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En direct de Fieuzal, chapitre 3


Léognan, le 8 octobre 2013.

« Si seulement vous pouviez sentir… Les premières cuves de merlot sont en fermentation. Nous avons fait un gros délestage ce matin sur deux cuves et nous avons tous été saisis par les arômes extraordinaires qui se dégageaient au cours du remontage. Essayez d’imaginer un mélange de cassis, de mûre, de groseille, de framboise. Peut-être même quelques notes de cacao. Vraiment très séduisant. Maintenant il faut préserver ces notes et ne pas vouloir trop extraire de nos raisins. Le travail des cuves à des températures raisonnables pour les merlots et les cabernets francs va aussi façonner nos vins. Pour tout avouer, après plus de dix ans à faire du vin rouge, je n’ai qu’une peur, celle de ne pas pouvoir extraire le meilleur de nos fruits. Toujours la même peur de manquer, même si l’expérience nous apprend à mieux gérer cela, à être beaucoup plus souple avec ses cuves. J’ai l’habitude de dire qu’il y a trois types de vin, celui que chacun peut faire (si, si, je vous l’assure), le vin que je fais et celui que j’espère un jour faire. Je crois sincèrement que chaque vinificateur a le même rêve, tirer la quintessence de ses raisins. »

Par Stephen Carrier, directeur technique de Château de Fieuzal

Bages, au beau temps des vendanges


Entre la Gironde et l’océan Atlantique, au cœur de la route des châteaux du Médoc, le village de Bages propose différentes expériences aux amateurs pour accompagner les vendanges à Lynch-Bages. Du 7 au 18 octobre, le Château Cordeillan-Bages (Relais & Châteaux) propose un menu contemporain élaboré par son chef Jean-Luc Rocha autour des produits représentatifs de la période des vendanges et de la région bordelaise. Pour s’accorder avec le Foie Gras « Bacchus » Dieu du vin, brioché aux raisins, le Rouget vendangeur, jus de réduction au vin de presse, la Caille Duplantier façon Ortolan, croustillant d’abattis et herbes fraîches et la Pomme et raisin, comme une Tatin, caramel beurre salé et réglisse, une suggestion de vins vous sera proposée (Menu Au Fil des Vendanges, 90 à 140 € par personne, réservation au 05 56 59 24 24).

Avant d’apprécier ce dîner, vous pourrez participer à l’un des deux parcours de découverte de Château Lynch-Bages. Au programme de ces deux approches, organisées sur rendez-vous par le Cercle Lynch-Bages, une visite guidée du domaine (cuvier, musée, chai à barriques, exposition d’art contemporain) suivie d’une rencontre avec les vendangeurs et d’une dégustation ou d’un plus «classique» cours d’initiation à la dégustation avec visite des plus belles parcelles de cabernet sauvignon de la propriété (26 à 105 € par personne, réservation au 05 56 73 19 31). Si l’expérience vous a plu, poussez un pas plus loin en découvrant les coulisses de l’élaboration d’un grand vin, toujours à Lynch-Bages, via l’atelier « vigneron apprenti » organisé par viniv. Réception du raisin, extraction, fermentation, dégustation des moûts fraîchement vendangés et dégustation parcellaire à la barrique du millésime 2012 en cours d’élevage sont au menu (45 € par personne, lundi, mercredi, vendredi, sur rendez-vous au 05 56 73 24 25).

On termine avec les soirées « Happy Bages » organisées au Café Lavinal, le bistro du village. Du lundi au samedi, de 18 h 30 à 20 h, trois domaines à découvrir autour d’une sélection de cinq tapas, jabugo, boudin noir, chèvre chaud roquette, foccacia, anchois mariné, effiloché de canard et câpres (24 € par personne, réservation au 05 57 75 00 09).

Un nouveau domaineRive droite






Dirigé par Thierry Budin, le groupe qui administre les propriétés viticoles du Crédit Agricole est implanté sur
460 hectares dans différents terroirs* et produit 2,7 millions de bouteilles par an. Aujourd’hui, CA Grands Crus poursuit son développement avec la constitution d’un vignoble de dix-sept hectares à Saint-Emilion, le Clos Saint-Vincent. Intégré dans le portefeuille de la maison en 2012, Clos Saint-Vincent exploitait historiquement cinq hectares de vignes en appellation saint-émilion grand cru. En 2013, le groupe a eu l’opportunité d’acquérir douze hectares supplémentaires qui ont permis de constituer un vignoble dont la diversité et la richesse des parcelles permettront d’élaborer un vin complexe au fort potentiel. La création de ce domaine, à proximité immédiate de Château Montbousquet permet à CA Grands Crus de s’implanter Rive Droite avec un projet ambitieux. C’est Hubert de Boüart qui en sera l’oenologue conseil.


