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Château Kefraya, rouge 2012

LE VIN : Beau fruité, bouche en finesse et précision, élégance, délicatesse, harmonie.

16/20

24 euros

LE DOMAINE :

Nous sommes au Liban. La belle histoire de Château Kefraya commence en 1946 dans le village du même nom, au pied du mont Barouk, à plus de mille mètres d’altitude, par la construction d’une grande demeure sur une colline artificielle édifiée par les Romains pour surveiller les mouvements de troupes sur la plaine de la Bekaa. En 1951 débute la plantation de vignes. Michel de Bustros, son fondateur et président-directeur général, est un visionnaire qui s’appuie sur une tradition vieille de quatre milles ans. Ce n’est qu’en 1979, en pleine guerre du Liban et dans des conditions très difficiles, qu’il décide de produire son premier millésime avec les raisins issus de son vignoble et vinifiés dans sa cave. Mort en août dernier, il laisse le domaine entre de bonnes mains.

Cinq maîtres du cabernet-sauvignon

L’expertise est une affaire qui vient de loin. Ce qui explique que Michel bettane cite des dieux vivants du cabernet-sauvignon. Il en manque sûrement.

Emile Peynaud

On a trop vite oublié le créateur de l’œnologie moderne bordelaise, la France n’aimant pas reconnaître ses vrais talents. Mais les vins restent, et l’œuvre avec. J’ai eu la chance de rencontrer Emile Peynaud à mes débuts et je lui dois d’avoir été mis immédiatement sur de bons rails, à la fois dans la compréhension de ce qui définit tout bon et vrai bordeaux (la formule :« rien de trop, mais tout suffisamment ») que dans celle de la maturité finale nécessaire pour permettre aux qualités génétiques du cépage de s’exprimer avec justesse. Sa thèse de doctorat lui avait fait comparer les analyses de maturité des bordeaux et bourgognes d’avant-guerre, à l’avantage de ces derniers. D’où sa volonté de faire vendanger mûr, sans rien perdre du potentiel de longévité des vins et sans se soucier des idiots de tout bord qui eux s’en souciaient. Et son art de déguster et d’assembler des vins très jeunes a parfois été égalé, jamais surpassé et jamais avec la même modestie d’approche. Bref, un maître, un vrai.

André Tschelitschef

L’homme, vieux Russe formé en France, a donné ses lettres de noblesse aux vins californiens en s’inspirant évidemment de ce qu’il avait appris chez nous. Ses réserves légendaires Georges de Latour chez Beaulieu sont toujours des modèles de style car il avait tout compris du cabernet comme du pinot noir. La plage de saveur et de maturité d’un vin comme le 1970 est identique à celle qu’on trouve en Gironde : le cèdre mais pas l’eucalyptus, signe de stress, la chair sans l’alcool (12,5-13° et pas les 14 ou 15° descendus d’un 16 ou 17 original) et surtout la finale sur la tension du tannin sans l’édulcoration sucrée du bois. Grand ami de Peynaud, il partageait avec lui son idéal d’équilibre et de justes proportions dans le vin, devenu source d’inspiration pour tous
les jeunes winemakers de talent et de conviction en Amérique.

Eric Boissenot

C’est le plus proche et le plus authentique disciple de Peynaud, partageant les mêmes notions d’équilibre, de morale et de modestie. Avec un savoir-faire en matière de dégustation de vin jeune et d’assemblage diaboliquement précis. Artiste en plus, sensible à la nature, photographe de grand talent et plus compétent en agronomie que ses maîtres, Emile évidemment, mais aussi son père Jacques. Les Médocains ont bien de la chance de l’avoir à l’oeuvre dans la plupart des propriétés qui veulent rester fidèles au classicisme local.

