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Joseph Henriot, ses Enchanteleurs, ses beaunes et ses bateaux

Un soir de pluie, une paire d’amis, deux ou trois bouteilles, des choses à goûter, d’autres à boire. Commencer avec un petit champagne rosé assez bon, dans son honnêteté simple. Suivre avec ce magnifique simone blanc 06, peut-être encore un peu jeune pour donner tout ce que j’en attends, je tiens le simone blanc pour l’un des vingt grands blancs du monde. Le modèle d’après était un smith-haut-lafitte rouge 01 d’une absolue perfection dans son raffinement et la subtilité de ses arômes de truffe noire.
Après dîner, au lieu d’un sauternes de belle origine, nous avons choisi cette Cuvée des Enchanteleurs 96 des champagnes Henriot. Au-delà des qualités de ce vin fin et savoureux, l’idée était de célébrer la mémoire de Joseph Henriot, disparu lundi dernier. Évoquer son souvenir, c’est aussi se raconter encore une fois son parcours hors-norme, de Charles Heidsieck puis Veuve-Clicquot à l’établissement de son empire. Cette manière qu’il avait de croire d’abord en son étoile, cette capacité à être fort et à savoir dire non, par pure loyauté….lire la suite sur le blog bonvivant

Nez, tête et cœur.

Ce mardi, le club d’œnologie de l’Institut des sciences et des industries du vivant et de l’environnement (AgroParisTech) organise la première édition d’un concours de dégustation à l’aveugle dont sont partenaires, entre autres, la maison Ruinart et Bettane + Desseauve. Souhaitant tous travailler dans le monde du vin (leur école est la seule du réseau Paris Tech à proposer un cursus de spécialisation en viticulture et œnologie), les étudiants à l’origine de ce projet soulignent sa double visée pédagogique et scientifique autant que l’importance du caractère international de cette compétition.

Accueillies par Ruinart, les épreuves inaugurales se tiendront demain matin à Reims devant un jury présidé par le chef de cave de la Maison, Frédéric Panaïotis. Elles seront suivies d’une dégustation de champagnes Ruinart, d’une rencontre entre les différents participants et les membres du jury* au cours d’un déjeuner, d’une visite des caves de la Maison et d’une conférence scientifique. Une journée complète, en somme, qui reflète les ambitions de ce concours dont l’objet est d’apprécier les candidats non pas sur la reconnaissance cépage/millésime/domaine, mais sur leur capacité d’analyse olfactive, leur talent pour exprimer leurs émotions « d’un point de vue hédoniste » et leur savoir viti-vinicole, culture classique et connaissances scientifiques.

Fidèle à l’enseignement dispensé à AgroParisTech et à l’esprit de l’école, les créateurs du challenge « AgroVinoTech » souhaitent offrir aux candidats « un climat propice aux rencontres et aux échanges » et faire de ce rendez-vous annuel au sein de la maison Ruinart « un vecteur pérenne de développement des relations inter-écoles. » Aux neuf trios d’étudiants représentant AgroParisTech, HEC, l’ESSEC, Polytechnique, Normale sup, l’École nationale supérieure agronomique de Montpellier (SupAgro), Sciences Po, Dauphine et la britannique université d’Oxford, nous souhaitons bonne chance.



* le jury de cette première édition sera composé de Didier Ollé, professeur de viticulture (SupAgro Montpellier) et membre de l’Institut des hautes études de la vigne et du vin (IHEV), d’Angélique de Lencquesaing, co-fondatrice d’iDealWine (également partenaire de l’événement), Laurent Rosso, directeur général adjoint d’AgroParisTech et Guillaume Puzo, journaliste et critique chez Bettane + Dessauve et parrain du club d’œnologie d’AgroParisTech.

La dégustation de mardi prochain

On peut réserver dès à présent si l’on souhaite participer à la soirée dédiée aux vins du domaine Clusel-Roch (Ampuis) organisée le 12 mai par le caviste historique de la rue de la Banque (Paris 2e) dans le cadre de ses récurrentes « Dégustations du Mardi ». Héritage d’une longue lignée de vignerons, ce domaine depuis longtemps conduit en agriculture bio et constitué d’une dizaine d’hectares à Ampuis (AOC côte-rôtie), Condrieu et Millery (AOC coteaux-du-lyonnais) sera représenté pour l’occasion par Brigitte Roch. Cette dernière travaille avec son mari et son fils et elle dit de ce trio familial qu’ils sont tous « passionnément paysans, passionnément vignerons. » Cette rencontre autour de leur travail et de leurs vins débutera à 20 heures. 160 euros par personne, plus de renseignements et réservation au 01 42 60 07 12 et en cliquant ici.

