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Champagne sur-mesure

Déjà à l’origine de la cuvée des meilleurs ouvriers de France (MOF) sommeliers, la maison de Champagne menée par Carol Duval-Leroy (en lire plus ici) permet désormais à tout un chacun de vivre, de l’intérieur et de façon tout à fait personnelle, « ce moment unique » qu’est la création d’un champagne.

« Une cuvée sur-mesure, c’est un cadeau que j’aurais aimé recevoir », confie Carol Duval-Leroy qui a créé ce programme unique en son genre « pour faire plaisir. » Imaginée comme un travail d’orfèvre façonné sur la base de la noblesse des vignobles en premier et grand crus de Champagne de la maison, cette généreuse proposition autorise les grands amateurs à venir au domaine, à Vertus, « écouter le silence des caves, observer le travail des vignerons et apprendre les secrets de la vinification. »

Au cours de ce séjour dédié à l’histoire de la maison, à la découverte du travail de sa chef de cave, Sandrine Logette-Jardin, et à la rencontre des équipes travaillant au domaine, « les meilleures conditions sont réunies pour créer la plus belle des cuvées. » Trois pionniers s’y sont déjà essayé, les chefs Eric Frechon (Lazare, Paris) et Christophe Bacquié (hôtel du Castellet) et la sommelière Rachel Lefebvre (Octopus, Béziers).

Prosecco Superiore, épisode 3 : Son vrai visage


Prosecco Superiore, la terre originelle

Prosecco, des bulles légères et pas chères au bord de la rupture ? Peut-être, mais connaissez-vous le « Conelgliano Valdobbiadene Prosecco Superiore », érigé en 2009 en DOCG (une appellation plus stricte que la DOC, l’AOC italienne) ? A la vue de ce coquet vignoble aux pentes vertigineuses qui se nichent dans le contrefort des Dolomites, à quatre-vingts kilomètres de Venise, on comprend qu’il se passe quelque chose sous le bouchon. Découverte en cinq épisodes, toutes antennes dehors.


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Mille heures par an

Alors la DOCG se bat. Pour justifier le prix d’une bouteille, deux fois plus élevée que la DOC. « C’est bon, mais n’avez-vous pas un DOC ? », s’entendent dire les Nino Franco et Bisol dans leurs négociations commerciales. La DOC nargue même sa grande sœur. A la bourse de Trévise, le prix au litre de DOC a dépassé le prix du DOGC (2,60 à 2,70 euros contre 2,40 à 2,50 euros), tant la demande en DOC est forte et la pénurie guette. Un comble ! Les producteurs de DOCG, malgré leurs coûts de production dix fois plus élevée qu’en plaine, se voient contraints de déclasser leur vin.
En plaine, on utilise la machine à vendanger et le tracteur. En Prosecco Superiore, les pentes raides comme des murs accaparent les travailleurs entre 700 et 1 000 heures par an, à 8 euros de l’heure minimum. Le mode d’élaboration reste le même, de la cuve close et de l’ajout de sucre et de levures pour la seconde fermentation.
Rien n’empêche, en revanche, un DOC bien fait d’être de meilleure qualité qu’un DOCG mal fagoté, comme dans toutes les régions du monde.