Philippe Dhalluin

Les grands directeurs techniques actuels du Médoc, surtout quand ils ont l’expérience de plus de trente millésimes, n’ont pas d’équivalent dans le monde en matière de savoir (addition de la connaissance et de l’intuition de celui qui connaît). à Mouton, où le cabernet mûrit peut-être plus parfaitement que partout ailleurs, Philippe Dhalluin a pu réaliser le rêve de sa vie : donner naissance au meilleur vin imaginable du cépage qu’il aime le plus. Avec l’aide d’une brillante équipe technique, mais avec sa propre sensibilité qui n’a négligé ni le matériel végétal (il a dirigé, entre autres, une pépinière), ni la connaissance de ce qui se fait ailleurs dans le monde, ni l’adresse dans le coaching des hommes.

Denis Dubourdieu

Nul ne contestera qu’il a intelligemment modernisé l’œuvre déjà si moderne, de Peynaud en formant la plupart des œnologues qui comptent aujourd’hui, en particulier sa fidèle Valérie Lavigne. Avec comme principe de bon sens qu’un bon œno doit d’abord être un bon agro, la compréhension du raisin étant capitale pour savoir le vinifier. Son amour du cabernet, c’est bien sûr avant tout, celui de l’équilibre, de la digestibilité, de la finesse et de
la capacité à rester fin même vieux.

Denis Dubourdieu a quitté le monde des vivants, terrassé par la maladie. L’immense tristesse qui nous étreint n’a d’égale que l’énorme respect que nous lui vouons depuis longtemps.

Gigantesque, l’expérience Pommery #13


Dans les caves cathédrales situées à trente mètres de profondeur de la maison Pommery à Reims, historique dédale de plus de 18 kilomètres abritant 120 crayères, Nathalie et Paul-François Vranken organisent depuis 2004 des expositions qui constituent chaque fois une rencontre de premier ordre entre l’exceptionnel patrimoine champenois et la création contemporaine (on pourra les découvrir toutes ici), poursuivant là une impulsion donnée à sa maison dès 1882 par Madame Pommery avec la commande de bas-reliefs monumentaux au sculpteur Gustave Navlet. De monumental, il est à nouveau question cette année avec l’exposition imaginée par Fabrice Bousteau, rédacteur en chef de Beaux-Arts Magazine :

« Chaque individu est composé d’environ 60 000 milliards de cellules qui abritent chacune des molécules d’ADN tellement serrées et repliées que si on les dépliait leur longueur totale serait équivalente à trois millions de fois le tour de la terre. Nous sommes gigantesques ! Le gigantesque tient de l’exploit, du défi aux possibles et exprime aussi le fabuleux. (…) L’exposition Gigantesque ! cherche à montrer les démesures des artistes aujourd’hui : des idées et des recherches qui tiennent du colossal mais aussi de l’incroyablement minuscule. Hors norme. Hors échelle. » Cette treizième “Expérience Pommery” qui réunit plus d’une vingtaine d’artistes français et étrangers est visible au domaine jusqu’au 31 mai 2017.


Ci-dessus, le film Les balayeurs du désert (2003) de l’artiste Su-Mei Tse est projeté dans les caves Buenos Aires et son œuvre Some Airing (2008) est installée dans la crayère n°18.
Ci-dessous, dans l’ordre, l’installation de Pablo Valbuena dans le grand escalier menant aux crayères, l’installation interactive Guernica in sand de Lee Mingwei occupe la crayère n°16 et Le hibou ainsi que les autres installations vidéo de Bertrand Gadenne sont visibles dans les caves Manchester et Bristol.


Pablo Valbuena, Installation in situ, lumière et son, 2016.
Pablo Valbuena, Installation in situ, lumière et son, 2016.

Lee Mingwei, Guernica In Sand.
Lee Mingwei, Guernica In Sand.

Bertrand Gadenne, Le hibou, 2005. Photo : Marc Loyon.
Bertrand Gadenne, Le hibou, 2005. Photo : Marc Loyon.