Ci-dessus, Guillaume Clusel, Gilbert Clusel et Brigitte Roch, photo fournie par Legrand Filles et Fils.

Durfort-Vivens, margaux 2011


 

Durfort-Vivens, margaux 2011

LE VIN : Superbe nez floral, énergie dès l’attaque en bouche qui se révèle tonique ; le tannin est bien habillé, souple, mais plein avec de la chair et une réelle profondeur. La finale se révèle très précise.

17,5/20

ACHETER

LE DOMAINE : Dans les derniers millésimes, la progression du cru a été la plus spectaculaire de tout Margaux. La conversion du vignoble à la viticulture biodynamique et un parcellaire dispersé dans de nombreux quartiers complémentaires de l’appellation lui donnent un caractère inimitable. Gonzague Lurton et son équipe peuvent être fiers du travail accompli.

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Quand l'aveugle voit clair et juste

J’ai reçu récemment d’un vigneron de Chablis un petit mail m’avertissant de sa décision de ne pas présenter son vin à la dégustation comparative que nous organisons chaque année avec le bureau interprofessionnel pour le guide annuel Bettane +Desseauve et où il me donnait les raisons de sa décision. Il s’en est suivi un échange privé que je l’ai autorisé à envoyer à un blogueur de ses amis car le sujet était fort intéressant. Ce blogueur s’est révélé être Jacques Berthomeau, qui s’en est servi pour instrumentaliser ce débat au service de sa dénonciation du travail de la presse actuelle du vin et de sa volonté de creuser les oppositions entre celle-ci et le monde de la viticulture. On suivra sur son site les péripéties de la chose. Cette instrumentalisation n’est pas particulièrement sympathique, mais conforme à son droit et à sa liberté, comme les miens m’autorisent ici de revenir sur un sujet important et qui est au cœur du travail d’information, définition même de mon métier. Métier que mes collaborateurs et moi-même essayons chaque jour d’exercer dans le respect le plus strict des intérêts matériels et moraux du public. Le public comprend évidemment aussi les producteurs des vins qui sont l’objet de notre travail d’information et de critique. Or notre métier devient de plus en plus difficile à exercer avec équité, c’est-à-dire en donnant à tous une égalité de chance devant l’information et la notation.

Mes confrères, mes collaborateurs et moi-même constatons que de plus en plus de producteurs de vins célèbres ou moins célèbres, coûteux ou moins coûteux, remettent en cause le principe même de la dégustation comparative, et encore plus celle qui s’exerce à l’aveugle. Cela me rappelle le temps pas si lointain où la plupart des grandes maisons de Champagne avaient essayé à plusieurs reprises de faire taire les revues qui, à la suite des bancs d’essais agro-alimentaires inaugurés par le magazine Gault et Millau, organisaient des dégustations comparatives notées de leurs cuvées. Thierry Desseauve et moi-même en avions subi les menaces, comme les autres, à la Revue du Vin de France. L’argument de quelques patrons influents était le suivant : chaque cuvée obéissant à une philosophie d’élaboration différente ne pouvait être jugée et certainement pas notée de façon comparative. Et leur mérite évalué uniquement par le public, selon ses préférences de goût ou, bien entendu, vanté sans la moindre restriction par la communication publicitaire, dans une époque bien oubliée depuis, sans censure d’État. On peut mesurer les changements mentaux survenus en 25 ans dans les comportements de ces maisons au bénéfice de la liberté de la critique et de la prospérité du commerce.

Les motifs qui poussent aujourd’hui les viticulteurs à refuser de faire déguster leurs vins en dehors de chez eux et même parfois chez eux, sont assez divers, mais pas aussi éloignés les uns des autres qu’on pourrait le croire, ce qui est affirmé cachant bien entendu ce qui ne l’est pas…

