Il s’appelle Shawn Mathyse, il a 29 ans, mais déjà beaucoup de métier dans cette Afrique du Sud qui l’a vu naître. Dès son arrivée en stage à la Tasting Room du domaine, Ken Forrester a repéré ses aptitudes et l’a poussé pour qu’il fasse de solides études. Il l’a inscrit dans l’Université du vin de Stellenbosch où il est resté trois ans. Pour Shawn, c’était facile, il faisait tous ses stages chez Ken, ce qui l’a sans doute empêché d’aller voir ailleurs, mais ce qui a peu à peu conforté sa position et son futur métier. Sur ce sujet, il s’exprime avec infiniment d’humilité, bien sûr, il ne fait pas le malin du tout, mais quand on le pousse un peu, on réalise que c’est plus important que ce qu’il veut bien nous dire. Chaque fois que Ken Forrester s’en va courir le monde pour vendre le vin, c’est Shawn qui se débrouille tout seul à toutes les étapes de la vinification, mise en bouteille comprise. Il fait ça sous l’œil bienveillant de…
Bourgogne, deux nouvelles AOC
Après la validation de leurs nouveaux cahiers des charges par l’Inao en juin dernier, les appellations bourgogne-côte-d’or et vézelay ont été officiellement validées début novembre par l’arrêté paru au Journal Officiel. Les vins de ces deux aires de production, l’une régionale (1 000 hectares plantés en pinot noir et chardonnay) et l’autre “village” (66 hectares de chardonnay) arboreront cette nouvelle dénomination dès le millésime 2017. Spécificité toute bourguignonne, le bourgogne-côte-d’or dépend du cahier des charges de l’AOC bourgogne et bénéficie en fait d’une dénomination géographique complémentaire, comme par exemple le bourgogne-hautes-côtes-de-beaune (il y en a quatorze en tout).
C’est en référence à l’orientation de la côte viticole (à l’est, “côte d’orient”) que les vignerons ont choisi le nom de “côte d’or” pour leur appellation et non à cause de la couleur que prennent les vignes à l’automne qui, elle, a inspiré au XIXe siècle le nom du département. La mosaïque du vignoble bourguignon est désormais régie par 84 cahiers des charges qui déterminent la densité de plantation et le rendement – entre autres – de 7 AOC régionales, 44 AOC village (y compris Vézelay) et 33 AOC grand cru. Quant aux premiers crus, ils bénéficient de dénominations géographiques complémentaires au sein du cahier des charges des AOC village. Ce dernier identifie officiellement 640 climats.
Un champagne dans l’heure
Déjà dotés par la maison Cattier d’un service de livraison à domicile en une heure, les amateurs parisiens* peuvent désormais programmer à l’avance ladite livraison sur le site de la maison, c’est par là. Les champagnes Cattier proposés dans le cadre de ce service, au sens le plus large (7 jours sur 7, de 12 h à 22 h) sont le Blanc de blancs premier cru et le Rosé premier cru. Le tarif ? 35 euros.
* Paris, Asnières, Boulogne-Billancourt, Clamart, Courbevoie, Garches, Issy-les-Moulineaux, Levallois-Perret, Meudon, Nanterre, Neuilly-sur-Seine, Puteaux, Saint-Cloud, Sèvres et Suresnes.
#22 Dernière minute
Visite à faire et à offrir, les parcours “multi-sensoriels” proposés par la maison Hennessy, fleuron du groupe LVMH installé à Cognac depuis plus de 250 ans, se réservent en ligne ici. Entre « surprise et tradition », cette immersion dans les coulisses du berceau historique d’Hennessy sur les bords de la Charente dévoile bien des secrets à l’amateur comme au connaisseur au long de différentes propositions, guidées par des experts et toutes suivies d’une dégustation. Cette découverte de l’univers Hennessy se prolonge au sein de sa boutique de 200 m2, seul espace au monde à réunir autant de collections, dont certaines éditions non commercialisées en France. Parmi les carafes issues des collaborations de la Maison avec des acteurs d’avant-garde « en quête d’excellence », citons la toute récente édition limitée Hennessy X.O du designer australien Marc Newson (photo) ou encore les séries de Hennessy Very Special signées par les artistes Ryan McGinness, Scott Campbell et JonOne.
Un nouveau château pour Bernard Magrez
Déjà propriétaire de plus de quarante châteaux à travers le monde, dont quatre grands crus classés du vignoble bordelais (Pape-Clément dans les Graves, La Tour Carnet en Haut-Médoc, Fombrauge à Saint-Emilion et Clos Haut-Peyraguey à Sauternes), Bernard Magrez vient d’acquérir un nouveau domaine en appellation pessac-léognan. Situé en plein cœur de Léognan, « véritable musée à ciel ouvert bordé de nombreux ruisseaux et d’une église vieille de deux mille ans », le château Le Sartre est bordé au sud et à l’ouest par les “esteys” du Sartre et de l’Eau Blanche. Ce vignoble de 33 hectares dont le sol argilo-graveleux « offre une perspective de terroir aux propriétés exceptionnelles » produit aujourd’hui 140 000 bouteilles.
