Le salon de Nicolas
Le premier réseau de cavistes de France (494 boutiques, 1 200 réferences) organise le 24 mars à Paris la première édition d’un salon de dégustation et de vente de grands vins baptisé « Les Vinissimes » auquel il ne sera possible d’assister qu’en ayant préalablement réservé sa place sur le site dédié, cliquer là (tarifs : 120 euros de 11 h à 15 h et 150 euros de 16 h à 21 h, frais rétrocédés en cas d’achat sur place pour un montant supérieur ou égal).
Si l’amateur pourra se faire une idée de l’intérêt de l’événement en se référant directement à la liste des exposants, une collection de belles étiquettes allant de A comme Angélus à Y comme Yquem à découvrir ici, précisons que l’idée de Nicolas est de donner à ses clients l’occasion de découvrir des bouteilles « généralement inaccessibles » et d’échanger avec les propriétaires des châteaux et domaines qui les produisent.
Une sélection de 500 vins sera disponible à la vente sur catalogue et un espace « vins de légende » sera réservé aux crus classés de Bordeaux ainsi qu’à des raretés issues d’autres régions (l’entrée coûte alors le double). En tout, 56 millésimes seront de la partie, « dont les légendaires 1945 et 1961 » et quelques raretés (1875, 1890, 1895, 1900, 1910, 1914). Plus de renseignements et inscription ici.
Quand l’assemblage est une fête
Pour célébrer trente ans de partenariat avec les Pays-Bas, la société d’importation DGS Wijn ayant misé très tôt sur les vins de l’AOC saint-mont, les vignerons de cette appellation du Sud-Ouest nichée sur les premiers coteaux du piémont pyrénéen étaient à Gouda en début de semaine pour réaliser les assemblages uniques de leur « vin icône », produit chaque année en édition limitée (20 000 bouteilles pour Le Faîte rouge, 10 000 pour Le Faîte blanc) et doté de flacons cachetés de cire et habillés d’une étiquette en bois, coutume datant d’un temps où les vins étaient conservés sous terre dans de l’argile.
L’événement s’est tenu en présence de deux ambassadeurs très impliqués, Pim Nolen, fondateur et ancien directeur de DGS Wijn, et André Dubosc, ingénieur agronome et œnologue à l’origine de la renaissance de l’appellation (notamment via la replantation de cépages locaux) et de la création de Plaimont Producteurs. Une centaine d’invités, restaurateurs, cavistes et distributeurs, étaient présents et Olivier Bourdet-Pees, actuel directeur de ce regroupement de caves fondé en 1979, a souligné combien « les vignerons étaient fiers de partager ce nouvel assemblage avec leurs partenaires-clés » et l’importance d’être à l’écoute de ceux qui défendent les vins de l’appellation « en Europe et au-delà. »
Les deux parrains de cette édition 2016 ont salué « une dégustation passionnante, bataillée, et des millésimes prometteurs. » Reflets du « patrimoine ampélographique » caractéristique de cette AOC, cinq assemblages ont été présentés dans chacune des deux couleurs. Côté rouge, le jury a retenu un saint-mont « au nez de fruits noirs mûrs et de cassis, évoluant sur des notes réglissées et épicées » auquel ils ont prédit « un beau potentiel d’élevage » (75 % tannat, 15 % pinenc, 10 % cabernet-sauvignon) et pour le blanc, un échantillon présentant « une bouche pleine, un fruit gourmand d’écorces d’agrumes, rehaussé par une fraîcheur caractéristique et une pointe d’amertume en fin de bouche, qui lui confèrent un côté salivant et allongent sa finale » (80 % gros manseng, 10 % petit courbu, 10 % arrufiac).
Rendez-vous en 2017
En attendant la 19e édition de Vinexpo Bordeaux, qui se tiendra désormais sur quatre jours et non plus cinq et réunira 2 400 exposants et 48 000 acheteurs venus de 135 pays du dimanche 18 au mercredi 21 juin 2017, le salon international créé en 1981 à destination des professionnels des vins et des spiritueux déroulera deux éditions « overseas » en 2016. Vinexpo Hong Kong se tiendra du 24 au 26 mai et Vinexpo Tokyo, les 15 et 16 novembre.
Soutard 1916, un goût de souvenirs
D’un passage dans le nouveau château Soutard à Saint-Émilion, j’ai retenu quelques bonnes leçons à méditer, particulièrement sur la capacité d’un terroir à se relever de tout. Mais ce n’est pas ce qui m’amène.
