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Les Chinois dégustent

C’est un compte-rendu sur le Net qui a mis le feu aux poudres. La Revue du vin de France a profité de Vinexpo pour organiser une conférence ou un débat, un colloque, ce genre de truc qui rassemble du public et des intervenants.
Le thème ? Les Chinois et le vin, orienté plutôt sur le goût du vin et la manière qu’ont les Chinois de l’apprécier. Et, c’est la règle, ce machin a fait l’objet d’un compte-rendu sur le site du magazine.
Et là, stupeur.
« Does RVF hates China ? », telle est la question posée par nos amis chinois. Dans le compte-rendu, deux garçons que j’estime beaucoup, le journaliste Olivier Poels et le consultant Stéphane Derenoncourt, presque des amis, se livrent à un véritable China-bashing comme on n’ose plus en faire, surtout depuis que le régime socialiste invite des entrepreneurs chinois en grandes pompes pour leur donner l’idée d’investir en France, au cas où ils n’y auraient pas pensé tous seuls.
Dans un assemblage assez moyen-âgeux de mépris et d’arrogance, voilà nos compères qui s’en donnent à cœur joie, micro en main et devant témoins. Et ce n’est pas la délicieuse Mei Hong et ses propos mesurés qui a pu placer un bémol dans ce tohu-bohu où l’approximation le dispute au franchement douteux.
Morceaux choisis :
Olivier Poels : « Il faudra un très long apprentissage avant d’acquérir la culture des vins de qualité. »
Stéphane Derenoncourt : « Je me souviens de ce chef de cave qui, au bout de trois quarts d’heure, a réussi à dire mon nom et à citerlire la suite

La fête de la Fleur




En clôture du salon Vinexpo, Château Lagrange a accueilli 1500 professionnels et amateurs de vin du monde entier pour célébrer la traditionnelle fête de la Fleur en même temps que le trentième anniversaire de l’acquisition de ce grand cru classé de Saint-Julien par le groupe japonais Suntory, en 83. Si la météo n’a pas joué le jeu, la pluie n’a pas empêché la venue des comédiennes Carole Bouquet, marraine de l’événement, Anna Mouglalis et Michelle Yeoh. La soirée a débuté par la traditionnelle cérémonie d’intronisations sur le parvis du château pour se poursuivre, dans un décor de façades illuminées, avec des airs d’opéra sur l’eau et des spectacles de pyrotechnie dans les jardins. Le dîner, conçu par le chef étoilé parisien Frédéric Simon, s’est tenu dans les chais du château. Les plats mariant le raffinement des cultures japonaises et françaises étaient accompagnés de vins à la hauteur de l’occasion (fieuzal 2010, lafon-rochet 2003, lagrange 1995, lafite rothschild 1990, suduiraut 2001). Côté logistique, c’est le traiteur bordelais Monblanc qui a assuré la mise en scène avec deux cents serveurs qui sont entrés dans la salle en même temps que les quatre-vingts maîtres de chai de différents châteaux engagés par la Commanderie du Bontemps, en cadence et sous les applaudissements des convives.

Un nouveau Riedel

C’est aujourd’hui que Maximilian Riedel prend, à la suite de son père Georg et secondé par sa sœur Lætitia,
la tête de la manufacture autrichienne qui porte son nom. Créée en 1756, cette dernière a connu une longue
histoire avant que Claus Riedel n’invente, en 1958, les premiers verres œnologiques adaptés à la typicité de chaque cépage. Depuis ces gammes de verres en cristal (Sommelier, Vinum, Vinum Extrême) ont été sans
cesse améliorées. Utilisés par les dégustateurs du monde entier, professionnels ou amateurs, les verres Riedel
sont tous le fruit d’une approche extrêmement précise de ce qu’un vin a à dire. Même la toute dernière génération, cette gamme de verres sans pieds (elle s’appelle O), pensée pour les jeunes urbains, qui a été conçue par Maximilien Riedel. Débarrassé de sa fragilité, l’outil s’adapte encore et toujours à l’art de boire. Au moment
de la passation de pouvoirs en la dixième et la onzième génération de Riedel, Georg (qui reste propriétaire
et conseil de l’entreprise) a confié être « fier de Maximilian, qui a su développer notre marché en Amérique
du Nord avec un succès exceptionnel, et dont le talent et la créativité extraordinaires ont largement contribué
au développement de la marque.
»

