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Les Crayères forever

Le prestigieux magazine de tourisme américain Condé Nast Traveler publie régulièrement l’avis de ses lecteurs (ce sont les Reader’s Choice Awards) concernant les meilleures destinations du monde. Cette année, 77 000 lecteurs ont voté pour leurs établissements préférés. Pour la France, le domaine rémois Les Crayères mené par les frères Gardinier, tout récemment récipiendaires d’un prix pour leur participation au rayonnement français (en lire plus ici sur ce sujet), arrive en 3e position.

« Plusieurs fois récompensé comme l’un des plus beaux hôtels au monde par la presse internationale, fleuron des Relais & Châteaux, le domaine conserve par delà ses cinq étoiles et les deux macarons de son grand restaurant, quelque chose de la Belle Époque qui l’a vu naître. Grâce à une implication quotidienne, l’équipe entière du Domaine Les Crayères voit ainsi récompensé un service impeccable. »

Outre la célébration d’un certain art de vivre à la française, cette distinction honore également la richesse du livre de cave – plus de 600 références – et récompense à travers lui les relations étroites entre la famille Gardinier, les viticulteurs de Champagne et les Rémois en général, des « relations entretenues et élargies à une très importante clientèle internationale, et notamment anglo-saxonne, par Hervé Fort, le directeur du domaine, Philippe Mille, son chef, Philippe Jamesse, son chef sommelier, et leurs équipes. »

Les 12 vins pour accompagner du gibier


La saison du gibier commence. A plume ou à poil, ces idéaux compagnons des grands vins ont leurs chouchous. Les voici.


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Château La Dominique

Saint-Émilion grand cru 2011 39 euros 16/20

Nez sur le gibier et la fourrure, beaucoup de générosité avec un peu plus de dureté dans le tannin que 2012. Le vin a pris plus d’assurance que l’an dernier.
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Château La Commanderie

Clos des Jacobins 2011 17,45 euros 15/20

Sur le musc et le cuir, avec du répondant, vin de petit gibier.
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Clos Blanc

Domaine Albert Grivault 2011 29 euros 15/20

Carafé et bien mis en scène, ce village aux accents épicés avec un tannin compact se montre à son avantage sur une terrine de gibier ou sur un filet de biche.
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Mélusine

Domaine Vecchio 2011 36 euros 15/20

Toujours original sur l’iode, le marc, les herbes aromatiques locales, expression réussie du grenache. Savoureux et long, un vin pour les gibiers d’hiver.
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La sauvageonne grand vin

Gérard Bertrand 2011 NC euros 17/20

Syrah pour 60% et grenache sur schiste uniquement. Fraîcheur, grand potentiel, longueur brillante. Beaucoup de classe.
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Les Vignes Oubliées

Terrasses du Larzac 2012 17 euros 17/20

Cette cuvée développe une bouche puissante et savoureuse, très pleine avec des tannins présents mais de grande qualité. À mettre en cave si vous ne craquez pas sur sa plénitude actuelle.
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1610

Château Grand Boise 2011 22 euros 15,5/20

Nez complexe où se mêlent la pivoine, la fraise des bois, les aiguilles de pin et le poivre de Sichuan, la bouche offre un tannin élancé d’une grande fraîcheur. Belle évolution, potentiel évident. Vin de lièvre à la royale.
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L’Excellence de mon Terroir

Bernard Magrez Grands Vignobles 2011 NC euros 14/20

Coloré, puissant, un brin sauvage au nez, un joli vin pour les gibiers.
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Château Montus

Château Montus – Château Bouscassé 2011 19,90 euros 15,5/20

Beaucoup d’ampleur, texture remarquablement veloutée, tannin plus suave, moins extrait que naguère, vin de style, apte aux plus hautes comparaisons.
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Clos du Noyer

Domaine Grosbois 2011 24 euros 17/20

Le vin a digéré son élevage, c’est désormais une référence en chinon, puissante, suave, profonde.
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Vieilles Vignes

Tardieu-Laurent 2012 21 euros 16,5/20

Expression profonde de fruits noirs, ensemble avec de la gourmandise et un fruité très fin, bonne harmonie. À réserver à une cuisine de gibiers.
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Le Clos

Montirius 2004 30 euros 16/20

Excellente matière encore bien constituée. Beaucoup de présence et d’allonge, arôme délicat d’airelle, superbe évolution.
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Clinet by Ronan


Château-clinet est un pomerol de grande renommée. Ronan Laborde est particulièrement inconnu. Rencontre avec l’homme derrière le pomerol.


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D’un château, Clinet n’a rien. Une allure d’école de filles époque Jules Ferry, une petite gare de basse province, ce genre de bâtiment municipal, ce charme-là. Un château, non. On est loin des édifices destinés à impressionner le travailleur des vignes et le client de passage. Le chai, récent, a une modernité, mais enfin, ce n’est ni Nouvel ni Portzamparc. Et on fait du vin quand même ? Oui et du bon. Château-Clinet met en marché un grand pomerol et deux vins de négoce, de fins breuvages dont les propriétaires n’ont qu’à se féliciter et nous aussi. Décryptage avec Ronan Laborde, un jeune homme pas si classique et très volontaire.