suivre


Joseph Henriot nous a quittés

« La quantité n’a aucune importance à mes yeux. Je veux faire les meilleurs vins possibles sur les plus grands crus. » Joseph Henriot, qui vient de disparaitre, prononçait ces mots comme une profession de foi alors que nous lui remettions, il y a vingt ans, le titre d’Homme de l’Année. Il venait alors de reprendre en main, après un long passage à la tête de Veuve Clicquot (1987-1994) la direction de sa maison de champagne et, surtout, d’acquérir Bouchard Père et fils, belle endormie qu’il replaça immédiatement, et sans la moindre faute de carre, au premier rang des maisons bourguignonnes. L’œil vif et rieur, l’esprit perpétuellement aux aguets, Joseph Henriot a été certainement l’une des intelligences les plus brillantes qu’il nous ait été donné de rencontrer au cours de notre carrière. Sa clarté de vision s’associait logiquement à une grande confiance en ses moyens ; s’il savait écouter, il savait surtout décider, tranchant parfois dans le vif et non sans douleur pour ceux, fussent-ils très proches, qui se trouvaient sur sa route. Mais, alors que cet homme hors norme tire sa révérence, il faut applaudir l’œuvre extraordinaire du bâtisseur qu’il n’a cessé d’être. Au début de l’ère LVMH, comme Yves Bénard chez Moët, il a su permettre à Clicquot d’entrer en majesté dans la nouvelle ère du champagne, laissant par ailleurs en cadeau de départ le sauvignon néo-zélandais Cloudy Bay qui est devenu l’une des plus belles success story du groupe. Et en vingt ans, il a avec ses fils Stanislas, puis Thomas fait de son groupe familial – les champagnes Henriot, les chablis William Fèvre, les bourgognes Bouchard Père et fils, le beaujolais Villa Ponciago à Fleurie, les liqueurs Lejay-Lagoutte – un diadème d’un extraordinaire éclat. Chapeau bas, Joseph.
A ses fils Stanislas et Thomas, à l’ensemble de sa famille, l’équipe de Bettane+Desseauve adresse ses plus sincères condoléances.

Michel Bettane et Thierry Desseauve


Qu'est-ce qu'on fait ce week-end ?

Pendant trois jours, 88 châteaux des appellation saint-émilion, saint-émilion grand cru, lussac-saint-émilion et puisseguin-saint-émilion ouvrent les portes de leurs propriétés aux amateurs (les découvrir ici). Pour faciliter la balade dans ce territoire viticole inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco (pour en savoir plus, cliquer ), ils sont “classés” cette année selon quatre thèmes : « envies gourmandes », « découvertes du patrimoine architectural », « animations culturelles et ludiques » et « propriétés et traditions familiales ».

Au-delà de ces instructives visites au domaine, des séances d’initiation à la dégustation seront proposées à la Maison du vin de Saint-Emilion tous les jours à 11 h et 12 h 30, ainsi que des dégustation commentées de grands crus classés, à 15 h 30 et 17 h 30. Inscription sur place ou au 05 57 55 50 55. Enfin, un tirage au sort est organisé auquel on peut participer jusqu’à dimanche en cliquant ici. En jeu, autant de bouteilles qu’il y a de châteaux participant à l’événement, soit 88 (lot d’une valeur de 1 500 euros). Plus de renseignements et programme complet ici.




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En Bourgogne, la cave de Lugny organise ce week-end la 11e édition de son Prix des Charmes, concours artistique sur un thème imposé (mais les techniques sont libres) dont les visiteurs sont les juges. Après le comptage des votes, la Cave se fera mécène en se portant acquéreur de l’œuvre préférée du public. Au programme de ces journées figure également un atelier ludique et participatif sur l’art de la tonnellerie durant lequel les petits comme les grands pourront « s’essayer au maniement des cercles et du marteau » ainsi que la visite de la cave à fûts. Entrée libre, verre à dégustation sérigraphié offert à chaque visiteur et vins de la Cave proposés à un tarif préférentiel. Plus d’infos en cliquant ici.

A Savigny-lès-Beaune, samedi de 10 h à 18 h et dimanche de 10 h à 17 h, une quinzaine de vignerons proposeront aux visiteurs « dans la fraîcheur de leurs caves voûtées » des dégustations de savigny-lès-beaune, village et premiers crus, blancs et rouges, ainsi que de crémant de Bourgogne. Découverte du vignoble en Jeep, stands de spécialités régionales, manège et balade en poney pour les plus jeunes et animations musicales sont au programme de ce week-end de fête. Entrée + verre de dégustation, 4 euros.

Plus de renseignements sur le site dédié à l’événement, cliquer .

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Aux portes de Bordeaux, le château Haut-Bailly (grand cru classé de Graves) ouvre sa saison œntouristique 2015 avec trois rendez-vous. Si nous vous reparlerons de « L’Heure Rose », dégustation dédié au millésime 2014 du rosé du domaine, et de la relaxante « Respiration dans les vignes », signalons d’ores et déjà la tenue chaque samedi de mai d’une visite conjointe des châteaux Haut-Bailly et Carbonnieux. Précisément nommées « Les Bicolores », ces dégustations des rouges de l’un et des blancs de l’autre sont une occasion unique pour les amateurs de découvrir l’appellation pessac-léognan à travers deux de ses plus belles signatures.
Tarif : 18 euros par personne, sur réservation au 05 56 64 75 11.