A Bordeaux, les châteaux de Rayne Vigneau (1er grand cru classé, Sauternes), Grand-Puy Ducasse (grand cru classé, Pauillac), Meyney (Saint-Estèphe), La Tour de Mons (cru bourgeois, Margaux), Blaignan (cru bourgeois, Médoc) et le Clos Saint-Vincent (grand cru, Saint-Emilion). En Bourgogne, le château de Santenay, soit 97 hectares en appellations mercurey, aloxe corton, pommard, clos-de-vougeot grand cru, beaune 1er cru. En Vallée du Rhône, le château Saint-Louis la Perdrix (costières-de-nîmes).

Un wine trip Rive droite, ça vous dit ?



Vous êtes-vous déjà rendu à Angélus, Cheval Blanc, La Conseillante, Soutard ? Non ? Voici l’occasion rêvée.
Les 16 et 17 novembre prochains, nous vous proposons de visiter les plus grandes propriétés de la Rive droite en compagnie des experts de l’équipe bettane+desseauve.
Une fois parfaitement installé au luxueux Grand Hôtel de Bordeaux & Spa, ce wine trip vous emmènera
à Saint-Émilion où vous visiterez le Château Angélus, récent promu au rang de premier grand cru classé A, dont les travaux d’expansion et de modernisation se terminent. Le nouveau chai à l’ancienne et son carillon valent tous les détours. Après un déjeuner au Château Soutard, promenez-vous dans Saint-Émilion. Le village est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Déjà convaincu ? Attendez, ce n’est pas tout.
Direction Cheval Blanc pour un prestigieux programme de Master Class intitulé « Les vins de femmes ». Dix grands vins faits par dix grandes femmes dont les champagnes Laurent-Perrier, les alsaces du Domaine Weinbach,
les rhônes du Domaine Georges Vernay pour ne citer qu’eux.
La soirée se poursuit sur place avec un dîner de gala autour des grands vins de Cheval Blanc. Dimanche,
c’est Pomerol qui est à l’honneur avec une visite et un déjeuner au Château La Conseillante. Pour terminer ce week-end de rêve de la meilleure des façons, retournez une dernière fois à Saint-Émilion pour y découvrir les carrières souterraines du Château Villemaurine.
Avec un tel programme, inutile de réfléchir très longtemps. Cliquez vite ici, réservez et vous avez la chance de participer à un week-end de rêve au cœur d’un des plus célèbres vignobles du monde.
Dépêchez-vous, le nombre de places est, bien sûr, très limité. Programme et inscriptions.

Chouette, encore un nouveau champagne

Le graffeur André est un garçon vif. Il a des réflexes acquis sans doute à l’époque où il fallait savoir décamper quand il tagguait les murs de Paris avec ses petits dessins à la bombe de peinture et qu’arrivait la police. Et puis, le délicat et très démagogue Jack Lang ayant décidé que c’était un art, un street-art, André est devenu une vedette et maintenant, il signe avec son patronyme, plus seulement un prénom. Il s’appelle André Saraiva.
Fort de ce nouveau statut, il a vendu son talent ici et là, des œuvres ou des collaborations, on l’a même vu associé avec la famille Coste pour l’ouverture de l’Hôtel Amour, rue Clauzel à Paris, ex-quartier populaire devenu « SoPi », comprendre South Pigalle. C’est drôle, riez.
Voilà que ce garçon qui a le sens de ce qui va bien nous sort un champagne neuf. Moins de 5 000 bouteilles…lire la suite

Des grands vins dans des verres sales

Personne ne connaît le château Vignelaure, fleuron de la viticulture provençale. Pas un caviste parisien n’en vend. Les cavistes, si prompts pourtant à revendiquer leur différence, mais là, non. Pourquoi ? Mystère. Un seul restaurant le présente à sa carte des vins, le Jules-Verne. Les USA, le Nord-Europe, l’Asie s’en régalent, deux départements de la PACA aussi, bonnes ventes à Bordeaux et basta. C’est pourtant l’un des plus beaux vins rouges de Provence, un assemblage très réussi de syrah et de cabernet-sauvignon, deux cépages qui vont si bien ensemble et qui distinguent quelques-uns des meilleurs provences. Trévallon est un bon exemple, oui.

Vignelaure a été créé de toutes pièces par Georges Brunet, un ami des arts et des artistes, qui venait du château La Lagune dans le sud du Médoc. Les premiers millésimes, on en boit toujours, ont démontré les qualités de ce terroir de demi-altitude. Après un court passage à vide, le domaine a été repris fin…lire la suite

Le domaine Decelle-Villa

Si l’erreur existe, elle doit être réparée. C’est chose faite ici avec ce domaine qui a disparu du Guide Bettane & Desseauve, on ne sait pas pourquoi. Commentaires et notes.