Les propriétaires

Clinet a été acquis par le père de Ronan Laborde en 1999. Ronan passait son bac et savait depuis l’âge de 15 ou 16 ans que sa voie passait par le fond d’un verre de vin. « Nous avons fait un grand tour en Argentine, je ne m’y suis pas senti chez moi. Je suis Parisien, Bordelais, pas du tout Argentin. » Ce sera Pomerol et c’est aussi la Hongrie avec deux propriétés. Ronan possède 71 % de la nue-propriété de Clinet, son père en a l’usufruit et sa sœur, les derniers 29 % que Ronan s’applique à racheter, petit bout par petit bout. C’est lui qui a la responsabilité du lieu et de son développement. Il a de cette charge une haute idée, de celles qu’on ne croise pas à tous les coins de château, de plateau. Il pousse l’engagement jusqu’à organiser aujourd’hui son déménagement personnel dans les vignes du plateau pomerolais, « La vie est courte, c’est pour ça qu’on s’installe à Clinet, pour être au plus près de ce que l’on fait. » Ils ne sont pas nombreux, les propriétaires qui habitent le vignoble, mais il ne sera pas seul, la famille Techer habite en face toute l’année, à Gombaude-Guillot. « Ils sont en bio, eux. Ils font bien. Gombaude-Guillot, c’est très bon depuis un moment. » C’est une caractéristique de Ronan Laborde, il aime bien la plupart de ses voisins, il a du respect et une forme d’admiration pour le travail entrepris, les résultats obtenus. Il encave des caisses et des caisses de leurs vins, parfois il échange avec d’autres, mais c’est compliqué les exigences, la parité n’est jamais vraiment respectée, il y a ceux qui veulent trois caisses contre une, alors il préfère acheter. Avoir tout ce qui se fait de bien comme autant d’exemples. Et du passé de Clinet, il ne fait pas table rase, il sait les grands millésimes d’avant, il cherche à s’en inspirer sans pour autant renier ce qu’il fait depuis dix ans.
De son père, de la place qu’il occupe, il a une conscience nette. « Je suis la première génération à gérer ce qu’il a acquis. Ce ne sont pas ses affaires au quotidien. Nous n’avons pas cinq siècles d’histoire familiale dans le vignoble bordelais, alors il s’intéresse, mais c’est moi qui fais. »

La propriété

11,27 hectares, une bonne taille à l’échelle de la Rive droite. Elle a été agrandie de trois hectares depuis 1999, « Mais je n’irai pas au-delà, nous n’avons pas de volonté expansionniste. Le terroir de Clinet est assez unique et il n’est pas simple de trouver des parcelles disponibles à la vente et aussi qualitatives. » En arrivant à Clinet, il a arraché et replanté 20 % du vignoble et il se félicite de l’avoir fait. Aujourd’hui, ces vignes arrivent en pleine production et château-clinet s’améliore chaque année. Le vignoble est planté à assez faible densité de 6 500 à 7 200 pieds à l’hectare. On est loin des 10 000 pieds de certaines propriétés. « Le terroir de Clinet est exceptionnel et il porte ce qu’il faut de vignes. Nous récoltons chaque année entre 38 et 47 hectolitres / hectare. Je ne suis pas fou des petits rendements, il y a un équilibre que la plante doit atteindre. » Ronan est un des très rares propriétaires de grande étiquette à travailler sans consultant. Même pas peur. « Michel Rolland s’est occupé de Clinet de 1973 à 2008. Et puis, on a fini par se séparer. J’ai pensé que nous avions des compétences en interne avec Leonardo Izzo, notre directeur technique. Il est probable aussi que Michel et moi ne partagions pas la même vision de ce que devait être le vin de Clinet ». [/col]
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Les vins

Trois étiquettes à Clinet. Le grand vin, c’est château-clinet pour 60 000 bouteilles, « On vend en primeurs avec le négoce bordelais, on fait partie des quelques grands crus qui ont ce privilège. À notre niveau de prix, on peut toucher tout le monde, c’est un grand vin qui n’est pas inabordable. » L’autre vin, fleur-de-clinet, n’est pas à proprement parler un second vin. C’est un vin de négoce, plutôt, même si 10 % de la récolte du domaine lui est destiné, « 20 % en 2013, hein. » Fleur-de-clinet représente 40 000 bouteilles et il y a ronan-by-clinet, un bordeaux de négoce aussi, pour 360 000 bouteilles environ en année pleine.

La Hongrie

Les deux propriétés hongroises gagnent « un tout petit peu d’argent depuis trois ans », une performance assez peu partagée puisque deux affaires sur les seize qui comptent sont déclarées rentables. À Tokay comme à Pomerol, Ronan Laborde a innové. D’abord, sur les 700 000 bouteilles produites, seulement 100 000 sont des azsu, des liquoreux. Le reste est du vin sec et, pour 10 % de la production, un produit nouveau, un « late harvest » à l’alsacienne qui a très vite trouvé son public.

Avant de prendre l’avion pour ailleurs, là où on vend du pomerol de belle origine, Ronan Laborde tient à expliquer qu’un vignoble est une entreprise comme une autre dont l’objectif n’est pas de frauder, mais de faire en sorte que tout le monde soit payé à la fin du mois, « Les hélicoptères de la MSA qui survolent les vignes pour repérer l’employé non-déclaré, vous trouvez ça sérieux ? Personne ne joue à ça à Pomerol, mais c’est pratique pour les gens de la MSA de justifier leur salaire en faisant de l’hélico. Je ne suis pas contre le système, je suis contre ses excès et ses facilités. Les moyens mis en œuvre contre nous, deux années de suite, sont aussi inutiles que coûteux pour les contribuables que nous sommes. Il n’y a rien à découvrir. » C’est dit, c’est écrit. Nous quittons Ronan, si peu héritier et si attentif à ce qu’il fait, avec le sentiment d’avoir croisé quelqu’un doté d’une énergie inhabituelle. D’ailleurs, avant l’avion, il a une réunion de chantier à quelques centaines de mètres de Clinet. C’est là qu’un nouveau chai va sortir de terre « pour les vins de négoce, pas pour clinet », qui sera aussi le siège de l’entreprise. Clinet avance.

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Ronan 2005 15/20

Bordeaux très harmonieux, finement construit et sans aucune lourdeur. Le fruit est très franc et assez complexe, la bouche est glissante et svelte.