Sous les pieds du glera

Crapahutons sur les collines et observons ce mystérieux glera qui feint d’avoir cent ans alors qu’il n’en a pas dix, et ses compagnons d’origine les perera, verdiso et bianchetta, autorisés à hauteur de 15 % avec le pinot, chardonnay et le glera lunga. Les vignes sont bien tenues, aux densités de 3 000 à 4 500 pieds hectare, taillées en Guyot (qui remplace la traditionnelle taille Sylvoz), largement enherbées. Peu de trace d’herbicide. Cuivre et soufre sont légion. Le pays des viticulteurs dans l’âme. En cave, c’est le règne de l’œnologie italienne, des machines hyper pointues, des filtres dernier cri, des cuves où l’on se mire, du matériel médical générateur d’ozone chez Adami pour stériliser les cuves ! Le tout géré par de grands professionnels, de la vigne au marketing, certains innovant de façon réjouissante, comme Marchiori (voir le site marchioriwines.com).
Les vins sont propres, lissés, même en DOCG, avec pour beaucoup d’entre eux, peu de surprise et de vibration pour l’amateur de sensations fortes. Des bulles fraîches, des vins faciles, légers, croquants, sans vice ni vertu, des vins pour fêter, des vins pour le table quand il s’agit de dry, à l’aise sur les paste, les rizotto et les tiramisus. Et surtout, des vins à sabler tout de suite.[/col][col width= »six »]
Une pyramide artificielle sur le papier annonce des « rive » ( 43 en tout ) des « crus » mettant en avant les différentes parcelles et altitudes. Mais la cuve close et le glera ne permettent pas de vraies variations gustatives. D’ailleurs, peu de producteurs les mettent en avant, chacun y allant de son propre cru, de sa propre sélection de vieilles vignes ou clos monopole, compliquant l’étiquette à souhait. Ou de sa propre marque.

Les bonnes trouvailles

Dans cette marée de vins agroalimentaires (dans le bon sens du terme, des vins bien élaborés grâce à une méthode assumée), il faut frapper aux bonnes portes et goûter les bonnes cuvées. Les Vecchie Viti de Ruggeri, les cuvées haut de gamme de Mionetto, les vins bourrés de caractère de Marchiori, le Bosco di Gica et le Col Credas d’Adami, la Cuvée del Fondatore brut de Valdo (six mois en autoclave), les délicieuses gammes de Le Vigne di Alice et de Sorelle Bronca… Des hommes et des femmes amoureux de leur terre, qui ajoutent un petit plus, montrent la voie et le potentiel de ces vins et peut-être aussi du terroir.
Le mode d’élaboration peut faire la différence. Les sœurs Bronca ajoutent pour la deuxième fermentation le jus de raisin conservé jusque-là en cuve réfrigérée, et du sucre de raisin, plus onéreux. Les mousseux gagnent en fraîcheur et en gourmandise.
Certains s’essaient à la méthode traditionnelle, parfois surprenante, d’autres, comme Bisol ou Villa Sandi, en ont fait un axe majeur de leur production, et les Col Fondo, fermentés en bouteille, apportent le petit peps nécessaire à une consommation de masse. Après quelques jours et de nombreuses visites, le prosecco parle. Il parle Superiore. Il nous parle d’un vignoble, d’un terroir, de professionnels à la pointe de la technologie, de cuvées qui méritent largement l’attention. Plus qu’un phénomène, en effet. Grazie, Giancarlo !

*Giuliano Bartolomiol, Dreaming of Prosecco, d’Ettore Gobbato, Veronelli Editore, 2009.


À LIRE > Épisode 1 : Retour sur les origines du « monstre »

> Épisode 2 : 2009, l’année charnière du Prosecco Superiore

> Épisode 4 : Les quatre forces économiques du prosecco


À SUIVRE > Bonus



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Qu'est-ce qu'on fait ce week-end ?

En Alsace, outre les animations organisées à Molsheim en marge de la 11e édition du très festif Marathon du vignoble (les découvrir ici), la cave de Ribeauvillé organise ce dimanche le troisième et dernier de ses « Œnogame », atelier ludique destiné à l’éveil des sens. Quiz, identification des saveurs et dégustation à l’aveugle dans des verres noirs sont au programme de ce 21 juin. Tarif : 8 euros par personne, sur inscription. Plus de renseignements en cliquant . On peut également s’inscrire dès à présent pour le 11e « Rallye des grands crus » qui aura lieu dimanche prochain, 9 kilomètres dans le vignoble au départ de la cave. Tarif : 20 euros par personne, plus d’infos ici.

