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Bourgueil en mode majeur

LLa sainte colère de Michel Bettane au milieu des années 1990 porte pleinement ses fruits. Les vignerons de Bourgueil se sont pleinement remis en question avec une génération montante qui affiche sur les derniers millésimes de nouvelles ambitions : l’édition 2017 du guide Bettane+Desseauve recense plus de 10 nouvelles adresses sur l’appellation. Une récente dégustation à l’aveugle à la maison des vins a mis une nouvelle fois en lumière la qualité extraordinaire du 2014 qui est, n’ayons pas peur des mots, un millésime du siècle. Si la série de 2015 sur graviers est très homogène dans sa qualité, on remarque plus de disparité sur les cuvées de tuffeau qui sont d’un bon niveau. De nouveaux talents apparaissent que nous suivrons tout au long des prochains mois pour une entrée dans le guide… Avec un profil de vignerons passionnés qui, à l’image d’Aurélien Revillot employé au domaine de la Chevalerie, bichonne après son travail, trois hectares bien placés… Voici de quoi réchauffer le cœur des bourgueillois affreusement touchés par les gels de printemps… Parmi les nouveautés, trois adresses s’imposent pour l’amateur.

Domaine de l’Oubliée

Ancien caviste sur la région parisienne, Xavier Courant s’est installé sur Saint-Patrice en 2009 où il exploite 5 hectares de cabernet franc et un hectare de chenin certifiés bio, sur des sols de sable et graviers proche de la Loire, des argilo-calcaires reposant sur le tuffeau en bas de coteau et des argiles à silex sur le coteau. Fan de Bertrand Blier, ce néo-vigneron donne à ses cuvées le nom de films de son idole. La vinification est à la hauteur du cultural et les millésimes 2014 et 2015 donnent déjà beaucoup de plaisir. Le « Tenue de soirée » 2014 joue le côté féminin du cabernet franc avec ce qu’il faut d’énergie derrière.

26 Rue Dorothée de Dino
37130 Saint-Patrice
Tél : 02 47 96 99 67
06 42 62 52 18

Domaine du Petit Bondieu

Issu d’une grande famille de vignerons ligériens, Jean-Marc Pichet crée le domaine du Petit Bondieu en 1976. Deux décennies plus tard, son fils Thomas le rejoint. En 2010, le duo convertit ses 18 hectares en bio. Ceux-ci se répartissent en deux parties bien différentes avec sur les sols sableux, les vins de graviers et sur le terroir argilo-calcaire les crus de tuffeau. Sur ce secteur, les derniers millésimes ont de l’éclat et une profondeur réjouissante. Le Petit Mont 2014 et Les Couplets deviendront des refrains que l’on pourra chanter en argilo-calcaire majeur !

30 Route de Tours
37140 Restigné
Tél : 02 47 97 33 18

Domaine Aurélien Revillot

Travaillant la semaine chez les Caslot, Aurélien Revillot s’est constitué pour la passion un petit domaine de trois hectares qu’il cultive comme un jardin sur de beaux secteurs de Bourgueil travaillés en agriculture biologique et en biodynamie. Originaire de Tournus, ce bourguignon s’est fondu avec délice dans le terroir ligérien troquant le pinot noir pour le cabernet franc. Son expérience acquise auprès de Pierre Caslot et de ses enfants lui permet réellement d’être bien armé pour l’avenir ! Le 2012 « Sur les Hauts » séduit par son soyeux et sa prestance en bouche.

7 Route de Haut-Champ
37140 Restigné
Tél : 06 71 59 43 56

La sélection officielle

L’Alliance des crus bourgeois du Médoc annonce que 278 étiquettes font partie de sa dernière sélection officielle de vins, qui porte sur le millésime 2014. Ces vins issus des AOC médoc, haut-médoc, listrac-médoc, moulis, margaux, pauillac et saint-estèphe représentent environ 33 % de la surface viticole médocaine et 30 millions de bouteilles.

Pour rappel, le millésime 2013 a donné lieu l’année dernière à la sélection de 251 crus et à la commercialisation de 20 millions de bouteilles. Depuis ses débuts en 2010, avec le millésime 2008, cette mise en valeur des meilleurs parmi les crus bourgeois du Médoc a permis d’apposer un sticker d’authentification, témoin du millésime, sur 196 millions de bouteilles.