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Fleur de Clinet 2008 15/20

Souple, agréable, fruité, très sain et franc, à apprécier dès maintenant !

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Fleur de Clinet 2010 15,5/20

Beaucoup de charme pour ce millésime aux accents de fruits noirs et de pivoine que l’on retrouve dans une bouche au tanin frais et dynamique.

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Pomerol 2011 16,5/20

Densité épicée avec une allonge soyeuse, on est dans le gourmand caressant.

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Pomerol 2012 17/20

Texture onctueuse avec un tannin crémeux, épicé et chocolaté.

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Pomerol 2013 16/20

La gourmandise du pomerol dans le millésime, raffiné, charmeur.

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Je vous ai compris…


Brève –et personnelle– histoire contemporaine du vin de France


 


Chapitre trois, qui indique que, né en 1958 et commençant à déguster les vins de l’année 1984, je n’ai pas été verni en matière de millésimes symboliques. Mais l’année maudite me permet de comprendre ce qui va et ce qui ne va pas à Bordeaux.

 

Le premier millésime bordelais que j’ai découvert, non pas à sa naissance mais immédiatement après sa mise en bouteille, fut 1984. J’avais moins de chance que Bettane. Avec 1992, 1984 est certainement le plus mauvais millésime bordelais de ces trente dernières années. Cela m’a permis d’apprendre les bons et les mauvais côtés de la modernisation du style des vins qui avait été enclenchée deux ans plus tôt. Les producteurs bordelais intelligents avaient compris qu’une révolution œnologique s’était engagée et qu’ils devaient changer de méthode. Mais à l’époque, on parlait plus de vinification et d’élevage que de viticulture. En dégustant ces 1984, j’avais été surpris par la raideur des tanins et souvent la dilution du vin provenant de raisins gorgés d’eau et souvent attaqués par la pourriture. Pourtant, cette mauvaise matière première avait subi des cuvaisons plus longues que dans les millésimes précédents – pour extraire plus de tanins et faire des vins plus charpentés – et avait été élevée dans des barriques de chêne plus récentes, parfois neuves. Avec la foi du béotien que j’étais alors, je m’étais enthousiasmé sur les vins les plus puissants et les plus boisés. Les redégustant quelques années plus tard, je découvrais des vins décharnés, aux tanins secs et verts et toujours dominés par des arômes qui rappelaient ceux d’une planche de bois. J’en ai tiré deux leçons : d’une part qu’on ne devient un vrai dégustateur qu’après avoir dégusté plusieurs fois les mêmes vins à différentes époques de leur vie, d’autre part que récolter un raisin à la meilleure maturité possible est la clé des vins réussis. Heureusement, des producteurs et des œnologues l’avaient compris aussi. L’un des hommes les plus impressionnants de cette époque était sans nul doute Michel Delon, le père de l’actuel propriétaire de Léoville-Las-Cases, Hubert Delon. L’homme était secret, impérieux, entièrement tourné vers une obsession : faire de Las-Cases l’égal, par sa qualité et son prix, des premiers crus classés.

Il y est certainement parvenu en termes de qualité (les las-cases de la fin des années 80 sont à mon sens au moins équivalents à lafite ou mouton dans ces millésimes), mais n’a jamais pu se caler sur leurs tarifs. Quand je rejoignis La Revue du vin de France comme rédacteur en chef au début des années quatre-vingt-dix, je découvrais que Michel Bettane passait chaque semaine de longues heures avec lui au téléphone. Delon connaissait tout des arcanes complexes du vin à Bordeaux et me rappelait le personnage de Marlon Brando dans The Godfather.
Une nouvelle génération de producteurs arrivait, jeunes, simples, enthousiastes et surtout conscients des progrès à accomplir pour faire retrouver à leurs vins le niveau qualitatif que leur prestige supposait. Olivier Bernard à Chevalier, Hubert de Boüard à l’Angélus, Stephan von Neipperg à Canon-La-Gaffelière, Christine Valette à Troplong-Mondot, Didier Cuvelier (Léoville-Poyferré), leurs ainés Antony Perrin (Carbonnieux), Bruno Prats (Cos d’Estournel), Jean Gautreau (Sociando-Mallet),Henri Dubosc (Haut-Marbuzet), Anthony Barton (Léoville-Barton) ou Thierry Manoncourt (Figeac) et le surdoué Jean-Luc Vonderheyden au Château Monbrison, hélas disparu prématurément, innovaient et avançaient. En même temps, de brillants œnologues émergeaient, apportant énormément à la définition du style des bordeaux modernes. Le pomerolais Michel Rolland s’attaquait avec une extraordinaire force de conviction à la recherche de la maturité du raisin et à l’élevage d’un vin charpenté dans des bonnes barriques de bois neuf, tandis que le brillant professeur d’œnologie à la Faculté de Bordeaux, Denis Dubourdieu, mettait lui-même la main à la patte pour réinventer les blancs des Graves et de Bordeaux en général.

Le Pré du Moulin : Sérignan du Comtat


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Menus à 31 euros, 49 euros ou 75 euros
Ouvert de 12h à 15h et de 18h à 00h
Fermé le dimanche et le lundi.

