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Un saint-joseph tout nouveau, tout beau

Domaine Bott,
saint-joseph 2018

Pourquoi lui
Graeme et Julie Bott, les Kiwis d’Ampuis se sont rencontrés chez Stéphane Ogier chez qui ils ont passé une dizaine d’années. Tout est dit. Gros savoir-faire, immense talent, gigantesque énergie et hop, ils ont un domaine. Nous, des gens comme ça, on les adore.

On l’aime parce que
On l’aime parce que Graeme, en charge des vinifications, sait avec quoi il joue et Julie sait qu’il sait. Ce vin est une réussite. C’est le deuxième millésime de ce nouveau domaine Bott (tout a commencé en 2015).

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Voyage autour de ma cave par Michel Bettane #23

HL, les fières initiales signent l’étiquette. Mais rien de fier chez Hubert Lapierre, aujourd’hui en tranquille retraite, qui fut l’un des plus grands stylistes du beaujolais, l’un des plus modestes aussi, l’un des plus attachants. Le caractère de ses vins me sert toujours à juger les vins actuels et à remettre à leur place les fausses gloires ou les déviances hélas si à la mode. Il possédait des vignes à Chénas dans les deux appellations chénas et moulin-à-vent. Les chénas étaient produits sur les lieux dits Les Des Champs, en demi-pente, donnant des vins souples, parfumés, assez faciles à comprendre immédiatement, et les Brureaux, vignes de plein coteau qui apportaient race et longévité. L’assemblage des plus vieilles vignes donnait lieu à une cuvée spéciale, élevée en fût de chêne, qui était l’une des très rares à me convaincre. En général le bois durcit le tannin des vins de gamay, en obscurcit le fruit et en sèche l’évolution en bouteille, sauf sur quelques terroirs privilégiés, la plupart se trouvant comme par hasard à Chénas.

En 2011, les raisins avaient l’équilibre idéal pour Hubert, et comme c’était son dernier millésime officiel, son fils ne souhaitant pas reprendre l’exploitation, il avait particulièrement soigné les vinifications. Il aimait les vins délicats, sans emphase, faciles à boire, mais sans démagogie dans la recherche du fruit. Cette bouteille qui a bénéficié d’un excellent bouchon de liège dûment étampé du nom du vigneron et, sur le miroir, du millésime, contrairement aux gougnafiers qui continuent à boucher nu, ou se contentent de  « mise en bouteille au domaine » ou « dans nos caves » est une quasi perfection. Le nez tout en délicatesse associe le floral et le minéral avec un très grand nombre de nuances, le corps est d’un équilibre souverain, la buvabilité exemplaire et, surtout, les sensations tactiles sont raffinées. On est loin du vernis à ongle ou des réductions animales ou des vins de petit maître inconstant. Le type de vin de ce grand chénas fait honneur à un cru trop souvent déclassé en simple bourgogne, mais n’a pas disparu. Hubert Lapierre a en effet vendu sa meilleure vigne de moulin-à-vent, sur les Michelons, à Fabien Duperray qui, on le sait, conduit viticulture et vinification sur des sommets absolus qui montrent la voie à tout le Beaujolais. Et, pour moi qui les connais bien, dans un style qui, sans utiliser de barrique après avoir tout essayé, se situe dans la filiation de ce merveilleux 2011, sans doute en plus puissant et encore plus pur sur le plan du parfum, mais avec une élégance dans le toucher de bouche similaire.

Domaine Hubert Lapierre, cuvée fût de chêne, chénas 2011

Voyage autour de ma cave par Thierry Desseauve – Jour 30

Voyage autour de ma cave, ou la chronique quotidienne d’un amateur pas désespéré par temps de confinement. Thierry Desseauve déniche, ouvre et raconte une bouteille mémorable de sa cave.
Jour 30 : Le père Jules, calvados 20 ans

Voyage autour de ma cave par Michel Bettane #22

Il est rare dans une vie de voir se planter et, même, se créer un vignoble de qualité. Cela m’est arrivé trois ou quatre fois dans ma vie. L’avant dernière, sur les derniers contreforts du vignoble aixois, à la limite du Lubéron, dans ce joyau culturel et viti-vinicole qu’est devenu le château La Coste au Puy-Sainte-Réparade. Il y avait déjà quelques vieux grenaches. Le propriétaire Irlandais, fou d’art moderne, avait demandé à Tadao Ando et quelques autres grands architectes d’y laisser un souvenir de leur génie et à Mathieu Cosse de doter la propriété d’un vignoble exemplaire et d’un outil de travail performant dans un bâtiment conçu par Jean Nouvel. Mathieu Cosse a donc sélectionné les meilleurs plants et porte-greffe de cabernet-sauvignon et syrah pour le vin rouge, de vermentino pour le blanc, et mis en place une viticulture et une vinification d’élite.