J’ai bu du vin nature au Laurent

C’était mercredi, dans la pâle lumière d’un joli soleil d’hiver qui envahissait la table en jouant avec les nuages. Un déjeuner tout près du bonheur parfait avec notre cher Henry Marionnet, l’un des plus brillants vignerons de France. Il voulait absolument que nous goûtions son vin le plus fou, un gamay en primeur issu de vignes plantées franc de pied (non greffée) et vinifié sans soufre ajouté. Une sorte de course en sac avec un pied attaché dans le dos. Évidemment, si nous sommes là, c’est que Marionnet est sûr de son coup, de sa « grande première mondiale ». Il a tiré 6 000 bouteilles de sa parcelle de 1,3 ha…

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Calon-Ségur en verticale

Demain soir, le caviste parisien Legrand Filles et Fils dédiera sa dégustation du mardi aux vins de Calon-Ségur, grand cru de Saint-Estèphe classé en 1855 dont la direction technique est assurée depuis 2006 par Vincent Millet. Le directeur du château depuis 2012, Laurent Dufau, sera présent pour commenter cette verticale 2011-1989 qui rendra compte de l’évolution du « plus septentrional des crus classés du Médoc et l’un des plus réputés de son appellation », une propriété qui revient sur le devant de la scène un peu plus à chaque millésime, tous les moyens ayant été mis en œuvre pour la hisser à nouveau à la hauteur de son histoire. Tarif 160 euros le dîner-dégustation, menu, renseignements et réservation ici.



Les vins :
Château Capbern Gasqueton 2011
Le Marquis de Calon 2011
Château Calon Ségur 2011
Château Calon Ségur 2008
Château Calon Ségur 2005
Château Calon Ségur 2001
Château Calon Ségur 1998
Château Calon Ségur 1989

Les Trente Glorieuses du champagne ÉPISODE 1 : 1985-1995, la révolution du capital

De 1985 à aujourd’hui, la Champagne et le champagne ont vécu une période extraordinaire d’une histoire pourtant déjà riche en épisodes glorieux. Alliant transformation économique et structurelle, perfectionnement technique, arrivée de nouveaux consommateurs et succession de millésimes brillants, ces trois décennies laissent une empreinte forte que nous avons choisi de raconter tant sur le plan de son histoire que sur celui, inédit, de ses plus grands vins.
Retrouvez l’intégralité de l’article de Thierry Desseauve dans EN MAGNUM #06 (pages 52 à 63).


Une dégustation inoubliable

Revivre aujourd’hui trente ans d’histoire du champagne et plus de vingt millésimes, c’est possible verre à la main. Nous avons demandé aux plus grands producteurs champenois de choisir sur chacune des trois décennies (1985-1995, 1995-2005, après 2005) la cuvée millésimée de leur production qui caractérise selon eux le mieux cette époque. Ces 127 cuvées, nous avons eu le privilège de les déguster une à une les 11 et 12 octobre 2016. 

ÉPISODE 1 : 1985-1995, la révolution du capital

ÉPISODE 2 : 1995-2005, l’effet Millenium (vidéo à venir)

ÉPISODE 3 : 2005-2015, retour à la terre  (vidéo à venir)

Gérard Bertrand, le bio-man du Languedoc

L’homme fort du pays est aussi très fort en bio. Avec les trois quarts de son vignoble en bio ou  biodynamie, il est mieux que la moyenne

Sa haute stature et son air détendu très sudiste pourraient laisser croire à de la nonchalance. Mais non. Il est clair, net et précis autant qu’il est possible. Il s’y applique, soucieux qu’il est de convaincre et de transmettre une sorte de message. Gérard Bertrand est un passionné et un « partageux ». Son implication de longue date dans une viticulture la plus propre possible ne constitue pas un axe de communication, c’est plus personnel. Pour autant, il n’invoque pas la conservation de la planète de ses enfants ou, a contrario, les obligations faites par le grand commerce global. Non, du bio et de la biodynamie, il expose les contraintes et les résultats sans effet ni extase, plutôt froidement. Les faits, rien que les faits. On évite ainsi les incantations, pas mal.