Route de Sainte Cécile les Vignes 84830 Serignan Du Comtat
Tél. : 04 90 70 14 55
www.predumoulin.com/menu.php [/col] [col width= »six »]
A l’écart de l’estivale N7, au nord est d’Orange, par la D 976 le village de Sérignan du Comtat abrite cet ancien moulin du XVIIe siècle d’un bucolisme virgilien. Il propose des chambres spacieuses et paisibles qui viennent d’être rénovées et où l’on respire pleinement l’atmosphère ambiante.
Le chef Pascal Alonso est un Bourguignon qui a opté pour le pays du grenache et de la roussane et depuis quelques mois il vient d’être rejoint par son épouse Caroline et son fils Maximilien.Ici, la cuisine à six mains est comme un théâtre où les scènes se suivent avec élégance.
Le chef revisite la gougère avec une texture feuilletée qui donne de l’aplomb à cet amuse bouche continental bien en phase avec le Côte-du-Rhône blanc de la Janasse 2013. Plus sudiste la version de l’olive caramélisée ouvre des perspectives provençales qui trouvent leur pleine expression avec une poêlée d’encornets aux parfums garrigue. L’aromatique du plat en même temps que la texture explosent en bouche, le tout caressé par un Domaine de Nalys blanc 2012 alliant puissance et finesse.Le foie poêlé couronné de menthe fraîche et de raisin est tonifié par sa sauce aigre douce, l’ensemble est suave, les contours sont bien dessinés avec ce qu’il faut de sûreté dans l’exécution.
Servi avec des pommes de terre croquantes, le carré d’agneau signe bien ses origines. Il entre en composition avec un Santa Duc 2011, l’un des grands classiques de Gigondas. Plus juteux, le pigeonneau saignant offre toute sa sensualité à un Clos-des-Papes 2010, un des joyaux de Châteauneuf qui répond par de longues tirades épicées. C’est une cuisine de cœur dans ses dédoublés et ses entrevins sans mauvaise surprise ou de dérobade. La carte des vins très complète rappelle qu’ici on tutoie Châteauneuf-du-Pape et les stars du Rhône; c’est également un lieu stratégique pour les grandes scènes du Comtat Venaissin.

À LA CARTE: Raviole ouverte de truffes et artichaut • Poêlée de grenouilles meunière • Baba flambé au rhum • Feuillantine chocolat et crème légère au café

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Crédits photo d’ouverture : http://fr.hotels.com/ho418114/le-pre-du-moulin-serignan-du-comtat-france/

Quelques vérités sur le vin, l’Homme et la nature

Peu de sujets concernant le vin enflamment ou abrutissent autant les esprits que le couple vin et terroir. Les « terroiristes » me font penser aux talmudistes qui inlassablement essaient de rationaliser ce qui relève du mystère ou de la foi, ce qui est peut être utile sur le plan moral et philosophique mais n’a aucun sens en matière de plaisir et de goût, et encore moins d’agriculture, malgré le mot culture. Cela fait plus de trente ans que j’essaie de comprendre avec l’aide d’innombrables vignerons et savants, un peu partout sur cette planète, la relation qui existe entre une saveur et une origine, ce qui me semble la moindre des politesses par rapport à notre tradition européenne. Car pour elle les deux concepts sont éternellement liés. Je suis encore loin de me sentir bien avancé dans cette longue enquête, mais je suis sûr au moins d’une chose, c’est qu’il faut éviter tout dogmatisme idéologique, ou crypto religieux, ou pseudo scientifique avec son jargon (le pathetic pretense cher à nos amis anglais), si l’on veut aider le public à y voir (un) peu plus clair.
Le postulat de départ ne saurait être remis en question : un vin portant un nom géographique n’a de sens ou de probité commerciale que si son goût apparait relié à une origine. Un goût reproductible au cours des âges, reconnaissable plus ou moins précisément par plusieurs générations successives de consommateurs et transmissible par des mots, malgré la différence des sensibilités et une diversité génétique, qui, on le sait, détermine toute perception des saveurs. Je laisse à des personnes forcément plus qualifiées que moi, médecins, neurologues, linguistes, le soin d’expliquer dans toute leur complexité les trois étapes que sont la perception d’une saveur, la mise en forme de cette perception et son expression par des mots. Mais la création de cette saveur par la nature, c’est-à-dire la vigne, le sol, le climat après intervention du savoir-faire humain (l’homme n’étant qu’un facteur naturel de plus), c’est quand même plus facile à faire comprendre, même si l’amoncellement de stupidités devenues lieux-communs met trop souvent l’amateur de vin sur de fausses pistes. Un vin, répétons-le, c’est une vigne, un sol, un climat, du ferment et du contrôle humain. Chaque élément n’a pas plus d’importance qu’un autre et seule la chaîne des actions (mais aussi des hasards) qui les relie a du sens. Point par point reprenons chacun de ces éléments.
La vigne d’abord. C’est une plante, un être vivant, avec ses caractères génétiques, un gène même de plus que l’être humain, si je ne me trompe, avec sa façon de s’alimenter et survivre. On met parfois trop l’accent sur l’alimentation par les racines, qui recherchent l’eau, et transmettent au raisin certains oligo-éléments contenus dans le sol. L’alimentation aérienne semble tout aussi importante. La photosynthèse par la feuille transforme la lumière, le froid, le chaud, la pluie, le vent, selon hasards de l’année et du lieu, en sucre et en arômes dans le fruit, ce qui renvoie tous les faiseurs de trous et dessinateurs de cartes géologiques à leur rôle limité, mais pas inutile, de spécialistes de la préhistoire. Outre le caractère du cépage et du matériel végétal utilisé, l’importance du millésime saute ainsi aux yeux et justifie la sagesse de l’empirisme bourguignon qui préfère le mot « climat » au mot terroir.
Le fruit c’est donc le début de l’histoire : la seconde étape c’est le ferment. Le ferment contribue au goût mais ne le détermine pas. Je sais que je vais choquer beaucoup d’esprits crédules, mais l’idéal de la fermentation est une fermentation aussi neutre, régulière et apaisée que possible, le ferment, c’est-à-dire les levures, n’ayant comme mission que de transformer en vin, aussi exactement que possible, les promesses du fruit et dans ces promesses il y a forcément l’expression de l’origine. Le terroir, au sens plein, est dans le fruit, pas dans la levure, même si la levure est présente sur le terroir, ce qui n’est pas la même chose ! Cela réduit à néant le débat byzantin sur l’incompatibilité des levures indigènes ou exogènes, surtout si l’on écarte les levures aromatiques du commerce, pour ne conserver que celles qui ont été sélectionnées pour leur neutralité et leur efficacité. Une levure indigène travaillant bien, tant mieux et qu’on la garde ! Une levure indigène travaillant mal, cela existe aussi, et elle tue le vin, et donc l’origine, terroir et climat confondus. Qu’on l’empêche donc de nuire !