Dans le droit fil du développement à grande échelle d’un service recherche et développement visant à mettre en place des techniques de viticulture plus performantes tout en intégrant les enjeux environnementaux, Bernard Magrez investit sur ces terres avec un objectif de pérennisation et de durabilité. Du travail méticuleux effectué à la vigne sortiront deux grands vins, un rouge issu des cépages cabernet-sauvignon et merlot qui s’étendent ici sur 23 hectares, et un blanc issu des cépages sémillon et sauvignon blanc, qui couvrent 10 hectares. Une exploitation optimale du vignoble est prévue et certaines parcelles sensibles seront dotées de nouvelles technologies afin de les protéger du gel et autres problématiques actuelles liées au climat.
#21 Toutes les civilisations du vin
Série documentaire sur les femmes et les hommes qui consacrent leur vie à la vigne dans le monde entier, Des Vignes et des hommes a été diffusée cet automne sur Arte et saluée par la presse pour « la qualité et la beauté » de ses différents reportages. « Dans ces documentaires de 26 minutes, même si cela peut surprendre, on ne traite pas de la production du vin. Filmer les vignes, le terroir et ses hommes nous amène à parler d’histoire, de science, de culture, de géologie, d’art », expliquait ici Guillaume Pérès, producteur associé chez Grand Angle – Ecrans du Monde, la maison de production à l’origine de cette série co-produite par la Fondation pour la culture et les civilisations du vin. Les vingt épisodes qui constituent les étapes de ce tour du monde des vignobles en ultra HD viennent de faire l’objet d’une édition en cinq DVD signée par Rimini Editions, maison spécialisée dans les classiques du cinéma.
Des Vignes et des hommes, coffret 5 DVD, 30 euros.
#20 Un bijou signé Frapin
De rouge et d’or, ce coffret dont l’esprit “rétro” a été inspiré par l’univers de la joaillerie symbolise la richesse du cognac qu’il annonce, issu de la réserve familiale de la maison Frapin, un domaine installé en Charente en 1270 dont le vignoble de 240 hectares est situé au cœur de la Grande Champagne. La noblesse des matériaux dont est fait cet écrin répond à la belle simplicité du “bijou” de la maison Frapin, flacon aussi épuré que la cuvée à la robe acajou qu’il contient est prestigieuse.
Cognac Frapin, carafe Extra (70 cl), 496,40 euros le coffret.
Cavistes et vente directe, tél. : 03 26 56 99 56.
Concours Prix Plaisir bettane+desseauve 2018. Vite, une inscription
Le Prix Plaisir bettane+desseauve revient en 2018 pour sa septième édition, qui aura lieu les 23 et 24 mars prochains. Ce concours valorise chaque année des centaines de vins au rapport qualité-prix plébiscité par un jury d’amateurs
Le choix du consommateur
Le Prix Plaisir est un label de prescription indépendant qui a pour finalité d’aider les consommateurs dans leur quête du saint Graal (= le vin au meilleur rapport qualité-prix). Les médailles (or, argent, bronze) sont décernées par un jury composé d’amateurs qui donnent une première note, validée ensuite par les experts b+d. Les seuls critères de sélection sont le goût et le prix. Les vins sont dégustés à l’aveugle, seules la région de provenance et la tranche de prix sont révélées (moins de cinq euros, de cinq à dix euros, de dix à quinze euros et moins de vingt-cinq euros pour les champagnes).
Ce concours national est ouvert à tous les opérateurs du vin (domaines, châteaux, vignerons indépendants, maisons de négoce, caves coopératives, importateurs, marques de distributeurs) qui souhaitent faire valoir leur(s) cuvée(s).
Pour s’inscrire, rien de plus simple, il suffit de remplir le formulaire sur : https://prixplaisir.bettanedesseauve.com
Attention, la date limite d’inscription est le 23 février 2018. Les échantillons de dégustation doivent être impérativement envoyés entre le 26 février et le 9 mars.
Contact pro : Cécile Ghis, 01 48 01 98 27 ou [email protected]
Plus d’infos sur https://prixplaisir.bettanedesseauve.com
Mes magnums (54), un grand champagne rosé à prix tenu
Champagne Palmer, Rosé Réserve
Pourquoi lui
Parce qu’il y a belle lurette que j’ai envie d’en parler et puis voilà l’occasion qui se présente. Il y a des temps et des temps que la coopérative qui produit le champagne Palmer travaille très bien. Tout le monde le sait.
On l’aime parce que
On l’aime comme on aime le champagne rosé. Dans la très grande diversité de ses goûts, de ses couleurs, de ses dosages. Celui-là est dosé à 8 grammes par litre.
Il est d’une belle couleur assez soutenue.
Il décrit une vraie identité de vin.