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La 4e édition du « Trail de Sancerre » organisé par la Maison des sancerre, les vignerons du Sancerrois et Sancerre Running avec différents partenaires se tiendra demain sur deux parcours alliant beauté des paysages et passages techniques (ils ne sont pas visibles en ligne, leurs tracés étant essentiellement constitués de chemins privés). Cette année, 2 000 coureurs sont attendus sur les 15 kilomètres de sous-bois, vignes et vues sur la Loire de la « Fillette » et les 35 kilomètres de la « Magnum », qui inclut des passages dans les caves et fait partie du Trail Tour National 2015. Seule course à proposer des inscriptions le jour-même, celle des « P’tits Vitis » est réservée aux enfants de 7 à 13 ans. Après avoir couru 900 mètres au cœur du village de Sancerre, ils franchiront le même ligne d’arrivée que leurs aînés. Nombre de dossards limités, plus de renseignements .


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Artiste sud-africain de 32 ans, 
Luc de Muelenaere est installé en France, et plus précisément en Dordogne, depuis 2007. Cette proximité avec les vignes a inspiré son travail et notamment la trentaine de ses sculptures réalisées à partir de bouteilles de vin fondues – par exemple, un Prince charmant de deux mètres de haut – qui sont exposées depuis quelques jours dans la salle de réception et les chais du château Marquis de Terme (Margaux). L’exposition « Uni Verre » est visible jusqu’au 3 juillet, sur rendez-vous (Tél. : 05 57 88 30 01).

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La promenade gourmande organisée chaque année par la Fédération des vignerons indépendants de Saône et Loire partira ce dimanche de Buxy pour huit kilomètres d’un parcours ludique et musical réunissant amateurs et vignerons autour de la découverte de l’appellation montagny et de ses vins (plus d’information sur ce cru de la côte chalonnaise en cliquant ici ). « Vins et gourmands en promenade », uniquement sur réservation au 03 85 27 91 99.

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Et bien sûr, on n’oublie pas la fête des pères. Les cadeaux, c’est par ici.

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Œnovidéo 2015, les prix


Le palmarès de la 22e édition du festival international de films sur la vigne et le vin, qui s’est déroulée à Cluny du 11 au 14 juin, sous le patronage de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) et de la chaire Unesco Culture et traditions du vin, a distingué quatorze films sur les trente-deux, venus de treize pays, qui étaient en compétition cette année. Parmi eux, c’est A la source du vin de Philippe Gasnier (Girelle Production), un film racontant « une formidable aventure humaine de vignerons » en Georgie, qui a obtenu le Grand prix Œnovidéo à l’unanimité du jury. Avec des récompenses attribuées à des réalisations australiennes, américaines, belges, espagnoles, françaises, géorgiennes, mexicaines et suisses, le palmarès de cette édition 2015 (à découvrir ici dans son intégralité) confirme le caractère international du festival.

Prix du meilleur long-métrage :
Vendanges, de Paul Lacoste (Production Everybody on Deck)

Prix du meilleur scénario :
La colère des raisins, de Romain Decelle (Production La Baraque à Films)

Prix du court métrage :
Les chineurs de vins, de Maxime Granata et Renaud, marchand de vins, de Thomas Rault

Prix du public, décerné par la ville de Cluny :
Insecticide mon amour, de Guillaume Bodin (Dahu Production)

Prix du meilleur film destiné aux professionnels :
Chasselas forever, de Florian Burion (Octuor Films production). 

Ce film a également reçu les prix Paysages et environnement et Science et culture.

Une nouvelle table en Médoc

La terrasse ouvrant sur le parc du château d’Agassac sert désormais de cadre à un restaurant dirigé par le sommelier Giovanni Curcio. Outre le très beau décor en photo ci-dessus, des douves, des cygnes et quatre tourelles dont les toits d’ardoise « marquent l’entrée du Médoc viticole », cette propriété dont la gamme de six vins « justifie à elle seule l’ouverture de La Table d’Agassac » souhaite offrir aux amateurs un restaurant dont l’identité se fonde d’abord sur le vin. A la tête de ce domaine de 43 hectares depuis 1997, date de son rachat par Groupama, Jean-Luc Zell tient à ce que le vin constitue le « centre de la proposition gastronomique », essentiellement basée sur la mise en valeur des produits du marché du jour.