On le voit, l’homme doit prendre à un moment donné la relève de la nature et donner une dimension de civilisation, par un travail d’élaboration où toute la finesse d’observation et de jugement dont il est capable joue un rôle prépondérant. La plupart du temps, quand tout se passe bien, cette élaboration peut prendre la forme minimale d’une assistance bienveillante et complice, c’est la philosophie de nombreux viticulteurs de vins célèbres qui très modestement se disent au service de leur cru. J’ai pu constater que c’est plus souvent un mensonge pieux, car de très nombreux choix décisifs relèvent d’interventions précises : détermination de la date de vendange, maintien ou non de la rafle, rapport idéal entre le volume des cuvées et le volume des cuves, longueur et régulation, de la cuvaison, manière d’extraire le tannin dans les vins rouges ou d’équilibrer oxydation et réduction dans les vins blancs, choix de l’usage ou non de la barrique, du volume de ces barriques, de leur fabrication (séchage, chauffe, montage), de l’origine des bois, durée de l’élevage, contrôle de la mise en bouteille etc… Savoir, intuition, morale, rigueur, précision, sang froid, il en faut des qualités pour réussir un grand vin, sans parler de la précision du goût, car de nombreuses décisions ne peuvent qu’être prises que sur dégustation. On comprend pourquoi de plus en plus de producteurs se sentent trop seuls pour décider et engagent le dialogue avec un ou plusieurs conseillers. Il est de bon ton de railler l’influence des œnologues gourous, mais combien de cuvées n’ont-ils pas sauvé de l’incompétence, de l’obstination ou de la routine ? Et inversement, il arrive souvent que des viticulteurs intelligents aident leurs conseillers illustres à ne pas sombrer dans les abîmes d’un narcissisme trop humain ! Et les journalistes dans tout cela ? On fabule beaucoup quand on dit qu’ils formatent le goût du public. La plupart essaient dans une presse de plus en plus faiblement idéaliste et combative de faire de la vulgarisation intelligente. Et pas seulement pour faire connaître les plus grands vins, enfants gâtés des adorateurs innombrables du veau d’or, mais aussi tous les autres à travers de la planète si on leur a accordé pendant leur élaboration le soin qu’ils méritent. Il y a encore du travail…

Madiran, Château Montus, 2009


 

Madiran, Château Montus, 2009

Chaleureux, complexe, très long en bouche, chair terriblement tentatrice, du beau et grand vin.

17/20

Disponible à 18,90 euros la bouteille
CONTACTER PRODUCTEUR


[row][col width= »six »] Figure truculente du Béarn, Alain Brumont livre un Montus 2009 généreux et corsé, le vin parfait pour les gibiers de l’automne. Il n’aura aucun mal à être conservé en cave 10 à 20 ans.

Crédits photo d’ouverture : Getty – http://www.glamourparis.com/

 

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Châteauneuf-du-Pape, Clos du Mont Olivet 2011


 

Châteauneuf-du-Pape, Clos du Mont Olivet 2011

2011 est d’une belle diversité aromatique : tabac blond, nèfle et cacao. Complexe et corsé, le corps est composé de tannin de rafle avec beaucoup de suite. Idéal avec un dos de chevreuil aux airelles.

17/20

Disponible à 18 euros la bouteille
CONTACTER PRODUCTEUR


[row][col width= »six »]Domaine historique, disposant des beaux terroirs de Châteauneuf, le Clos du Mont Olivet est entre les mains de la nouvelle (et brillante) génération de Sabon. Vinifications classiques, élevages en vieux foudres et grands contenants dans la stricte tradition Chateauneuvoise.

 

clos-du-mont-olivet-chateauneuf-du-pape-le-petit-mont-rouge-2011

Crédits photo d’ouverture : iStockphoto

Les grands de demain : Graves-Sauternais


Les experts Bettane+Desseauve ont sélectionné dans chaque vignoble de France les producteurs qui leur paraissent avoir le potentiel de s’affirmer au plus haut niveau de leur appellation.


Troisième étape de ce Tour de France de l’avenir, Graves-Sauternais

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suivre

Condrieu, le guide des producteurs et leurs vins


Condrieu compte aujourd’hui près de 70 producteurs réguliers mais seule une bonne trentaine peut offrir un volume de commercialisation non confidentiel. Comme le cru n’a pas cessé d’augmenter la taille de son vignoble,beaucoup de ces producteurs ne le sont que depuis peu et il n’est pas encore possible de porter un jugement correct sur leur valeur, faute d’un nombre suffisant de millésimes vinifiés. Dans son superbe livre The wines of Northern Rhône, le marchand de vins anglais John Livingstone-Learmonth s’y est pourtant essayé, mais je ne le suivrai pas sur ce point car je serais incapable de généraliser à partir d’une ou deux bouteilles et encore moins à partir d’échantillons non encore mis en bouteille.
Les dix-huit entrées qui suivent correspondent quand même à une bonne centaine d’hectares,
c’est-à-dire les deux tiers du volume actuel de production de l’appellation.