Nous étions convoqué par Bertrand de Villaine, le patron de Soutard, pour goûter une verticale de 34 millésimes entre 1916 et 1986. Parmi lesquels, nous attendaient quelques très grandes bouteilles, un magnum de 1947, par exemple, et d’autres encore. Il y avait là quelques fines lames de la dégustation, dont Thierry Desseauve. Intelligemment, nous avons remonté le siècle en partant du plus ancien, 1916…
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La constitution du Domaine de l’Arlot
A la fin du XVIIIème, Jean-Charles Vienot, héritier d’une grande famille bourguignonne fait l’acquisition d’une maison et de vignes dans le village de Prémeaux. Il construit des murs autour du domaine et crée ainsi le Clos de l’Arlot. En 1891, la propriété est achetée par un négociant en vins, Jules Belin qui s’offre le Clos des Forêts Saint-Georges et le Clos du Chapeau. Ces trois terroirs réunis forment le domaine de l’Arlot racheté par Axa Millésimes, au début de l’année 1987. La propriété s’agrandit alors sur Vosne Romanée avec de belles parcelles en Suchots 1er Cru et Romanée-Saint-Vivant, Grand Cru.
Le Clos des Forêts sous la protection
de Saint-Georges
Le Clos des Forêts Saint-Georges est un monopole de 7,20 hectares situé au sud de l’appellation Nuits-Saint-Georges à la sortie du village de Premeaux, lorsqu’on vient de Beaune. Le toponyme vient naturellement de la présence de bois sur ce coteau qui est désormais couvert de rangs de vignes. Le « Saint-Georges » a vraisemblablement été rajouté dans les années 1930 pour des raisons commerciales, puisque le célèbre climat qui donne son nom à l’appellation n’est séparé du Clos des Forêts que par le premier cru « Les Didiers ».
Un terroir unique
Le terroir du Clos des Forêts se divise en trois : sa partie haute se situe sur des sols d’oolithes blanches calcaires avec très peu de terre et un sol peu profond. Un autre élément du cru se trouve sur le calcaire de Ladoix ; la roche mère y est plus profonde en argile, il existe alors une plus grande épaisseur de sol. Des failles passent par le milieu. La portion la plus argileuse se localise sur le bas de coteau.
Une agriculture soignée
Avec des pratiques bio depuis 2000 et une certification AB en 2014, le domaine a initié la biodynamie en 2003, pratique aujourd’hui étendue à l’ensemble de la propriété. Cette initiative semble la meilleure pour exprimer l’originalité de chaque climat. Palissé en vignes basses, ce premier cru opte pour 80 % de sélection massale, avec des porte-greffes adaptés à l’âge des parcelles et à la topographie des lieux. La taille Guyot à raison de 65 % et la taille en cordon pour 35 % s’effectuent selon les cycles de la lune. Ceux-ci déterminent également les préparations pour le sol à base de bouse de corne et de silice pour le matériel végétal. En période de végétation, les traitements sont complétés par des tisanes à base de plante.
Vendange entière et vinification spontanée
Les vendanges manuelles s’accompagnent de deux tries drastiques à la vigne et un à l’arrivée en cuverie où les fermentations démarrent naturellement. Elles s’effectuent grâce à des micro-organismes indigènes. Les vins sont soutirés après la fermentation malolactique. La vinification comporte une partie de vendange entière quand le millésime le permet, contribuant ainsi à l’élégance des vins et à leur complexité aromatique. Le travail en cave, soutirage, filtration et mise en bouteille se déroule en fonction du calendrier lunaire.
Durant les macérations, l’extraction est la plus délicate possible. Les pigeages s’effectuent manuellement et le nombre de remontages semble toujours très limité. Les vins sont mis en barrique durant 15 mois. Les bois choisis sont séchés entre 2 et 3 ans. Ils proviennent des forêts de chênes de la Région Parisienne et de Tronçay. Les chauffes, de très légères à légères, sont là pour préserver le goût du vin. Il n’y a pas de matraquage du bois puisque seulement 50% des fûts sont neufs. Un petit passage en cuve avant la mise en bouteille s’impose. Jusqu’en 2010, les vins n’étaient pas filtrés, depuis on procède à une légère filtration toute en douceur qui respecte le profil aromatique et structurel du vin.
Quatre directeurs techniques en huit ans
De 2003 à 2015, quatre directeurs se sont succédés à la tête de l’Arlot : Jean-Pierre Smet présent depuis 1987 a pris sa retraite en 2007 remplacé par Olivier Leriche. Parti sur un vignoble en Ardèche, celui-ci a transmis sur le millésime 2011 le témoin à Jacques Devauges. Ce dernier quitte le domaine à la fin de 2014 pour prendre en main les destinées du Clos de Tart. Depuis le millésime 2015, Géraldine Godot ex vinificatrice d’Alex Gambal dirige la manoeuvre. Cette instabilité à la tête du domaine pose une problématique : va t’on percevoir des changements dans le style des vins à travers la dégustation qui couvre les millésimes de 2003 à 2012 ?
