et correspondante pour l’International Herald Tribune. C’est cette passionnée de vins qui a l’idée d’organiser une dégustation de vins californiens à l’occasion du bicentenaire de la Révolution américaine. Spurrier essayait de vendre des vins californiens aux Parisiens sans avoir rien d’extraordinaire à leur proposer. Le Parisien est aussi français, il est chauvin. Lors d’un voyage en Californie l’été précédent, Patricia rencontre Robert Finigan, auteur d’un guide de vins qui lui fait découvrir quelques domaines remarquables. À son retour, elle pique la curiosité de Steven qui lui emboîte le pas en avril 1976 et embauche Joanne Dickinson DePuy, fondateur du Wine Tours International (NDLR, une agence spécialisée dans la visite des wineries). L’impression de Gallagher est confirmée. Il y a bien quelques pépites confidentielles en Californie capables de surprendre les grenouilles butées de l’avenue des Champs-Elysées. Faire venir en France les bouteilles des douze domaines californiens est une aventure. Spurrier sait que les contraintes douanières ne vont pas lui permettre d’importer les vins officiellement en temps et en heure. Dans le même temps, DePuy s’apprête à faire visiter la France viticole à quelques vignerons californiens. Il accepte de transporter les vins. En catastrophe, il faut rassembler les bouteilles, quitte à passer prendre soi-même les dernières sur la route de l’aéroport. Les vignerons californiens embarquent avec eux leurs deux bouteilles de consommation personnelle de chacun des domaines sélectionnés. Une seule sera cassée pendant le voyage. La dégustation du bicentenaire peut avoir lieu.

De la dégustation à la compétition
Au départ, il s’agit simplement de faire goûter des vins californiens à ces Français entêtés qui ne jurent que par leurs bordeaux et leurs bourgognes. Redoutant les aprioris de son panel, Steven Spurrier décide, deux semaines avant, d’inclure à la dégustation quelques crus français du même acabit. L’après-midi du lundi 24 mai, dans la véranda de l’hôtel Intercontinental, se réunit un panel de ce qui se fait de mieux parmi les professionnels de la restauration et du vin. Ils sont neuf. Parmi eux, Raymond Oliver, chef très influent du Grand Véfour, ou Aubert de Villaine qui vient de reprendre un petit domaine familial bien connu de Vosne-Romanée. La dégustation commence par les blancs. Des chardonnays. Quatre bourgognes, six californiens. Spurrier a la mauvaise idée d’annoncer les résultats avant la dégustation des vins rouges. Avec 14,14 de moyenne, le château-montelena devance un meursault-charmes du domaine Roulot. Catastrophe pour les Français. Le jury reprend ses esprits. Il affute ses palais pour la série de rouges. L’accident ne doit pas se reproduire. Malgré leurs efforts, c’est encore un californien qui se classe premier, signé par Stag’s Leap Wine Cellar.

« Stunning success in Paris »
Cette dégustation aurait pu rester un sympathique rendez-vous parisien pour initiés. Odette Khan, alors rédactrice en chef de La Revue du Vin de France, comprend intuitivement le danger du résultat et tente en vain de récupérer ses notes auprès de Spurrier. Pas de chance, George Taber, journaliste du Time, qui avait initialement décliné l’invitation, est finalement présent. Comme le résultat est particulièrement inattendu, en plus d’être favorable aux Américains, le Time décide que cette petite histoire de dégustation parisienne vaut la peine d’être publiée. Dans l’édition du 7 juin 1976, page 58, dans la rubrique « Modern Living », la dégustation du bicentenaire se transforme en « Judgement of Paris ». Titre anodin. L’histoire fera le reste. Pas grâce à Patricia Gallagher. Ennuyée par le résultat, elle a peur d’avoir froissé ses hôtes, qui sont aussi ses clients et restera discrète sur le sujet. Spurrier, lui, assume parfaitement. Ce sont surtout les vignerons californiens concernés, au départ même pas au courant de l’événement, qui vont en tirer profit. « Stupéfiant succès à Paris » écrit Jim Barrett, propriétaire de Montelena, faisant partie du voyage organisé par DePuy, dans un télégramme envoyé à son winemaker Mike Grgich.  Leur région, la Napa Valley, apparait soudainement sur les radars, y compris des consommateurs américains, pas spécialement amateurs de vins à l’époque. Si des crus de chez eux ont pu battre la fine fleur du vin français, la success story a de l’avenir. Les investisseurs arriveront en Californie comme si on y avait trouvé de l’or. Les wineries ne vont cesser de se développer, passant de 300 à l’époque à plus de 3 000 aujourd’hui.

« Dans l’édition du 7 juin 1976, page 58, dans la rubrique « Modern Living », la dégustation du bicentenaire se transforme en « Judgement of Paris ». Titre anodin. L’histoire fera le reste. »

Une défaite humiliante ?
L’événement aura été bénéfique pour les Français. Piqués dans leur orgueil, ils comprennent que Dieu n’a pas béni la France et qu’il faut aller voir ailleurs ce qui s’y passe et se remettre en question. De nouveaux concurrents arrivent. Pourtant, quand on regarde de près les résultats, les vins français n’ont pas démérité. En blanc, Roulot ne manque la première marche que de très peu (0,35 points), même si la Californie classe trois vins dans les quatre premiers. En rouge, le résultat est plutôt favorable aux Français. Stag’s Leap ne gagne qu’avec 0,05 points de plus que Mouton-Rothschild, qui est suivi de Montrose et de Haut-Brion (1). La légende est lancée. Personne ne s’attendait à un score pareil. L’histoire est trop belle pour ne pas être racontée, voire enjolivée ou déformée. Jancis Robinson, dans sa récente nécrologie de Steven Spurrier, écrit : « La Californie a triomphé de la façon la plus convaincante/humiliante et alors l’histoire du vin fut réécrite ». Comme quoi les vieilles rivalités historiques ne sont pas totalement oubliées. Cette dégustation a symboliquement montré au monde qu’il était possible de mettre en valeur des terroirs et de faire des grands vins ailleurs qu’en Europe de l’Ouest. C’était il y a 45 ans. Les Français n’ont pas disparu du paysage. Ils sont même très présents dans la course aux vins prestigieux. Mais la production de vin est désormais une affaire mondiale. Laissons la conclusion à Jean de la Fontaine, fabuliste de génie : « Tout vainqueur insolent à sa perte travaille. Défions-nous du sort et prenons garde à nous après le gain d’une bataille. » (2)

Finir la semaine avec Brio

Ce brio 2009, deuxième étiquette du château Cantenac-Brown, troisième grand cru classé de Margaux, séduit par sa finesse. Les raisins, issus de plusieurs parcelles sélectionnées en fonction de leur évolution, sont spécialement cultivés pour répondre aux exigences de ce vin. Inutile de rappeler que 2009 est un très bon millésime. Les raisins ont bien profité du soleil et expriment des arômes de fruits rouges plaisants et charmeurs. Brio joue l’équilibre entre le cabernet-sauvignon et le merlot avec 10 % de cabernet franc. L’assemblage profite d’un élevage soigné de douze mois en barriques de chêne français (25 % en barriques neuves et 75 % en barriques d’un an). Résultat ? Un boisé délicat, des tannins bien fondus et de la complexité. Coup de cœur.

Prix public : environ 45 euros.
En vente sur chateaunet.com

Retrouvez l’ensemble des commentaires de dégustation de Château Cantenac Brown dans notre moteur de recherche.