À LIRE

>Condrieu, la renaissance du viognier… >Condrieu, les villages et les lieux-dits… >Condrieu, vinification et caractère du vin…





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[toggle_item title = »Domaine Bernard à Tupins et Semon »] Les deux frères Bernard exploitent environ 0,7 ha sur le coteau de Bassenon à l’extrême nord de l’appellation sur du granit à muscovite. Le ruisseau de Bassenon sépare ce lieu-dit des coteaux du même nom de l’appellation Côte-Rôtie, point fort de l’exploitation viticole du domaine. Les vins sont nets, agréables, mais sans distinction particulière et les prix restent sages. [/toggle_item]
[toggle_item title = »Domaine Boissonet à Serrières »] Frédéric Boissonet est un viticulteur fort sympathique de Serrières en Ardèche, spécialiste de l’appellation Saint-Joseph, où il réussit particulièrement les blancs. Cela l’aide à produire une petite quantité d’un délicieux condrieu sur Limony et Chavanay avec, en particulier, une jolie vigne au lieu-dit La Coste sur le migmatique à biotique. [/toggle_item]
[toggle_item title = »Domaine du Chêne, Marc Rouvière à Chavanay »] L’essentiel du domaine se situe aux Eyguets, lieu-dit de Chavanay sur des arènes granitiques très pures, avec une petite vigne plus tardive sur les schistes de Volan, à Malleval, terroir plus froid et tardif. Les vins du domaine sont riches, chaleureux, et mieux équilibrés en boisé qu’il y a quelques années. [/toggle_item]
[toggle_item title = »Domaine Louis Chèze à Limony « ]Le domaine exploite un peu plus de 3 hectares sur le coteau le plus au sud de l’appellation, à Limony, sur les lieux-dits Braise (gneiss) Côte Fournet (granit à muscovite) et Montrond. Braise a naturellement inspiré le nom de la cuvée Brèze. Pagus Luminis est en général récolté sur les parties les plus élevées du vignoble. Les vins présentés à la dégustation dans certains millésimes récents semblaient anormalement évolués, mais dans le passé nous avons à plusieurs reprises dégusté des vins très aromatiques et typés. [/toggle_item]
[toggle_item title = »Domaine Clusel-Roch à Verenay « ]Ce domaine est avant tout un excellent producteur de côte-rôtie et il y joue un rôle capital par sa croisade pour la défense des plants fins de syrah. Il a eu la gentillesse de présenter son condrieu, issu d’un demi-hectare cultivé sur le remarquable coteau de Chéry à Condrieu, archétype du micro-climat favorable au viognier. Le vin ne se présentait pas au mieux, mais à d’autres occasions nous l’avons beaucoup apprécié. [/toggle_item]
[toggle_item title = »Yves Cuilleron à Chavanay « ]Voici le wonder boy non seulement de Condrieu mais de toutes les Côtes du Rhône septentrionales. En un peu plus de dix ans de travail acharné et de prises considérables de risque le voici à la tête d’une bonne cinquantaine d’hectares de vigne de coteau, dont 8,5 sur Condrieu, dont il est devenu le principal viticulteur indépendant. À cela s’ajoute une activité de négociant (il est l’un des trois fondateurs des Vins de Vienne). Ce n’est pas une simple affaire que de vendanger au juste moment de Cornas à Seyssuel, de vinifier et d’élever avec précision autant de parcelles différentes, de cépages différents, mais force est de constater son étonnante régularité de réussite depuis trois ou quatre ans. Les vignes de Condrieu proviennent de plusieurs coteaux, dont le plus important se trouve à Chavanay, au lieu-dit La Côte, mais aussi sur Ribaudy, Peyrolland, Izéras, les Eyguets et un superbe demi-hectare sur Vernon à Condrieu même et qui donne la cuvée Vertige. Les vins des années 1990 flirtaient souvent avec le sucre résiduel et présentaient des arômes exotiques un peu chargés, ils ont sur ce point beaucoup progressé en pureté et en finesse avec un boisé mieux intégré et une présence du granit plus transparente. [/toggle_item]
[toggle_item title = »Delas à Saint-Jean-de-Muziols « ]La firme de Saint-Jean-de-Muzols appartient au Champagne Deutz (lui-même propriété de Roederer) qui lui donne les moyens de travailler avec le maximum d’efficacité et de précision sous la houlette de l’excellent œnologue Jacques Grange. Sur Condrieu, la maison vinifie les 3,2 hectares de Maurice Bruyère, gendre de Michel Delas, dont les deux hectares du clos Bouché, à Vérin, sur quelques-unes des arènes granitiques les plus pures de l’appellation, à proximité de château Grillet. Les vins sont peu aromatiques à la naissance et exigent trois ans pour se présenter à leur meilleur, avec une élégance considérable. Le Condrieu régulier « la Galopine » est moins excitant. [/toggle_item]
[toggle_item title = »Philippe Faury à Chavanay « ]Le domaine gère trois hectares sur des vignes proches de celles d’Yves Cuilleron, à Chavanay (lieux dits Ribaudy, Peyrolland). Une cuvée de pure Ribaudy, un peu plus boisée que les autres est vendue sous la marque « la Berne ». Les vins sont riches, charmeurs, moins précis que d’autres dans les derniers millésimes. [/toggle_item]
[toggle_item title = »Pierre Gaillard à Malleval « ]Cet excellent vigneron, qui a fait ses classes chez Guigal, possède 2,5 hectares en condrieu, sur Chery, d’abord, dans le secteur central et classique, puis dans la vallée encaissée et spectaculaire de Malleval sur Gonon (granits purs) et Côte Bellay (gneiss). Il aime vendanger le viognier très mûr, ce qui donne parfois des vins un peu lourds et trop avancés pour leur âge. Mais en année réussie le parfum de son condrieu est magnifique. [/toggle_item]
[toggle_item title = »E.Guigal à Ampuis « ]La célèbre maison d’Ampuis a beaucoup contribué à l’agrandissement de l’appellation et à sa prospérité actuelle, en assurant à tous les nouveaux vignerons un revenu régulier par l’achat de leur raisin. En bonne année, elle produit largement plus de 100 000 bouteilles, ce qui correspond à 35/40 hectares de vendanges vinifiées sur place, à Ampuis, dans des installations techniques magnifiques. Les Guigal possèdent maintenant de jolies vignes, ayant acheté à Patrice Porte les superbes Chaillets de la Côte Châtillon au cœur de Condrieu (qui entre largement dans la composition de la Doriane, leur cuvée de prestige), près de quatre hectares autour du pittoresque château de Volan à Malleval, en association avec Alain Paret et Gérard Depardieu (comme dit plus haut), et de très belles expositions sur Colombier à Saint-Michel-sur-Rhône. Le condrieu générique, diffusé un peu partout dans le monde est remarquable de constance, la Doriane possède plus de corps, mais aussi davantage la marque de la barrique, ce qui peut déplaire à certains. Philippe Guigal a tout récemment changé les origines des bois pour cette cuvée et l’on suivra attentivement son évolution.[/toggle_item]