Il a choisi la biodynamie
Il faut dire qu’il n’est pas au bout du processus, mais son but est fixé : « 30 % de nos vins sont aujourd’hui bio ou en biodynamie, notre objectif est de passer à 50 % d’ici 2020 et 70 %, voire 80 %, en 2025. » Lui, il a choisi la biodynamie. Sur les 600 hectares de ses domaines et châteaux, 450 sont certifiés ou en cours de conversion. On sent que c’est pour lui une démarche majeure, un engagement sûrement, mais pas une prise de tête. Pour être un vigneron passionné, il est aussi un chef d’entreprise qui fait attention à ce qu’il fait. Et 250 collaborateurs, c’est une responsabilité dont il a une conscience certaine. Alors, pour assurer le développement, Gérard Bertrand, la marque, c’est aussi 2 500 hectares de vignes sous contrats, ce qu’on appelle ailleurs des approvisionnements, dont plus de la moitié est conduite en bio. « Cette transition est au cœur de notre histoire », assure-t-il avant de développer.

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Le château La Dominique s’invite au musée


Le musée des Arts décoratifs de Paris consacre au mobilier et aux objets de l’architecte Jean Nouvel une exposition qui présente depuis hier et jusqu’au 12 février 2017 plus de cent de ses créations. Parmi elles, on pourra découvrir « le majestueux lustre » qui orne le château La Dominique, pièce unique installée à la propriété depuis l’hiver 2015. Clin d’oeil habile de la part de celui qui a signé le “chai d’œuvre” de ce grand cru classé de Saint-Emilion, « quelques globes du lustre sont posés sur un tapis de galets de verre rouge qui ont fait de la terrasse du cuvier de La Dominique un lieu d’exception. »

Le château La Dominique s'invite au musée


Le musée des Arts décoratifs de Paris consacre au mobilier et aux objets de l’architecte Jean Nouvel une exposition qui présente depuis hier et jusqu’au 12 février 2017 plus de cent de ses créations. Parmi elles, on pourra découvrir « le majestueux lustre » qui orne le château La Dominique, pièce unique installée à la propriété depuis l’hiver 2015. Clin d’oeil habile de la part de celui qui a signé le “chai d’œuvre” de ce grand cru classé de Saint-Emilion, « quelques globes du lustre sont posés sur un tapis de galets de verre rouge qui ont fait de la terrasse du cuvier de La Dominique un lieu d’exception. »

Les deux étiquettes de Philippe Bascaules

Récemment nommé à la direction générale de Château Margaux, Philippe Bascaules, ingénieur agronome qui fut le directeur d’exploitation de la propriété entre 1990 et 2011 sous la houlette de Paul Pontallier, y retrouvera en mars prochain Aurélien Valance, directeur général adjoint présent à Margaux depuis quinze ans, Sébastien Vergne, agronome et œnologue nouvellement promu directeur d’exploitation et Olivier Pinon, directeur général, basé au siège social parisien depuis 1983. Par ailleurs, suite à un arrangement unique, Philippe Bascaules reste en charge des vinifications au domaine d’Inglenook, propriété de la Napa Valley fondée en 1879 et appartenant à Francis Ford Coppola.

« Avec son approche audacieuse et novatrice de la vinification et sa conception à long terme de la conduite du vignoble, Bascaules a entrepris de replanter plusieurs parcelles et travaille actuellement à la conception d’un nouveau chai, ceci dans le cadre du plan sur 50 ans qu’il a élaboré lors de son arrivée. Il continuera à diriger ces projets », annonce la propriété. Philippe Bascaules s’est déclaré ravi de pouvoir poursuivre sa mission sur ce « terroir exceptionnel » sur lequel les fruits de son travail sont déjà visibles, le style des vins d’Inglenook ayant « remarquablement » évolué (Rubicon et Cask Cabernet Sauvignon d’Inglenook, notamment, ont été salués par la critique pour leur fraîcheur et leur élégance).

« Le dévouement de Philippe pour Inglenook en a fait une propriété que nous pouvons transmettre à nos enfants et à leurs enfants. Château Margaux étant son alma mater, il nous paraît logique et compréhensible qu’il soit fait appel à lui suite à la disparition prématurée de l’exceptionnel Paul Pontallier. Nous sommes très heureux que ce retour à Château Margaux se soit accompagné du souhait de sa part de travailler
des deux côtés de l’océan. »

Francis Ford Coppola