(pour découvrir les 278 vins sélectionnés, cliquer sur le sticker)
(pour découvrir les 278 vins sélectionnés, cliquer sur le sticker)

Les flambeaux de Saint-Emilion

Le ban des vendanges qui s’est tenu ce week-end à Saint-Emilion a été l’occasion pour la médiévale cité inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco d’accueillir une foule de visiteurs, 600 convives venus du monde entier et les six invités d’honneurs de la Jurade, confrérie des vins de Saint-Emilion. Samedi, « à la nuit tombée, les jurats en cortège munis de flambeaux ont défilé dans les ruelles de Saint-Emilion. Cette procession très attendue a lancé un magnifique spectacle au pied de la tour du Roy : des prestations artistiques de jongleurs de feu et de lanceurs de drapeaux ont ponctué un magnifique feu d’artifice qui a embrasé, en musique, le ciel saint-émilionnais. »

Dimanche, le cortège des robes rouges a accueilli neuf nouveaux membres : Sophie Castel (négoce Castel Frères et Château Montlabert, saint-émilion grand cru, Jean-Bruno Cantorne (négoce Veyret Latour, Adrien David Beaulieu (Château Coutet, saint-émilion grand cru), Bertrand de Villaines (Château Soutard, saint-émilion grand cru classé), Thierry Duverger (Union de producteurs de Saint-Emilion), Vincent Lignac (Château Guadet, saint-émilion grand cru classé), Jean Mestreguilhem (Château Pipeau, saint-émilion grand cru), Nicolas Prince (Château Clos des Prince, saint-émilion grand cru) et Paul-Auguste Saurue (Château Penau Laplagne, puisseguin-saint-émilion). 


Enfin, quarante-deux « professionnels et amateurs éclairés de vins de Saint-Emilion » ont été intronisés dont les six invités d’honneur de la Jurade, Son Excellence Samuel Mvondo Ayolo, ambassadeur du Cameroun en France, Pierre Dartout, préfet de la Région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, Andreï Kourkov, écrivain ukrainien, Janet Healy, productrice, Guillaume de Tonquedec, comédien et Lorant Deutsch, comédien et écrivain.

De gauche à droite, de part et d'autre d'Hubert de Boüard, premier Jurat : Janet Healy, Guillaume de Tondequec, Pierre Dartout, , Samuel Mvondo Ayolo, Lorant Deutsch et Andreï Kourkov.
De gauche à droite, de part et d’autre d’Hubert de Boüard, premier Jurat : Janet Healy, Guillaume de Tondequec, Pierre Dartout, Samuel Mvondo Ayolo, Lorant Deutsch et Andreï Kourkov.

La Bourgogne vient à vous

Portée par l’interprofession du vignoble bourguignon* et animée par les nombreux domaines, caves et maisons de négoce qui participent à l’opération (ils étaient 156 l’an dernier), la dixième édition des Rencontres avec les bourgognes se déroule jusqu’à fin décembre dans toute la France.

Cette opération permet aux amateurs de découvrir des vins près de chez eux, notamment chez leur caviste. Bourgognes d’appellation régionale, communale, grand cru et premier cru, mais aussi AOC du vignoble de Chablis, feront l’objet de centaines d’animations et rencontres répertoriées sur un site dédié dont la mise à jour se fait en temps réel, c’est par .

*En charge de la défense des intérêts des vins de Bourgogne et de leur promotion en France et dans le monde, le BIVB représente 3 850 domaines viticoles, 300 maisons de négoce et 17 caves coopératives.

Château d’Escurac, médoc 2003

LE VIN
Cet ancien vainqueur de la coupe des crus bourgeois trouve ici un millésime où il peut donner toute sa mesure. Ample en attaque, il montre une grande plénitude en bouche tout en ne se départissant pas de cette fraîcheur épicée finale qui fait tout son charme.

LE DOMAINE

Un médoc régulier et équilibré avec un très bon rapport qualité-prix, sur lequel veille son vigneron discret, Jean-Marc Landureau, depuis 1989.

Gérard Bertrand, le bio-man du Languedoc

Sa haute stature et son air détendu très sudiste pourraient laisser croire à de la nonchalance. Mais non. Il est clair, net et précis autant qu’il est possible. Il s’y applique, soucieux qu’il est de convaincre et de transmettre une sorte de message. Gérard Bertrand est un passionné et un « partageux ». Son implication de longue date dans une viticulture la plus propre possible ne constitue pas un axe de communication, c’est plus personnel. Pour autant, il n’invoque pas la conservation de la planète de ses enfants ou, a contrario, les obligations faites par le grand commerce global. Non, du bio et de la bio-dynamie, il expose…

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Haut-Bailly, patrimoine vivant

Décerné par l‘Etat et distinguant « les entreprises françaises dont les savoir-faire artisanaux et industriels constituent un patrimoine culturel », le label Entreprise du patrimoine vivant est obtenu à l’issue d’un rigoureux processus de sélection mené par l’Institut supérieur des métiers (ISM).

Premier à Bordeaux à rejoindre les rangs de ces pépites qui forment « la vitrine des savoir-faire français », ce sont les mots d’Alexis Govciyan, le directeur de l’ISM, le château Haut-Bailly vient ainsi de voir reconnus le soin apporté à « la culture et la vinification de vignes centenaires où se côtoient six cépages différents » et sa démarche continue de recherche et d’innovation pour conserver cet héritage.