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[toggle_item title = »Domaine du Monteillet, Stéphane Montez à Chavanay « ]Stéphane Montez est un des jeunes viticulteurs les plus dynamiques du secteur et un vinificateur très adroit. Ses 2,50 hectares de condrieu sont très morcelés, du classique Chanson à Chavanay, jusqu’à Saint-Michel et les crus moins connus, mais excellents de la Bourdonnerie, Chauramond et Sous l’église. Une petite et remarquable cuvée de liquoreux est vendue sous le nom de Grain de Folie, et conserve dans sa richesse toute la pureté des fruits récoltés sur le granit. Chanson est un peu plus lourd, même en vin sec. [/toggle_item]
[toggle_item title = »Robert Niéro à Condrieu « ]Robert Niéro a épousé Claude Pinchon et repris une partie des vignes de son beau-père Jean, sur le coteau de Chéry, et a beaucoup planté sur la Roncharde, la Caille, au dessus de Vernon, Vergelas et Châtillon. Ses vins sont en général nets, bien équilibrés, plus longs à se faire que d’autres, moins exotiques dans leur parfum. [/toggle_item]
[toggle_item title = »André Perret à Verlieu-Chavanay « ]Voici à mon sens l’un des deux grands couturiers du viognier de toute l’appellation, avec des vins qui ont toujours un peu plus de finesse, de précision et d’élégance de texture que chez la plupart de ses collègues. Il est aujourd’hui à la tête de cinq hectares de vignes, dont les trois hectares du coteau de Chéry, sur les granits purs de Condrieu, recouverts de loess sur le dessus et les magnifiques Chanson et Chauramond. Il continue à défricher le coteau de Verlieux en face de sa cave. Ses deux cuvées de lieux-dits, Chéry et Chanson, ont en commun la noblesse d’expression du fruité du raisin avec dans les tout derniers millésimes une petite préférence pour la finesse et la tension de Chanson. La cuvée normale ravit par sa finesse et peut servir de modèle de style. [/toggle_item]
[toggle_item title = »Christophe Pichon à Chavanay « ]Ce producteur est une des valeurs sûres de l’appellation, ayant la chance d’avoir trois de ses quatre hectares dans le secteur classique de Saint-Michel-sur-Rhône sur les granits à muscovite de Roche Coulante, plus un hectare de Mève, un rien plus au sud. Les vins sont harmonieux et exacts dans leur rendu du terroir. [/toggle_item]
[toggle_item title = »Hervé et Marie-Thérèse Richard à Chavanay « ]Ce couple de viticulteurs de Chavanay a particulièrement brillé lors de notre dégustation comparative et mérite d’être mieux connu, d’autant qu’il n’est pas débutant, ayant commencé à planter du viognier en 1983. Le domaine exploite trois hectares dont deux sur le pur granit de la Maraze à Saint-Michel-sur-Rhône, d’où le nom de la cuvée Amaraze ! Les vins ont beaucoup de style, de cristallinité, comme je les aime, et ce n’est pas étonnant car Hervé Richard a travaillé un temps au domaine Vernay. [/toggle_item]
[toggle_item title = »René Rostaing à Ampuis « ]René Rostaing, sans doute le viticulteur indépendant ayant le plus beau patrimoine de vignes en Côte-Rôtie n’est pas le plus facile des caractères. Mais c’est un superbe professionnel et il le prouve avec son délicieux condrieu, issu d’un hectare de vignes réparties entre Bonnette, près du Rozay et Sainte-Agathe, alternant sous-sol d’argile rouge et de granit pur. Aucune influence du bois dans son vin qui respecte parfaitement l’intégrité du fruit du viognier et la cristallinité de terroirs exceptionnels. [/toggle_item]
[toggle_item title = »Domaine Georges Vernay à Condrieu « ]Georges Vernay a sauvé Condrieu par son courage et sa ténacité à entretenir à lui seul pendant longtemps la moitié de l’appellation quand elle ne faisait que 10 hectares à la fin des années 1970. Son père avait commencé à défricher l’impressionnant coteau de Vernon, il a continué son œuvre et c’est désormais à sa fille Christine Vernay–Amsellem de finir le travail en plantant une troisième tranche. Entre temps, la superbe maison et le parc non moins superbe qui se trouve directement en dessous du coteau sont devenus sa résidence, juste récompense des efforts colossaux fournis par les trois générations. Georges était un maître vinificateur, mais je me demande si Christine ne lui est pas encore supérieure. C’est évident pour les côte-rôtie, mais il est difficile bon an, mal an de trouver des condrieus plus purs, plus raffinés que ses trois cuvées, toutes issues de leurs 7,5 hectares de vignes centrées autour de Vernon et ses voisins immédiats Sainte-Agathe, Cailles, Mirebaudy. Les Chaillées de l’Enfer (orthographe propre à Christine) viennent de la Caille et donnent un vin profond et charmeur, expression à mon sens idéale de l’appellation. Les Terrasses de l’Empire, assemblage en général de Mirebaudy et Sainte-Agathe, est plus tendre, plus souple, mais tout aussi cristallin malgré l’utilisation de la barrique pour la phase d’élevage. Reste le coteau de Vernon, élaboré à partir des plus vieilles vignes en production de l’appellation, sur un terroir vraiment exceptionnel. Il lui faut trois ou quatre ans de bouteille pour digérer son bois et porter sa splendide constitution à son maximum d’harmonie. Il donne incontestablement le frisson unique des grands crus, c’est-à-dire des cuvées qui expriment le meilleur de toutes les autres. Son parfum de violette inimitable en fait un des plus grands vins de France. [/toggle_item]
[toggle_item title = »Domaine François Villard à Saint-Michel-sur-Rhône « ]Cet ancien cuistot est devenu le plus bouillant et le plus entreprenant des vignerons de l’appellation, en reconstituant avec ses copains Gaillard et Cuilleron un vrai trio de Pieds nickelés, amoureux fous du vin du Rhône et d’ailleurs, mais à la différence de Ribouldingue et ses potes, infatigables travailleurs. Nous l’avons connu à la tête de deux petits fûts de blanc, le voici en charge de quatre hectares de vignes (Verlieux à Chavanay, Le Grand Val à Saint-Pierre-de-Bœuf, Poncin et la Rouillère à Saint-Michel). Cela ne suffit pas à la demande et il complète cette production par la partie qui lui revient des vins de Vienne. C’est un adepte des vendanges les plus retardées possibles, avec, si le temps est clément, un départ de pourriture noble dans le raisin et, bien entendu, de la vinification en barrique. De ses trois cuvées, je préfère souvent le Deponcins qui rappelle par sa noblesse le Vernon de Vernay. Le Grand Vallon est plus souple, mais aussi sensuel tandis que les Terrasses du Palat (essentiellement Verlieux) s’ouvre le premier, mais parfois avec de la lourdeur. [/toggle_item]
[toggle_item title = »Les Vins de Vienne – Seyssuel « ]À l’origine, l’association des trois mousquetaires (si Pieds nickelés vous dérange) Gaillard, Villard et Cuilleron, avait pour but de replanter en syrah les beaux coteaux de Seyssuel au nord de Vienne. Mais comme ils étaient à court de leurs autres rouges de Côte-Rôtie ou de Saint-Joseph et que de nombreuses opportunités d’achats de raisins s’étaient créées, ils ont poursuivi par la création d’un petit négoce. En condrieu il est responsable de deux cuvées, l’une régulière, facile, souple, agréable, mais évidemment non comparable à ce qu’ils font de mieux individuellement et une cuvée plus ambitieuse et aussi plus boisée, la Chambée. [/toggle_item]
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Domaine Boissonet