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Domaine de Carpy : vendanger avant les sangliers
Il est aussi gérant du Domaine de Carpy, et nous conduit sur la presqu’île de Leucate, dont le plateau calcaire domine la mer. Les vendanges sont terminées depuis près d’un mois, après avoir commencé le 11 août, avec le muscat sec, pour finir le 29 septembre. A la main pour l’essentiel, dans ces petites parcelles peu accessibles, et de surcroît taillées en gobelet. Comme d’habitude, Rivesaltes a vendangé avant tout le monde… pour passer à la télé. Mais il faut surtout passer avant les sangliers, qui croquent les raisins dès qu’ils sont mûrs. Heureusement, les vignerons disposent d’autres indicateurs de maturité. Après analyse de leurs grappes, ils reçoivent un calendrier de vendanges actualisé en permanence. Le millésime 2015 s’annonce prometteur en Languedoc-Rousillon, avec 13,5 millions d’hectolitres attendus, soit 800 000 de plus que l’an dernier. “La région est marquée au fer rouge de la production, et il faut redonner aux vignerons le goût pour davantage de qualité”,
remarque Olivier Dauga, l’ancien joueur de rugby qui conseille Vinadeis depuis 2012. Non seulement, je dois identifier les parcelles qui ont le meilleur potentiel, mais aussi les hommes capables d’effectuer ce saut qualitatif”, ajoute le fondateur de Faiseur de vin. Christophe Jaulent, 49 ans, est sans conteste l’un d’entre eux. Cet ancien charcutier-traiteur a épousé une Leucatoise, ainsi que la cause viticole. “Entre les pins et les amandiers, les asperges sauvages et les pêchers, ce vignoble du plateau, c’est un peu mon bureau”, s’exclame-t-il, en parcourant une parcelle de grenache noir, le cépage dominant du Domaine de Carpy (40%). Le reste est constitué à parts égales de syrah, de carignan, et de mourvèdre. Un vin puissant qui se marie bien avec la sublime daube aux patates douces d’Anne Escalier, qui tient la chambre d’hôtes Zénaïde, à Roquefort des Corbières.
Thierry Dussard
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La chef*
Heureuse du maintien de son étoile Michelin, l’équipe du restaurant parisien Les Fables de La Fontaine annonce que cette récompense concerne tout particulièrement Julia Sedefdjian, ex-seconde passée chef à la réouverture des lieux en août dernier après quatre mois de travaux.
Agée de 21 ans, détentrice de deux CAP de cuisine et de pâtisserie, d’une médaille d’or au concours régional du Meilleur apprenti de France et passée par les cuisines de l’Aphrodite (Nice) avant d’intégrer celles des Fables en tant que commis en 2012, Julia Sedefdjian est désormais la plus jeune étoilée de France, record détenu jusqu’alors par Ludovic Turac, étoilé à 26 ans.
Elle est à l’origine de la nouvelle carte du restaurant, une « cuisine gastronomique teintée d’une générosité bistronomique » encouragée par David Brotteau, propriétaire de ces lieux créés par Christian Constant il y a plus de quinze ans. Ensemble, ils souhaitent toucher une clientèle « qui n’ose pas franchir la porte d’un restaurant étoilé, offrir des tarifs corrigés, sans rogner sur la qualité ni la créativité. »
D’Ecosse et de Provence
En 1988, lors d’un vol en hélicoptère, Andrew Wemyss a eu un coup de foudre pour un domaine varois situé à Pignans. Coup de chance, ce cru classé était alors en vente et l’écossaise famille s’est portée acquéreur. Directeur du domaine de Rimauresq depuis quinze ans, Pierre Duffort confie que les propriétaires se sont donné immédiatement les moyens de leur ambition. « Plutôt que de rénover l’ancienne cave, ils en ont construit une nouvelle, pour en faire l’une des plus modernes et des plus vastes du Var, avec des systèmes que tout le monde reprend encore aujourd’hui : groupes de froid, chai gravitaire à demi-enterré, réception qualitative, caillebotis ultra sécurisés… »
Passionnés par leur aventure provençale, les Wemyss n’en ont pas pour autant oublié leurs racines et c’est avec des méthodes ayant fait leurs preuves à Rimauresq qu’ils ont renoué avec les traditions écossaises. Embouteilleur indépendant et créateur de whiskies depuis 2005, la famille Wemyss a repris en décembre 2012 dans le comté de Fife, son berceau historique, une distillerie artisanale située à Kingsbarns, près du golf de St Andrews. « Quand il s’est impliqué dans le projet de Douglas Clement, un enfant du pays, ancien caddy sur le golf tout proche, William Wemyss lui a permis de changer de dimension », raconte Christophe Taberner, expert en whiskies au domaine de Rimauresq.
« Les bâtiments du XVIIe siècle, classés mais en voie de délabrement, abritaient une ferme pédagogique. Plutôt que d’y implanter une micro-distillerie, il y a financé une rénovation complète. Et les équipements qu’il y a installés ont permis d’augmenter la capacité de production tout en restant à une échelle artisanale. » Outre le fait d’exaucer ainsi le vœu des golfeurs du monde entier de pouvoir repartir du célèbre parcours écossais avec un whisky local, les Wemyss ont également mis en vente leurs single et blended malts au caveau de Rimauresq, aux côtés des cuvées « R » et Quintessence du domaine. Plus de renseignements en cliquant là.