Olivier Decelle (Château JeanFaure et Mas Amiel) et Pierre-Jean Villa (côte-rôtie, condrieu, saint-joseph) ont constitué une winery à la bourguignonne qui trace bien son chemin. Ils ont quelques hectares du côté de Savigny et ils achètent également des raisins. Ils ont confié la direction technique à Jean Lupatelli, un vinificateur de talent qui surveille et contrôle tous les approvisionnements avec une grande perspicacité. Les rouges 2011 de la Côte de Nuits offrent de belles perspectives et les blancs de la Côte de Beaune sont bien définis.

Rouges

Marsannay
Les Longeroies 2011
Délicieusement poivré, souple et à la fois persistant, très juste dans son expression du raisin. 15/20.

Nuits 2011
Nez sur la ronce avec une touche florale, bouche subtile dominée par des accents de rose, tanin souple et épicé. 15/20.

Nuits
Les Crots premier cru 2011
Plus en structure qu’en arôme, ce vin attaque tout en suavité puis le tanin se fait plus énergique et plus poivré. 16/20

Chambolle Musigny
Les Baudes 2011
Texture fine, tanin élégant, aromatique florale, tanin bien fixé avec ce qu’il faut de persistance et une finale aérienne. 15,5/20

Côte de Nuits Village
Aux Montagnes 2011
Vin solaire avec de la musculature et de accents épicés. C’est démonstratif et compact. 13,5/20.

Pommard
Les Épenots premier cru 2011
Attaque soyeuse, puis le vin gagne en densité, belle fraîcheur et ce qu’il faut de persistance. 15/20.

Savigny
Les Gollardes 2011
Belle réussite avec des accents floraux, une touche poivrée et un tanin qui s’étire de la meilleure des façons. 15/20.

Blancs

Savigny 2011
Finesse, fraîcheur et tension contribuent à l’équilibre de ce vin. 14,5/20.

Saint-Aubin
Sur Gamay 2011
Un blanc tout en tension et en élégance qui a de l’envergure. 14,5/20.

Puligny
Les Norois 2011
Ce village situé sous les Folatières est citronné à souhait et sa bouche est ciselée de façon harmonieuse. 15/20

Meursault 2011
Texture onctueuse en attaque, puis le vin prend de la tension, il offre des accents briochés avec une touche de biscotte en finale. 14,5/20.

Meursault
Les Vireuils 2011
On est tout persistance et en tension avec un bon potentiel et des accents noisetés en aromatique.

Denis Hervier

En direct de Fieuzal, suite


Léognan, le 5 octobre 2013.

« Et bien nous y voilà. C’est ma douzième vendange et je vais m’en rappeler. Nous avons fini de vendanger les blancs mercredi dernier et je dois vous avouer, sans juger de la qualité future de nos vins, que les raisins ont été de très belle qualité. Le « bémol » sera la quantité qui a chuté à cause de trois parcelles touchées par le gel du 27 avril dernier. Dommage, sans cela tout aurait été parfait aussi bien qualitativement que quantitativement. Les lots sont en pleine fermentation et nous devrions pouvoir avoir un premier aperçu en milieu de semaine prochaine. Nous avons débuté nos merlots à la suite des blancs mercredi après-midi et je ne vous cacherais pas que cette semaine a été très compliquée du fait d’une météo indigne. Mais les prévisions sont optimistes à compter de ce week-end. C’est indispensable pour nos cabernets sauvignons qui ont encore besoin d’une dizaine de jours ensoleillés. Les premiers merlots récoltés sont très jolis avec des équilibres plus « bordelais ». Les degrés voisins de 12,5° et des pH autour de 3,5-3,6. Je vais essayer de rechercher un peu de finesse sur ces fruits très intéressants à travailler. Ainsi, nous allons programmer de très légers remontages
à des températures de fermentation voisines de 25° C afin de ne pas trop brutaliser les peaux très fragiles.
»

Par Stephen Carrier, directeur technique de Château de Fieuzal

Qu'est-ce qu'on fait ce week-end ?



Après le succès de la première édition, les Muscadétours 2013 démarrent aujourd’hui pour trois jours.
Le lancement officiel de ce week-end d’automne dédié à la découvertes du pays du vignoble nantais aura
lieu ce soir sur le site viticole de la Cantrie à Saint-Fiacre-sur-Maine, en partenariat avec l’interprofession des vins du Val de Loire. Le programme de ces journées, à découvrir ici, se décline en plusieurs thèmes, gastronomie, patrimoine, sport et nature, culture, et découverte.