Arrivé en France par la grande porte (L’Arpège d’Alain Passart), le napolitain Giovanni Curcio était depuis 2013 le chef sommelier d’Il Vino, le restaurant parisien créé par Enrico Bernardo (Meilleur sommelier du monde 2004). Au moment de prendre ses fonctions à La Table d’Agassac, il s’est adjoint les talents d’un chef consultant, Anthony Genovese (Il Pagliaccio**, à Rome), et du chef cuisinier Jacopo Bracchi. « Sur la base d’accords mets et vins que Giovanni Curcio travaille avec sa sensibilité de sommelier, les propositions de vin au verre accompagneront les menus quotidiens. La carte des vins sera basée sur des fidélités à des producteurs français et étrangers, et bien sûr aux vins d’Agassac. Chacun sera représenté par plusieurs étiquettes et plusieurs millésimes. »

Cette nouvelle adresse dont la fourchette de prix se situe entre 17 et 25 euros à l’heure du déjeuner est ouverte tous les jours sauf le dimanche soir. Plus de renseignements et réservation ici.

La terrasse de la Table d'Agassac, ©Guy Charneau
La terrasse de La Table d’Agassac, ©Guy Charneau

Napoléon x Napoléon

Avec la photo ci-dessous, prise vendredi dernier lors des répétitions des commémorations de la bataille de Waterloo, la maison de Champagne Napoléon souhaitait faire « un clin d’oeil à l’histoire », son destin et celui de l’empereur étant scellés depuis que la marque a été déposée, en 1906 (voir la publicité ci-dessus, toute l’histoire est racontée ici). Si l’année 2015 marque le bicentenaire du retour en France de Napoléon et de la période des Cent-Jours, c’est aussi celui de son exil sur l’île de Sainte-Hélène.

De nombreuses manifestations dans toute l’Europe doivent marquer ces différents anniversaires et la maison, installée à Vertus au début du XIXe siècle et devenue en 1950 la propriété de huit familles de vignerons, s’est associée à ces festivités. Sur la base de 120 hectares cette marque champenoise produit 50 000 bouteilles par an (Brut Tradition, 29,90 euros, Brut Blanc de Blancs, 34 euros et Brut Rosé, 34,95 euros) et exporte 60 % de cette production, notamment en Belgique et au Japon.


Les grognards buvaient-ils du champagne ?
Les grognards buvaient-ils du champagne ?

Le Prosecco Superiore, épisode 2 : 2009, l’année charnière


Prosecco Superiore, la terre originelle

Prosecco, des bulles légères et pas chères au bord de la rupture ? Peut-être, mais connaissez-vous le « Conelgliano Valdobbiadene Prosecco Superiore », érigé en 2009 en DOCG (une appellation plus stricte que la DOC, l’AOC italienne) ? A la vue de ce coquet vignoble aux pentes vertigineuses qui se nichent dans le contrefort des Dolomites, à quatre-vingts kilomètres de Venise, on comprend qu’il se passe quelque chose sous le bouchon. Découverte en cinq épisodes, toutes antennes dehors.


Giuliano Bertolomiol revendique le premier effervescent à base du cépage prosecco, en 1960*. Les années 80 lancèrent la mode, les années 90 la confirmèrent. Les ventes s’envolèrent. La région pourtant bien pauvre à une époque – guerres, épidémies et exode de la population vers des lieux plus lucratifs se chargeant de l’appauvrir – s’enrichit soudain, et s’industrialisa à outrance. Le vignoble glissa dans les plaines, entre agriculture intensive et zones industrielles. Entre plages et piémont, il faut aujourd’hui une heure trente pour parcourir soixante kilomètres tant les ronds-points se succèdent et les camions encombrent les routes.