Désormais placé sous le signe de l’excellence française (aux côtés des maisons Hermès, Bernardaud ou encore Bollinger, entre autres), ce patrimoine sera accessible au public « à l’heure où vendanges et fermentations battent leur plein », le grand cru classé de Graves ouvrant les portes de son chai dans le cadre des « Journées des savoir-faire d’excellence » organisées par l’ISM les 14 et 15 octobre prochains.


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Mas de Daumas-Gassac, rouge 2009

LE VIN : Nez d’une grande fraîcheur avec encore des accents de fruits noirs et d’épices et une touche de menthe sauvage. La bouche se révèle d’une étonnante jeunesse, elle s’est épurée et le tannin possède du style et de l’éclat. C’est déjà très bon mais ce vin pourra se garder au moins deux décennies.

LE DOMAINE :

On a beaucoup écrit sur le mas de Daumas-Gassac. Aimé Guibert (qui vient de disparaître, au printemps 2016) a su identifier, sur Aniane, des terroirs qualitatifs aptes à porter un cabernet-sauvignon non autorisé par les appellations locales. En blanc, il a également choisi de vinifier un assemblage de chardonnay, de viognier et de petit manseng qui lui interdisait l’accès à l’appellation. Son domaine produit donc un rouge et un blanc en IGP de l’Hérault, qu’il a su imposer à un niveau de prix inconnu dans cette catégorie. Le blanc reçoit un élevage en cuve inox alors que le rouge est partiellement élevé en barrique. La gamme est complétée par des igp agréables, conçues pour être bus rapidement.

Magnums aux enchères

Estimé entre 7 800 et 8 100 euros, le lot de trois magnums de Petrus 1995 en photo ci-dessus a été adjugé 10 400 euros lors de la vente aux enchères organisée par la maison Artcurial jeudi et vendredi derniers. Celle-ci portait sur 3 700 flacons, dont l’essentiel provenait d’une même cave privée, et 84 % des lots ont été vendus. Un double-magnum de Petrus 1979, « format très rare sur le marché », a également été acquis pour 4 700 euros (estimation 3 700-3 900 euros).

Parmi les étiquettes qui ont suscité un vif intérêt auprès des acquéreurs, un lot de six bouteilles de Château Latour 2009 a été adjugé 5 600 euros (estimation : 4 500-4 600 euros) et un lot de trois magnums de Château Lafite Rothschild 2010 a été acquis pour 4 500 euros (estimation : 3 900-4 100 euros). La maison note également le succès des chateauneuf-du-pape d’Henri Bonneau, parmi lesquels était proposé un magnum de 2006, qui ont doublé leur estimation.

Commentant l’engouement suscité par cette vente de rentrée dont le résultat est de 423 726 euros, Laurie Matheson et Luc Dabadie, en charge du département Vins fins & Spiritueux d’Artcurial, estiment que la dispersion d’un importante cave contenant une grande diversité de vins « correspond à l’attente des enchérisseurs français et étrangers. » Prochain rendez-vous les 27 et 28 septembre.

Porto célèbre ses vins fortifiés

260 ans, ça se fête. Au nord du Portugal, Porto a célébré ses vins en grande pompe au cours du Port Wine Day, le 10 septembre dernier.

Par Christelle Zamora

Âgée de 260 ans, la dénomination de la région de production du Douro n’est pas une vieille dame pour autant. Elle a pour élixir des vins fortifiés, c’est-à-dire des vins auxquels de l’alcool a été ajouté en cours de fermentation, une pratique très présente dans le bassin méditerranéen, parmi les plus appréciés au monde. Et il faut bien reconnaître que certains portos ignorent, parfois au-delà de 100 ans, l’outrage de l’âge. Preuve en a été donnée par le spécialiste Bento Amaral, du service des agréments de l’Institut des vins du Douro et de Porto (IVDP), avec une dégustation de quatorze portos rares parmi lesquels une série de colheita de 1938, 1952, 1963, 1968 signés Adresen, Niepoort, Kopke et une autre de vintage 1935, 1952, 1983, 1996 issus des maisons Ramos Pinto, Quinta do Noval, Vintage Port, Ferreira…

Outre la création d’une carafe à décanter par l’architecte Alvaro Siza, ce vénérable anniversaire a évidemment donné lieu à un dîner, inauguré par Luís Capoulas Santos, ministre de l’Agriculture, avec 200 invités triés sur le volet. Les plus jeunes ont aussi été invités à la fête, dix-huit Port Wine Sunset Party et Garden Party ayant été organisées par les grandes firmes. Chez Churchill’s, une expérience sensorielle a mêlé musique électronique, projection et dégustation de portos tawny. Différentes dégustations ont également permis d’apprécier les vins rouges secs du Douro dans leur diversité. Manuel de Novaes Cabral, l’actuel président de l’IVDP, s’est déclaré très satisfait de cet événement et entend renouveler l’expérience le 10 septembre 2017 à Porto et dans la région du Douro. On a hâte !