Les grands personnages




La cave de Tain l’Hermitage fête ses 80 ans cette année. Les festivités ont commencé le 19 mai dernier, quand
les illuminations de Moïse Poisson ont éclairé la colline, et s’achèveront par le week-end portes ouvertes prévu
en novembre prochain. En ce moment, le promeneur découvrira une exposition de land art de l’artiste plasticienne Daphné Dufour. Au long des onze étapes de l’itinéraire pédestre ludique et pédagogique créé en 2011 (“Sur les pas de Gambert”), ses gigantesques personnages en sarments et ceps de vigne rendent hommage aux savoir-faire des trois-cents vignerons qui forment la cave de Tain. Plus de renseignements ici.

Ci-dessus, Le Regardeur, assemblage de sarments et ficelles.

Daphné Dufour, Human Wine, printemps 2013.

Jazz à Dalmeran





Chaque année, c’est la tradition à Dalmeran, on souhaite la bienvenue à l’été avec un concert sous les étoiles.
Pour célébrer les beaux jours à venir, Béatrice et Neil Joyce accueilleront ce soir le public dans le parc de leur domaine des Alpilles (ils en ont un autre, La Célestière, à Châteauneuf-du-Pape) pour un concert qu’ils ont voulu pétillant et vivant. Le swing des quatorze musiciens formant le big band Jazz Coeur du Var sera accompagné par
la cuisine de Sébastien Richard (La Table de Sébastien à Istres et le tout nouveau restaurant du Hameau des Baux). Ouverture du bar à vins et à champagne et de l’espace traiteur à 19 h, concert à 21 h. Entrée gratuite,
plateau traiteur 25 €. Plus de renseignements ici.

Musique en vignes, 10e édition


Le festival de musique en vignes du Frontonnais, créé à l’initiative de l’association Fortissimo Piano, de la mairie
de Fronton et du syndicat de l’appellation, fête ses dix ans cette année. Il débute ce soir pour se terminer le
12 juillet et propose un programme en huit dates. Les concerts seront, comme toujours, donnés dans des églises
ou des caves et suivis d’une dégustation de vins de Fronton. Tarif des concerts, 18 €. Tarif adhérents et habitants des communes partenaires, 13 €. Tarif réduit (étudiants, chômeurs…), 7 €. Plus de renseignements ici.

Le programme 2013 :

Vendredi 28 juin, 21 h.
 Eglise de Castelnau d’Estretefonds.
La Passion selon Saint-Jean, orchestre de La Cité D’Ingres, ensemble vocal du Conservatoire de Montauban, direction Bernard Laborde.

Dimanche 30 juin.

Trois professeurs de piano des Conservatoires de Toulouse et Montauban parrainent trois jeunes pianistes prometteurs de la Région, actuellement étudiants au Conservatoire supérieur de Paris et à l’Université de Montréal.
11 h : Château Flotis, Castelnau d’Estretefonds. 
Récital Gérard Rial, première partie Paul Beynet.
Œuvres de Bach, Albéniz, De Falla.
15 h : Eglise de Fronton. 
Récital Eric Lesage et Julien Gaudinière.
Œuvres de Chopin et Debussy.
18 h : Château Caze, Villaudric. 
Récital Thierry Huillet, première partie Florent Féral.
Œuvres de Ravel, Huillet.
21 h : Château Caze, Villaudric. 
Soirée des six pianistes.
Œuvres de Gershwin, Moussorgski, Saint-Saëns.

Mardi 2 juillet, 21 h.
 Château Cransac, Fronton.
Nonette de saxophones Squillante et Sarah Nemtanu, violon solo de l’Orchestre National de France.
Œuvres de Katchaturian, Dvorak, Piazzolla

Vendredi 5 juillet, 21 h.
 Salle de la Négrette, Labastide Saint Pierre.
Café tango. Chant Omar Hasan, violoncelle Marie-Françoise Mercier et accordéon Grégory Daltin.
Oeuvres de Piazzolla, Gardel…

Samedi 6 juillet, 21 h.
 Château de Reyniès.
La petite messe solennelle, Rossini. Ensemble Vocaux de Reyniès, de la Schola du Moustier de Montauban. Chanteurs Solistes : Anaïs Constant, Janet Emmelkamp, Paul Cremazy, Laurent Labarbe. Piano Micheline Pinoncely. Direction Nathalie Accault.