Condrieu 2012 16/20

Robe or vert, nez tout en finesse et en pureté de fruit, sur les expressions classiques de granite, abricot et pêche de vigne. Beau gras, belle longueur, ne le manquez pas !

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Yves Cuilleron

Les Chaillets Vieilles Vignes 2012 16,5/20

Robe or vert, nez gourmand, fumé, avec de jolis amers qu’on retrouve en bouche, gras, long, complexe, élevage discret.

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Delas

La Galopine 2012 16/20

Excellent nez tout en finesse sur la poire, corps équilibré, finale pure, viognier parfaitement vinifié.

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Clos Boucher 2012 17/20

Boisé intégré, remarquable complexité aromatique, grande élégance, un des sommets de l’année.

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E. Guigal

Condrieu 2012 17/20

Définition idéale du couple viognier-granite, gras mais cristallin, avec une pureté spectaculaire pour une cuvée aussi importante en volume.

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La Doriane 2012 17/20

Plus intense et complexe que le condrieu normal mais pas forcément plus harmonieux ni plus gourmand, une touche fumée supplémentaire venue du terroir et du bois perturbant encore la pureté de l’ensemble. Dans deux ans il l’emportera certainement.

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Robert Niéro

Chéry 2012 13,5/20

Nez manquant un peu de pureté, entre la pomme et la poire, avec un net goût de levain, mais le fruité est plutôt sensuel.

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Les Ravines 2012 16/20

Mieux défini que chery, beau nez de fruits blancs mais avec de la tension et une dimension « sèche » assez racée, tout en légèreté et longueur en bouche, vin de style et de sincérité.

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André Perret

Chéry 2012 15/20

Fruité, pur, glissant, facile à boire, plus sympathique que vraiment racé.

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Clos Chanson 2012 16,5/20

Plus complet que chery en tout dans ce millésime, vin d’une délicieuse pureté cristalline, frais, racé, sans aucune sollicitation du bois.

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Christophe Pichon

Condrieu 2012 15/20

Robe or vert, touche de surmaturité du raisin (abricot confit), puissant, gras, savoureux mais moyennement fin.

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Caresse 2012 17/20

Sur cette cuvée, finesse superlative, grand nez citronné d’une élégance irréprochable, long, généreux, grand vin.

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Georges Vernay

Terrasses de l’Empire 2012 16/20

Robe pâle, plus nerveux que la moyenne, très pur, légèrement fumé, à la fois long et discret, lui donner un an pour s’épanouir.

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Coteau de Vernon 2012 17/20

Merveilleusement pur et cristallin, encore un rien fermé mais le vin ne sera commercialisé qu’en 2015.

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Les Chaillées de l’Enfer 2012 16/20

Tout en délicatesse et en subtilité, presque en demi-teinte, choix sans doute volontaire de vendanges au point maximum de fraîcheur, vin de style, àè attendre lui aussi un an.

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