Haut-Bailly

On termine en vous rappelant la tenue ce vendredi 1er mai de la première vente aux enchères des vins des coteaux de Saint-Prix, dont nous vous avions parlé .

Primeurs 2014, deux sorties finement jouées

Les Anglais sont ravis, c’est bien la preuve. Le château Mouton-Rothschild a sorti hier son premier grand cru classé à 282 euros HT. C’est le plus petit prix de tous les mouton-rothschild disponibles sur le marché aujourd’hui. On est donc bien dans la perspective de ce que devrait être la vente en primeurs, une bonne affaire pour le client. Ce qui explique l’enthousiasme des négociants britanniques. TheDrinksBusiness publie même un tableau qui montre les prix de chacun des millésimes qu’on peut trouver chez les plus huppés des cavistes londoniens, ce qui confirme l’intérêt de cette mise en marché…lire la suite sur le blog bonvivant

Un restaurant et quatre chambresà Saint-Emilion

Depuis l’été 2013, le Logis de la Cadène, l’un des plus anciens restaurants de Saint-Emilion, appartient à la famille de Bouärd (Château Angélus) qui a confié les fourneaux de cette institution à Alexandre Baumard, talentueux jeune chef qui a fait ses classes chez Paul Bocuse et Christophe Bacquié et qui est ici secondé par le non moins jeune et créatif chef pâtissier Damien Amilien. S’ils sont une très bonne raison de faire un détour par cette charmante maison datant du XVIIIe siècle nichée sur une place au cœur de la cité médiévale, les quatre chambres de l’établissement demandent de répondre à une invitation d’un autre ordre.

logiscadenesdb Baptisées 1782 (c’est l’année de la fondation d’Angélus), 1945, 1985 et 2012, dotées de vieux planchers restaurés, de meubles patinés et de belles salles de bain parées de carreaux de ciment, elles sont empreintes d’une « douceur feutrée » qui incite au farniente. Leur élégante atmosphère trouvera bientôt encore plus d’espace pour s’exprimer, cinq nouvelles chambres devant ouvrir au printemps prochain dans l’annexe du Logis.

Logis de la Cadène, réservation au 05 57 24 71 40 et en cliquant ici.

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Rencontres avec la terre

L’Expo universelle 2015 qui ouvre ce vendredi à Milan pour 184 jours est placée sous l’égide d’un nouveau concept « thématique, durable, technologique et centré sur le visiteur. » Les 130 pays participants accueilleront donc les 20 millions de visiteurs attendus (sur un site d’un million de mètres carrés) autour d’un même sujet : « Nourrir la planète, énergie pour la vie ». Si l’alimentation sera au cœur de parcours thématiques et « voyages à travers les saveurs et les traditions des peuples de la Terre », elle sera aussi au centre « d’approfondissements » et de débats autour des questions de la nourriture et des ressources de la planète.

Au Pavillon France, trente jeunes gens mobilisés par ce défi alimentaire mondial et engagés professionnellement ou dans leurs études dans différents secteurs agricoles et agro-alimentaires sont les ambassadeurs du message « produire et nourrir autrement » (basé sur les quatre piliers décrits ici). Parmi eux, se trouve un passionné de vin, Mickael Loreau, ancien président du club d’œnologie de l’ESSEC et fondateur de la start-up Vinizos, un site internet permettant littéralement aux amateurs de prendre rendez-vous avec le vin, qu’il s’agisse d’une rencontre à la propriété avec un vigneron ou de dégustation chez un caviste ou dans un bar à vin.

Comme d’autres sites axés sur l’œnotourisme, cette plate-forme créée en 2014 veut répondre aux besoins des quelques 10 millions de visiteurs (le chiffre date de 2010) qui poussent chaque année les portes des domaines viticoles. Il le fait d’une manière extrêmement simple, ludique et intuitive, donnant accès « en un clic » à des expériences œnologiques. « Avec Vinizos, je souhaite faciliter la rencontre entre les artisans du vin et leurs publics. La viticulture est un fleuron du terroir français, le vin un lien social et culturel » dit Mickaël Loreau, dont le champ d’action porte autant sur les vignobles de France que sur les villes où, aussi, « le vin vit toute l’année. »

©vinizos