Dimanche 7 juillet, 18 h 30.
 Eglise de Bouloc.
Quintette à cordes à deux violoncelles en ut majeur, D. 956, Franz Schubert.
Violons Céline Lesage et Nirina Betoto, Alto Grégorie Doye. Violoncelles, Marie-Madeleine Mille, Alice Mathé.

Mardi 9 juillet, 21 h.
 Greniers du Roi, Villemur sur Tarn.
Duo Lesage, violon Céline Lesage, piano Eric Lesage. 
Piazzolla, Gershwin, Tchaïkovski, Verdi…

Vendredi 12 juillet, 21 h. Maison des vins et du tourisme, Fronton.
Soirée de clôture et marché des vignerons.
Brass band de Toulouse, direction Jean Guy Olive.


Les douelles transparentes de Mouton-Rothschild



Photo Emanuele Scorcelletti


Le nouveau cuvier de Château Mouton-Rothschild est doté d’une innovation mise en œuvre par Seguin Moreau,
à découvrir de plus près dans ce film. La possibilité de voir l’intérieur des cuves faisait partie du cahier des charges du château dès l’origine du projet de rénovation du cuvier, en 2006. Plusieurs tonnelleries ont été sollicitées et la proposition de Seguin Moreau été retenue fin 2009 par l’équipe technique de Mouton Rothschild. Aujourd’hui,
après six années d’études, de recherches, de prototypes et de réalisations, la tonnellerie peut enfin lever le voile sur
cette innovation brevetée conçue spécialement pour l’occasion. Grâce à des douelles transparentes en plexiglas alimentaire, il est désormais possible d’observer à l’oeil nu, et pour la première fois, le remplissage et toutes les étapes de la vinification (formation du chapeau de marc, dégagements gazeux, remontages, délestages, etc.).
Ces quarante-quatre cuves, toutes équipées de deux douelles transparentes, qui font la fierté des équipes de Seguin Moreau, ont été inaugurées par la propriété le 16 juin dernier, pour l’ouverture de Vinexpo.

Une stratégie qui ne s’improvise pas

Quand elle a annoncé la mise en place d’une première sculpture dans ses vignes, Florence Cathiard se souvient que certains de ses voisins voyaient déjà « des concours de belote et de pétanque dans un grand cru ». Philippe Raoux a préféré attendre un an avant de récidiver en 1990, le temps que le public digère. « Depuis, une nouvelle génération de vignerons est arrivée, plus ouverte sur le monde. ». En Champagne, les actions de Pommery et de Roederer sont bien accueillies, mais comme le constate Michel Jeanneau, « les Champenois chassent en meute pour défendre leur appellation, mais sont indifférents aux gestes des uns ou des autres pour promouvoir l’image
du terroir.
 » Les acteurs de la culture n’intentent pas de procès en légitimité aux vignerons. À condition que les rôles soient bien définis. « L’Expérience Pommery est une initiative personnelle, sincère et passionnée menée à côté
de la marque. Il n’est pas question de mélanger les genres. Nous offrons une plage de liberté à des artistes sans contrepartie. Pour que tout le monde soit gagnant, il faut absolument que la frontière reste étanche
 », insiste Nathalie Vranken. Pas question non plus de se substituer à un musée ou à une galerie sans s’associer
à un professionnel qui, accessoirement, saura éviter quelques froissements d’ego dûs au voisinage d’artistes à la renommée inégale. De plus, l’art coûte très cher. Florence Cathiard a d’abord financé sa passion « avec la vente
de son très grand appartement parisien
 », avant de compter sur les bénéfices des bons millésimes. Pas question de bourse délier si les vendanges sont moyennes. Au risque de rater des affaires comme cette araignée de Louise Bourgeois. « Daniel a dit non, car nous devions changer le cuvier. Tant pis, sa cote s’est envolée après sa mort. » Philippe Raoux confirme qu’une partie de la vente du château de Viaud, en 2011, lui a permis de faire des acquisitions. « Nous sommes sans doute arrivé un peu trop tôt sur ce créneau. Mais, dès l’origine, nous avions décidé que nos cent mille pieds de vignes produirait de quoi acheter au moins une œuvre par an. »