En 2014, les vignes commençaient à donner des raisins de haut niveau et une cuvée de Grand Vin Rouge fut produite dans l’esprit des grands fondateurs que furent le château Vignelaure dans les années 1970 et le domaine de Trévallon dans les années 1980. Elle tient ses promesses à condition de la carafer au moins deux heures à l’avance. A l’ouverture, une petite réduction obscurcit l’expression du terroir, assez vite les notes florales (violette) et les herbes aromatiques viennent rappeler le site, la lumière et le sol merveilleux de l’endroit. Le chêne de la barrique est désormais complètement intégré et l’extraction du tannin pourrait servir de modèle à bien des crus bordelais par sa douceur et sa capacité à enrober la texture sans l’alourdir. Je retrouve avec plaisir le miracle des premiers vins de Vignelaure (1971, 1975) y compris jusqu’au titillement d’une pointe de gaz carbonique, mais sans dérive animale. La fin de bouche enchante par sa fraîcheur mentholée de grand style. Ne servez pas ce vin trop frais, il ne donne toute sa mesure que vers 20/21°. Mathieu Cosse n’est plus en charge de la propriété, se consacrant désormais à son vignoble de Cahors. Il n’y a aucune raison que la famille propriétaire, si elle le désire, ne continue pas, sur des bases aussi assurées, à produire un des plus grands vins de Provence en dehors de ses activités culturelles et hôtelières d’exception.

Château La Coste, coteaux-d’aix-en-provence, grand vin 2014

Voyage autour de ma cave par Thierry Desseauve – Jour 29


Voyage autour de ma cave, ou la chronique quotidienne d’un amateur pas désespéré par temps de confinement. Thierry Desseauve déniche, ouvre et raconte une bouteille mémorable de sa cave.
Jour 29 : La Croix de Saint Jean, lo mainatge, vin de pays d’oc 2005

Voyage autour de ma cave par Michel Bettane #21

Dans une cave très humide, les étiquettes disparaissent avec le temps et un des vrais plaisirs de l’amateur du troisième âge est de dénicher des bouteilles mystères dont évidemment lui seul possède la réponse. Dans ce cas, il faut évoquer une époque révolue, qui éveille la nostalgie, celle de la vieille France et des politesses d’autrefois. Les hasards de la vie m’avaient fait rencontrer une octogénaire charmante, Madame Veuve Chiron, je ne saurai jamais son prénom, à Saint-Aubin-de-Luigné. Je ne pourrai jamais oublier son visage si fin et sa coiffure à l’ancienne d’un blanc immaculé qui virait au bleu, ses manières si polies, dans un français d’une pureté ligérienne que nos meilleurs diseurs ne connaissent plus. Elle possédait quelques petites vignes dont un quart d’hectare dans la meilleure partie du Quart-de-Chaume, à Bellerive. Son fils, qui dirigeait le syndicat d’initiative de la commune vinifiait avec soin et honnêteté absolue ce qui en fait était une production demi-privée, qu’il acceptait de vendre à quelques particuliers. Madame Chiron excellait en calligraphie et le gros carton de 18 bouteilles portait mon adresse écrite de sa main avec une perfection qui faisait mes délices. Je lui ai acheté jusqu’à la fin une dizaine de millésimes dont ce 1981, qui porte encore beau.

Une aussi petite production de vieilles vignes de chenin, avec une bonne proportion de manquants, était vendangée en une fois après un début de passerillage, vers 15/16° d’alcool potentiel, un peu enrichie par sucrage et la fermentation se finissait toute seule. L’expression du terroir schisteux de ce vin de quarante ans ou presque reste admirable, comme le montre la robe jaune éclatante du vin, sans la moindre nuance ambrée. Les vins actuels, à demi oxydés de naissance, qui passent pour « naturels » et sont admirés comme tels, pourraient prendre une leçon de style. Une merveilleuse amertume citronnée est la marque même du chenin de grand terroir, aucune lourdeur dans la liqueur ne vient perturber notre bonheur et une acidité encore très tendue ravive la fin de bouche. Les concentrations extrêmes de maturité ne favorisent pas, en fait, la tenue au vieillissement et la buvabilité qui fait le charme spécial des grands vins du Layon. Madame Chiron parlait la langue de ses ancêtres, ce quarts permet de comprendre la légende qui m’avait attiré dans cette région et que je ne retrouve guère dans les vins d’aujourd’hui, comme d’ailleurs dans beaucoup de médiocrités de l’époque, qu’on croit à tort révolues.