De la DOC à la DOCG, du prosecco au glera…

Pour freiner l’hérésie et crier leur avidité de reconnaissance, les producteurs érigèrent leur DOC (Denominazioni di Origine Controllata, l’AOC italienne) en DOCG (Denominazioni di Origine Controllata e Garantita) aux conditions plus strictes et aux délimitations serrées, garantissant théoriquement une meilleure qualité. Elle fut entérinée le 1er avril 2010 : 6 100 hectares autour de Conegliano et Valdobbiadene, incluant une quinzaine de communes (6 586 ha depuis). Réputée pour son école d’œnologie Cerletti (la plus ancienne d’Italie créée en 1876), Conegliano est aussi la ville de Carpenè Malvolti, initiateur du prosecco. Valdobbiadene, village niché dans les collines, héberge les trois quarts des producteurs de Prosecco Superiore DOCG. Une appellation à taille humaine, avec des règles définies, des contrôles jusqu’à la numérotation de la bouteille, un Consorzio pour la promotion et un Sistema Prosecco, bureau de défense qui se charge de défendre le nom prosecco et de chasser les contrefaçons (un travail commun à la DOC et à la DOCG).

Rebaptiser le cépage fut l’urgence absolue : le prosecco s’appelle désormais glera, de son nom d’origine, pour éviter aux sans scrupules de produire du prosecco et de l’inscrire sur l’étiquette, comme chardonnay ou cabernet.

…au raz-de-marée mondial

Des changements nécessaires. Mais six ans après sa création, la Prosecco Superiore DOGC tousse. En érigeant la DOC d’origine (la Prosecco DOC fut créée en 1969) en DOCG, l’IGT Prosecco (Indicazione Geografica Tipica, notre Indication Géographique Protégée) fut tirée vers le haut et transformée à son tour en DOC. C’est elle qui créa la marée mondiale et s’étira sur toute la plaine du nord de l’Italie.
Depuis 2009, la DOC comprend donc 20 000 hectares répartis dans neuf provinces de la Vénétie et du Frioul, et produit 300 millions de bouteilles en faisant cracher la vigne, le glera grossissant à une vitesse record et produisant jusqu’à 20 tonnes à l’hectare. « Il fallait rayer la DOC », fulminent certains. En rebaptisant le cépage glera, les gros faiseurs seraient sortis du jeu du prosecco, ne pouvant plus l’indiquer sur une étiquette d’IGT. Eliminer les gros faiseurs, les Martini et autres ? Inimaginable ! Martini qui, soit dit en passant, continue d’embouteiller dans le Piémont comme Santa Margherita et Canella…

*Giuliano Bartolomiol, Dreaming of Prosecco, d’Ettore Gobbato, Veronelli Editore, 2009.

 

À LIRE > Épisode 1 : Retour sur les origines du « monstre »> Épisode 3 : Le vrai visage du Prosecco Superiore> Épisode 4 : Les quatre forces économiques du prosecco

 

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C'est la fête des pères


Oui, c’est aussi la fête de la musique. Et l’été. Quel dimanche.
Cépages oubliés, parcelles de vignes, cognacs, whiskies, champagnes,
voici de quoi faire plaisir à l’amateur en le prenant au sérieux.


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Prosecco Superiore, épisode 1 : retour sur les origines du « monstre »


Prosecco Superiore, la terre originelle

Prosecco, des bulles légères et pas chères au bord de la rupture ? Peut-être, mais connaissez-vous le « Conelgliano Valdobbiadene Prosecco Superiore », érigé en 2009 en DOCG (une appellation plus stricte que la DOC, l’AOC italienne) ? A la vue de ce coquet vignoble aux pentes vertigineuses qui se nichent dans le contrefort des Dolomites, à quatre-vingts kilomètres de Venise, on comprend qu’il se passe quelque chose sous le bouchon. Découverte en cinq épisodes, toutes antennes dehors.


prosecco-map« Le prosecco est un phénomène », constate avec tristesse Giancarlo Vettorello. Cet italien pure souche me quitte en cette matinée de mai avec ce cri du cœur. Il espère que je vais les aider, comme tous les journalistes qui grouillent dans la région, à changer l’image de ce monstre qui a trop grossi ces dernières années. Il en est malade, le monstre. Il crache des bulles, envahit les gondoles allemandes, australiennes, brésiliennes, américaines, des faux, des vrais, des secco, des progecco, des piusecco, des trisecco… Le nord de l’Italie s’est mis à genoux pour servir ce marché lucratif : plantation de vignes à gogo, ventes de propriétés aux Américains pour un sourcing (approvisionnement) assuré. En cinq ans, ce mousseux italien a doublé de volume pour atteindre 306 millions de bouteilles vendues, plus qu’en Champagne.