Château d’Arsac a ouvert la voie à Bordeaux
« Je l’adore. Philippe Raoux est le seul d’entre nous à aller jusqu’au bout de sa passion. Il veut faire partager une vraie vision de l’art » s’exclame Florence Cathiard au sujet du propriétaire de Château d’Arsac, un cru bourgeois supérieur de Margaux littéralement ressuscité depuis sa reprise en 1986. À l’époque, il n’y avait plus un seul pied de vigne. Depuis, ce vignoble a regagné son appellation d’origine tout en devenant l’un des points névralgiques de la création contemporaine en Aquitaine. Car ce domaine est aussi planté d’œuvres monumentales de César,
Jean-Pierre Raynaud, Mark Di Suvero, Folon et surtout d’une gigantesque diagonale de Bernar Venet qui, à en croire Céline Lis, la maîtresse les lieux, symbolise un château en vie. « Nous sommes incessamment en travaux. Nous ne sommes pas une pièce du sacro-saint et intouchable patrimoine, mais une réalité
en construction, en recherche, en évolution
 ».

Vincent Bussière

274 000


C’est le nombre de “fans” des vins de Bordeaux sur Facebook. Depuis peu, ils sont 100 000 amateurs sur la page France, ouverte par l’interprofession (CIVB) début 2009. Le succès est aussi au rendez-vous sur Twitter et Weibo,
le réseau social chinois où le compte de Michel Bettane est suivi par de très très nombreux followers.
On en lit plus ici.

Le fond et la forme

Selon une enquête UBIFRANCE/O-I*, les distributeurs chinois seraient plus sensibles à la forme de la bouteille qu’ils importent qu’à ce qu’elle contient. Que les ventes de vins vers la Chine aient été multipliées par dix-huit en cinq ans et que ce grand pays soit devenu (en 2012) le troisième client de la France n’aurait donc que peu à voir avec un goût pour ledit vin ? L’étude montre que si l’origine reste le principal critère de choix (à 100 %), le type
de vin (rouge, blanc, rosé, tranquille, pétillant…) n’arrive qu’en huitième position. Après le prix ou encore la forme
de la bouteille, un critère placé en cinquième position. Menée sur quatre mois entre janvier et mai 2013, auprès d’une cinquantaine de professionnels du vin, principalement à Shanghai et Chengdu, cette étude centrée sur les mécanismes de choix d’une bouteille par les distributeurs chinois portait sur douze critères concernant la bouteille (forme, couleur, poids, bouchon, gravure, piqûre, fond et étiquette) et le vin (origine, goût, type, prix, marque/nom de domaine). Pour Hélène Hovasse, responsable de la filière agroalimentaire d’UBIFRANCE Chine, en charge de cette étude avec son équipe, « cette enquête bouleverse l’approche marché jusqu’ici adoptée par les producteurs de vins français. (…) C’est la première fois que le contenu autant que le contenant sont scrutés et il en ressort que les distributeurs chinois ont une approche culturelle très différente du vin par rapport à leurs homologues français.
Elle démontre à quel point les critères symboliques revêtent une importance capitale. Pour vendre du vin en Chine, il faut raconter une histoire, et celle-ci débute avec la bouteille.
», constate Hélène Hovasse. Cette étude sera suivie à l’automne d’un second volet concernant cette fois les critères de choix des consommateurs chinois.

* Owens-Illinois, Inc. est le premier fabricant mondial de bouteilles et pots en verre. La société, dont le siège est installé à Perrysburg dans l’Ohio (États-Unis), a réalisé en 2012 un chiffre d’affaires de 7 milliards de dollars. Elle emploie aujourd’hui environ 22 500 collaborateurs et possède 79 usines réparties dans 21 pays.