Domaine Veuve Chiron, quarts-de-chaume 1981

Voyage autour de ma cave par Thierry Desseauve – Jour 28

Voyage autour de ma cave, ou la chronique quotidienne d’un amateur pas désespéré par temps de confinement. Aujourd’hui, Thierry Desseauve reçoit Gérard Bertrand qui déniche, ouvre et raconte une bouteille mémorable de sa cave.
Jour 28 : Château de la Soujeole, malepère, grand vin 2017

Vin : une vente aux enchères au profit des personnels soignants

Du lundi 27 avril au jeudi 7 mai, la plateforme Idealwine accueillera une vente aux enchères de beaux flacons dont le produit sera reversé dans son intégralité au collectif #ProtegeTonSoignant, équipe multidisciplinaire qui identifie depuis un mois les besoins urgents émanant des hôpitaux

Le collectif #ProtegeTonSoignant est né le 24 mars dernier à l’initiative de quelques citoyens. Il est aujourd’hui constitué de 110 bénévoles, mobilisés 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, dont les compétences et réseaux professionnels dans les sphères privées et politiques accélèrent sa capacité d’exécution. Répartie en trois pôles (liens avec les hôpitaux et conseils départementaux, sourcing et commandes, transport et logistique), la mission de ces experts, médecins et entrepreneurs, consiste à aider les soignants à surmonter la crise sanitaire que nous traversons en achetant et acheminant le plus rapidement possible le matériel médical dont ils ont besoin. Le collectif répond de façon modulaire et adaptée aux demandes des hôpitaux, qui sont colossales et changent quotidiennement.

Un immense besoin d’aide

Après un mois d’activité, le collectif #ProtegeTonSoignant a gagné la totale confiance du personnel soignant, des institutions et des pouvoirs publics et son activité sera prolongée au-delà du confinement et du pic de la pandémie. Pour prendre la mesure de son caractère indispensable, précisons qu’à ce jour plus de 4,5 millions d’euros ont été collectés auprès de plus de 5 000 donateurs, plus d’1,6 million d’euros de matériels ont été achetés et livrés à 50 hôpitaux dans toute la France et plus de 4 300 repas sont livrés tous les jours aux soignants. Une cagnotte a été créée sur le site Leetchi. Si elle augmente tous les jours, les dons cumulés sont encore insuffisants au regard des besoins : plus de 20 millions d’euros de demandes de matériel médical et non médical sont encore en attente.

Plus de 100 domaines ont répondu présent

Outre son support logistique et la mise à disposition de sa plateforme d’enchères sécurisées, Idealwine a isolé dans ses stocks une vingtaine de bouteilles qui seront offertes dans le cadre de cette vente. En parallèle, des domaines viticoles ont été sollicités partout en France. Grâce à la générosité des acteurs du vignoble, qui ont répondu en masse en quelques jours seulement, plus de 800 flacons allant de la bouteille au salmanazar (9 litres) seront proposés. La vente se déroulera du 27 avril au 7 mai et sera administrée par International Wine Auction, opérateur de ventes volontaires agréé, filiale d’Idealwine. Pour y participer, il est nécessaire de s’inscrire préalablement sur le site. Les frais acheteurs prélevés lors de la vente (19 % HT en sus des enchères) seront intégralement reversés au collectif.

Voyage autour de ma cave par Thierry Desseauve – Jour 27

Voyage autour de ma cave, ou la chronique quotidienne d’un amateur pas désespéré par temps de confinement. Thierry Desseauve déniche, ouvre et raconte une bouteille mémorable de sa cave.
Jour 27
Le vin : Domaine Gérard Julien & fils, nuits-saint-georges, les bousselots 2016
Le livre : Climats et lieux-dits des grands vignobles de Bourgogne – Atlas et Histoire des Noms de Lieux, Sylvain Pitiot, Marie-Hélène Landrieu-Lussigny, Éditions de Monza & Éditions du Meurger

Les grands de Bourgogne à moins de 30 euros

Les temps sont durs. Entre les beaux jours et les apéros live, l’amateur de bons vins compte les jours de ses derniers bourgognes prêts à boire. Pour faire le plein, voici une sélection de pinots noirs signés par des grands noms du vignoble. À quel prix ? Tout à moins de 30 euros

Grasses têtes et grand cœur
En Bourgogne, en Alsace, en blanc, en rouge, Andrée et Jean-Louis Trapet font tout avec un talent rare et une gentillesse addictive. La biodynamie rigoureuse permet à leurs pinots noirs de s’épanouir tout en prenant l’intensité et la minéralité des grands terroirs bourguignons. Avec un hectare dans le climat des Grasses Têtes, ils signent ce marsannay de dentelle.
Domaine Jean-Louis Trapet, marsannay 2017
27,90 euros