« C’est ancré, c’est notre terre. »

Mais les excès ont des limites. Le millésime 2014 riquiqui (demi-récolte) doublé d’une demande en hausse de 20 % entraîne une rupture de stock et une probable pénurie pour cet été, extrêmement dangereuse pour l’édifice italien. Et oui, facile de rafler les consommateurs avides de bulles à bas prix, entre 2 et 5 euros la bouteille en magasin ! Autre secret de ce succès populaire : le Spritz, un cocktail mariant Campari ou Apérol et prosecco, siroté par les jeunes et moins jeunes autour de Venise et dans toute l’Italie, et maintenant en France. Sans oublier le Bellini, autre cocktail créé en 1948 au Harry’s Bar, à Venise, le péché mignon d’Ernest Hemingway à base… de pêche et vendu aujourd’hui à l’aéroport.
Pendant ce temps, « el cuore » du prosecco, lui, saigne. Les producteurs de la région d’origine, six mille hectares flanqués sur les collines escarpées du contrefort des Dolomites, n’avaient pas prévu ça.

« Notre vin a une origine. Il est issu d’un beau vignoble, vous avez vu ! Nous ne sommes pas qu’un phénomène », continue Giancarlo. Il tape sur son cœur avec son poing. « C’est ancré, c’est notre terre. » Lui, c’est le directeur du « Consorzio Tutela del Vino Conegliano Valdobbiadene Prosecco Superiore DOCG », l’interprofession basée à Solighetto, dans la Villa Brandolini.

La « viticultura eroica »

Sa terre, c’est la terre d’origine du prosecco, là où la vigne a toujours été cultivée, depuis les Romains. Celle où tout démarra en 1868 avec Carpenè Malvolti, initiateur du prosecco dans l’histoire avec la première mention « Prosecco di Conegliano » inscrite sur l’étiquette en 1924.
Sa terre, c’est un ravissant vignoble aux pentes incroyables, aux paysages de rêve qui tranchent avec l’image trop souvent insipide du mousseux, aux routes en lacets, aux clochers de charme. Ce sont aussi des maisons cossues à l’architecture plus européenne qu’italienne, transpirant la richesse récente, aux caves trop petites pour assimiler cette mode mondiale.
Sa terre est située au nord du large Piave, des monts autour de 500 mètres d’altitude, des pentes jusqu’à 70 % permettant de qualifier le vignoble de « viticultura eroica » (viticulture héroïque), des sols variés, moraines, conglomérats, argiles, marnes… Et un climat idoine qui ondule en fonction de l’exposition et de l’inclinaison du versant.

À LIRE > Épisode 2 : 2009, l’année charnière du Prosecco Superiore> Épisode 3 : Le vrai visage du Prosecco Superiore> Épisode 4 : Les quatre forces économiques du prosecco

 

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One night in Vosne-Romanée

À l’heure où chacun rejoignait Bordeaux, j’ai pris le train pour Dijon. J’allais en Bourgogne assister au dîner qui célèbre les deux siècles d’existence du domaine du comte Liger-Belair au château de Vosne-Romanée.
De vieux amis, des nouveaux, une réunion cosmopolite sous le joug des plaisirs bourguignons, mais en anglais. D’entrée, croiser Louis-Michel et Constance Liger-Belair, bien sûr et François Mauss et Jacques Perrin (clic), rencontrer Georges dos Santos, le caviste lyonnais de renommée inter-sidérale, Laurent Gotti, journaliste et fin connaisseur des climats. Faites un tour sur son blog, il a assisté à une dégustation verticale de la-romanée le matin même et nous raconte ça très bien…lire la suite sur le blog bonvivant