Lire la suite ici sur le blog bonvivant
Retour sur Vinapogée, right on time
Vinapogée, 3e édition, c’est le salon des vins matures. Soit un lieu parisien, une vingtaine de producteurs et des vins que l’on goûte quand il est temps, ni trop tôt, ni trop tard. Le salon avait lieu le 4 décembre, mais nous avons préféré laisser ce compte-rendu mûrir un peu…
Cet événement a été créé par Hervé Bizeul en 2015. Le constat était simple : il fallait lutter contre les infanticides qui consistent à boire les vins trop tôt. La faute à l’impatience, la faute au prix du mètre carré, la faute au restaurateur qui ne stocke plus. D’où la volonté de redonner la possibilité aux amateurs de goûter, et d’acheter, des vins quand ils sont à l’optimum de leur cycle d’évolution. Hervé Bizeul a passé la main, car son boulot c’est vigneron, mais deux parisiens, David Hairion et Bernadette Vizioz, ont repris le flambeau.
Quelques vignerons de poids font le déplacement. Caroline Frey paie de sa personne pour faire goûter ses hermitages La Chapelle 2003 et 2006 du domaine Paul Jaboulet Aîné. On croise également Daniel Brunier du Domaine du Vieux Télégraphe qui présente ses chateauneufs-du-pape blanc et rouge dans le millésime 1999. On ne dira jamais assez à quel point les chateauneufs-du-pape gagnent en élégance et en fraîcheur quand on sait les attendre. On croise également Charles Philipponat qui présente une série de 2007 et Florence Brumont de Madiran dont la fameuse parcelle La Tyre se montre particulièrement aimable du haut de ses treize ans.
Belles rencontres
Au rayon « belles rencontres » on retient celle de Nicolas Lesaint, directeur technique du Château de Reignac. Cette propriété, qui produit du bordeaux supérieur, tâche d’emmener son appellation vers son côté « supérieur ». Lesaint présente les 2009 et 2010 de la cuvée classique, d’excellents bordeaux qu’on peut s’offrir pour vingt-cinq euros. Le 2009, plus en largeur, se livre généreusement, tandis que le 2010, plus strict, mérite encore d’être gardé. On goûte également la cuvée haut-de-gamme Balthus sur les millésimes 2008 et 2010. Cette cuvée, intégralement vinifiée et élevée en barriques, a bénéficié d’une amélioration entre les deux millésimes. En 2008 le vin changeait de barrique pour l’élevage, ce qui en accentuait le boisé. Depuis 2009 Balthus est vinifié puis élevé dans la même barrique. Le vin a gagné en élégance. Un choix judicieux.
Autre belle rencontre avec Pierre Gassman du domaine Rolly-Gassman. Il joue le jeu Vinapogée à fond puisqu’il présente sept vins allant de 2010 à 1994. L’occasion de constater ce que les blancs d’Alsace gagnent au vieillissement, digérant leur sucre et révélant plus encore leur terroir. Le pinot gris vendanges tardives Rotleibel de Rorschwihr 1996, que le domaine met seulement à la vente pour trente euros, présente un nez incroyable de truffe blanche du à son terroir marno-calcaire avec placage de lœss. Le gewurztraminer sélection de grains nobles Oberer Weingarten de Rorschwihr 1994 s’exprime sur les fruits exotiques et fond en bouche comme du miel, mais sans lourdeur. En millésime plus récent, le muscat vendanges tardives Moenchreben de Rorschwihr 2003 présente beaucoup de fraicheur, avec un côté sève de pin et menthe poivrée, le résultat du muscat sur calcaire. Une dégustation très didactique, propre à faire aimer l’Alsace à n’importe qui, à condition de mémoriser ces noms à rallonge.
Le pourquoi du comment
Côté didactisme Vinapogée propose des ateliers. L’occasion de passer une heure avec Mathieu Cosse et Catherine Maisonneuve qui proposent des cahors de garde, virils, que même quinze ans de vieillissement peinent à assouplir. Peut-être la faute au calcaire. Car leur cuvée La Marguerite, sur des sols argileux, s’exprime avec beaucoup plus d’onctuosité et de délicatesse, y compris sur un millésime très récent comme 2015. Il faut mettre le double du prix des Laquets, soit une soixantaine d’euros, mais ça vaut vraiment le coup. Le meilleur sommelier du monde 2000, Olivier Poussier, est également de la partie avec un atelier sur les accords entre les fromages à pâte fleurie, type camembert, les ennemis du vin, et le champagne. Les champagnes étaient particulièrement bien choisis avec un parcellaire de Chartogne-Taillet, Beaux Sens, un Vieillissement Prolongé d’Egly-Ouriet, et deux 1989. Un très beau brut de Charles Heidsieck et un blanc de blanc exceptionnel de Vazart-Coquart qu’on peut encore acquérir au domaine pour cent-dix euros. On venait de trouver notre vin de Noël. Merci Vinapogée.
Gilles Durand-Daguin