En haut de la côte
Marsannay ne manque pas de vignerons talentueux. Sylvain Pataille, parce qu’il est régulier, s’est hissé en haut de l’appellation et la représente fièrement. Il maîtrise les compromis imposés par le cépage lors de sa vinification pour jouer le double-registre de l’intensité et du fruit, sans perdre le soutien d’un tannin fin et structurant. Un passage en carafe le révèle complètement.
Domaine Sylvain Pataille, marsannay 2018
25 euros

L’homme de Chevannes
Le style Duband, c’est la fraîcheur de fruit, un tannin fin et des finales étirées et complexes permises par peu d’interventions, une vinification délicate et de fortes proportions de grappes entières. Avec ce bourgogne, c’est la voie d’apprentissage pour découvrir la finesse du pinot noir bourguignon sans qu’un terroir spécifique ne vienne trop complexifier l’affaire.
Domaine David Duband, bourgogne 2017
16,90 euros

L’alchimiste de Beaune
Un côte-de-nuits-villages qui puise sa matière légèrement fumée dans quelques parcelles situées à Brochon (proche de Gevrey-Chambertin) et à Corgoloin (proche de Nuits-Saint-Georges). Nez fruité, bonne acidité, tension en bouche et finale précise, voilà la formule du rouge digeste par une maison d’expérience.
Maison Albert Bichot, côte-de-nuits-villages 2017
19 euros

La grande classe
Un pinot noir issu d’un peu plus de trois hectares, cultivés en biodynamie entre Volnay et Puligny-Montrachet. Qui cherche le sens de la précision aromatique et court après la subtilité des tannins doit choisir ce bourgogne. Et dire que ce n’est que l’entrée de gamme du domaine.
Domaine de Montille, bourgogne 2017
29 euros

L’icône de Rully
La première rencontre avec les chardonnays du domaine est une émotion précieuse. Pour compléter le bonheur de tous, Céline et Vincent signent avec le même talent d’excellents pinots noirs comme ce rully issu de deux hectares et trois climats principalement argilo-calcaires et exposés plein est. Les élevages répartis entre l’inox et le chêne donnent des vins fins aux finales salivantes.
Domaine Dureuil-Janthial, rully 2017
26 euros

Lumière dans la Nuits
Lui aussi fait partie des domaines sur lesquels l’appellation peut compter pour continuer à jouer les outsiders de la côte. On trouve chez Bernard Bouvier des pinots d’infusion, floraux, délicats en bouche et digestes, à boire jeunes et capables de vieillir avec classe.
Domaine René Bouvier, Champ Salomon, marsannay 2016
28 euros

On les veut aussi
Domaine Paul et Marie Jacqueson, Les Vaux, mercurey 2018, 18 euros
Marie et Pierre Jacqueson, le frère et la sœur, incarne l’esprit d’une côte chalonnaise bien dans ses vignes qui sait exprimer ses terroirs grâce à une maîtrise parfaite de la vinification. On tient-là un mercurey floral et plein d’énergie.

Louis Latour, bourgogne pinot noir 2017, 19 euros
Premier niveau d’une vaste gamme, c’est fin, léger, sur les fruits rouges et bon compagnon d’un poulet rôti ou de grillades. Pas de mauvaises surprises, l’expérience de la maison beaunoise est au rendez-vous.

Domaine Chantal Lescure, Le Clos des Topes-Bizot, côte-de-beaune 2017, 23,90 euros
Fruits noirs mûrs et finale mentholée. Le niveau de ce côte-de-beaune est une vraie surprise dans l’appellation. Quelques vingt euros pour approcher le travail du Domaine Chantal Lescure, ça vaut le coup.

Marc Colin & Fils, Vieilles Vignes, chassagne-montrachet 2018, 29 euros
C’est un domaine recherché des amateurs. Le sol argileux des plaines de Chassagne donne beaucoup de matière à ce pinot élégant et de garde.

Où les trouver ?
Rien de plus facile, on peut acheter tous ces vins en ligne sur les sites marchands d’Idealwine et de Vinatis.

Vinatis // https://www.vinatis.com/achat-vin-bourgogne#p1&n15&t7&f[]2[]230[]s
Idealwine //  https://www.idealwine.com/fr/acheter-du-vin/vente-VENTE-FLASH-region-BOURGOGNE-couleur-ROUGE-page-2.jsp?orderBy=mixPrice&orderHow=ASC

Photo : Les vignes de la Maison Albert Bichot