Le vignoble de Bergerac accueillera demain et après-demain des vendangeurs d’un jour. Le grand et
le petit public seront accueillis dans les vignes pour une expérience unique. Cueillette, utilisation du pressoir à l’ancienne, promenade ludique, ce dimanche sera tout spécialement réservé aux familles au domaine du Haut Montlong. Le tarif est de quinze euros par adulte et dix euros par enfant. Inscription ici.


Il est des classique dont on ne se lasse jamais. Par exemple, le début de l’automne et les belles balades qui vont avec. En Bourgogne, château de Pommard, son cépage, son grand vin, son musée dédié à la vigne et ses rendez-vous d’art contemporain, se découvre tous les jours, de 9 h 30 à 18 h 30. Tarif : 21 euros, visite, dégustation commentée et accès exposition. Pour bien apprécier la Champagne, le guide d’œnotourisme en ligne winechictravel vous recommande trois itinéraires, et un bel hôtel.

Marie le jour, Marie la nuit





Ce portrait de Marie Courselle, au long d’une journée de vendanges bordelaises à Château Thieuley, a été
écrit par sa sœur Sylvie, qui est aussi sa première fan (c’est elle qui le dit). Il raconte une journée type de vendanges, quand tout se passe bien. Quand tout ne se passe pas si bien, il paraît que c’est inracontable.
La récolte des raisins blancs dure 10 à 12 jours suivant les années, le climat et le reste. Celle des raisins rouges prend à peu près autant de temps.


« Généralement, pendant les vendanges de nos raisins blancs, son réveil sonne à 3 h du matin. L’équipe de nuit
au chai, c’est elle, et ce pour plusieurs raisons. D’abord, nos gars font assez d’heures pendant les vendanges
(et en plus les heures sup’ ne sont plus défiscalisées alors, mine de rien, on compte un peu). Ensuite, elle aime
la tranquillité du chai durant la nuit. Généralement, la machine commence à récolter vers 4 h. Sans trop entrer
dans les détails techniques, il faut que les raisins soient frais en température, donc on arrête souvent la récolte
à 10 h du matin. Mais en attendant les premières bennes, elle a du boulot. Elle doit mettre en route les pressoirs dans lesquels nos raisins de la veille ont macéré une vingtaine d’heures, surveiller le pressurage, gérer l’arrivée
de la vendange. Quand il n’y a pas un petit soutirage à faire… Bref, on a beau être au milieu de la nuit, pas une minute pour se rendormir.

La première équipe du chai arrive vers 6 h, le pressoir est presque terminé. Il faut le nettoyer avant de le remplir
à nouveau. Marie prend son petit-déjeuner vers 8 h, en le regardant à peine, le visage un peu cerné. Son téléphone sonne sans arrêt. Quelles parcelles on fait maintenant ? Quelle cuve doit-on remplir ? La benne a une fuite, que
fait-on ? Le compresseur affiche « attention maintenance », qui faut-il appeler ? Toutes ces plus ou moins grosses difficultés, c’est à elle de les gérer. Marie reste dans les chais toute la matinée. Observer, déléguer, anticiper, goûter, elle a appris. En fin de matinée, elle déguste toutes les cuves de jus ou moût en fermentation et analyse. Puis vient l’heure du déjeuner en famille. Marie-Joelle s’affaire pour nous mitonner des bons petits plats bien consistants, Francis
(qui dirigeait le domaine afin que ses filles ne prennent la relève, NDLR) demande : « Alors, ca pèse combien ce matin ? ». Le repas se déroule plus ou moins calmement selon les jours, avec en fond sonore
le bruit de la machine qui rentre, une fois bien nettoyée.

A 12 h 30, Marie va faire une indispensable sieste. Vu la fatigue qui s’accumule pendant les vendanges,
elle n’a pas de mal à trouver le sommeil, et si jamais c’était le cas, elle a la faculté de s’endormir n’importe où,
à n’importe quelle heure. Heureusement, parce que les vendanges ne sont pas un sprint mais plutôt une course
de fond. Elle consacre ensuite son après-midi à goûter scrupuleusement les baies de raisin dans les vignes et parfois à les prélever afin de valider son jugement gustatif. Cela en vue d’établir le programme de récolte des jours suivants. Telle parcelle avec telle parcelle ? Ce serait bien. Mais non, cette parcelle n’est pas mûre… En fin d’après-midi, après un passage furtif au bureau, retour dans les chais pour le bilan de la journée écoulée et de ce qui reste
à faire. Une petite journée se termine vers 18 h, une journée plus chargée vers 22 ou 23 h. Mais dans ce cas, c’est sans Marie car on lui impose de se coucher à 21 h au plus tard. Six heures après, c’est reparti pour un tour.
»