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Un menu à dix mains

Transmission des savoir-faire et des valeurs sont en ce moment à la carte du restaurant du domaine Les Crayères, à Reims, qui s’est vu tout récemment décerner le titre de « Meilleur hôtel de charme d’Europe » par le magazine Travel+Leisure. Les treize étoiles dont sont auréolés le chef des lieux, Philippe Mille, et ses prédécesseurs Gérard Boyer, Alain Passard, Vincent Thierry et Philippe Labbé, se sont accordées pour créer ensemble la quatrième édition d’un menu dédié au terroir et au génie champenois autant qu’à la magnifique propriété qui sert de cadre à “leur” restaurant. Jusqu’à la fin du mois, une partie de ce menu « Transmission et Partage » est accompagné par le champagne Nec Plus Ultra 1999 élaboré par la maison indépendante et familiale Bruno Paillard.

paillard@crayeres
Renseignements et réservation au 03 26 24 90 00.

La bonne cause des sommeliers

Dimanche dernier, l’Association des sommeliers de Paris Ile de France organisait son traditionnel dîner de gala, parrainé cette année par le réalisateur Costa Gavras. Fondée en 1907 (c’était la première au monde), cette importante fédération régionale, qui regroupe le plus grand nombre de sommeliers titrés (dont Olivier Poussier, Meilleur sommelier du monde 2000, Eric Beaumard, vice-Meilleur sommelier du monde 1998, Philippe Faure-Brac, Meilleur sommelier du monde 1992, Jean-Claude Jambon, Meilleur sommelier du monde 1986, Jean-Luc Pouteau, Meilleur sommelier du monde 1983), est présidée depuis 2008 par Jean-Luc Jamrozik, chef sommelier de l’hôtel Baltimore. Sous sa dynamique conduite, l’Association organise chaque année durant sa soirée une vente aux enchères de grands vins dont les profits sont reversés à une œuvre caritative. Après le Secours Populaire, c’est une association dont le travail porte sur le syndrome de Lynch qui a été choisie pour recueillir les fruits de la récolte de cette édition 2014 (pour en savoir plus, cliquer ).

Le décès de Thierry Roset, chef de caves des champagnes Charles Heidsieck

« Quand tout change, il ne faut pas de rupture », Thierry Roset maniait le contrepied avec un plaisir évident. Le challenge était de taille, voilà qu’il remplaçait Régis Camus dans le rôle du chef de caves de Charles Heidsieck pour que celui-ci se consacre au succès de la marque sœur, Piper-Heidsieck.
Dans cette maison de Champagne en pleine rénovation, Thierry Roset revendiquait cet « esprit de suite ». Une loyauté forgée par 25 années dans cette même maison, aux côtés de Régis Camus, précisément.
Là, il a tout fait, directeur de production, puis de l’œnologie, puis chef de caves adjoint. Des grands vins et de leur succès, il connaissait tous les rouages. Parmi ceux-ci, la nécessaire humilité, la patience imposée, le sens du relatif et celui du temps qui passe. Thierry Roset avait 54 ans et son décès brutal, ce dimanche, surprend tous ceux qui le côtoyaient et qui l’appréciaient.
À sa famille, à ses proches et à ceux qui travaillaient avec lui, les équipes de Bettane+Desseauve adressent leurs condoléances émues.

Nicolas de Rouyn

Haut-Brion, le bon cru de 1521

Propriétaire de Château Haut-Brion, de Château La Mission Haut-Brion et de Château Quintus, la société familiale Domaine Clarence Dillon avait lancé en mai 2013 un défi à caractère historique qui vient d’être relevé. Il s’agissait de trouver une mention écrite concernant le vin de Haut-Brion qui soit antérieure à celle figurant dans le livre de cave du roi Charles II d’Angleterre et datant de 1660. Le challenge a réuni de nombreux participants et deux mentions plus anciennes ont surgi du début du XVIe siècle. Le texte le plus ancien a été découvert aux Archives départementales de la Gironde.

C’est un acte notarié daté du 21 janvier 1521 qui concerne une vente de rente perpétuelle en vin entre Jean de Monque, écuyer et seigneur de ce lieu de Monque, et Guilhem de Mailhois, bourgeois, marchand et sergent de Bordeaux. Cette vente est consentie pour un montant de 400 francs bordelais (soit l’équivalent d’un pouvoir d’achat actuel de plus de 50 000 euros). En remboursement de ce prêt, Jean de Monque s’engage à livrer, chaque année « quatre pipes de vin (…) du lieu appelé Aubrion », c’est-à-dire huit barriques, ou 1 800 litres.

« Quatre pipes de vin, seront du cru des vignes appartenant audit de Monque du lieu appelé Aubrion, appartenant audit vendeur. Lesquelles sont sises derrière son bourdieu assis audit lieu appelé
du Brion, en la paroisse Saint-Martin de Pessac, ensemble des vignes de Pins Bouquet, de la Gravette et de Cantegrit, le tout appartenant audit seigneur de Monque, assis en Graves de Bordeaux
et si cas était que ne vint aucuns fruits de raisins qui fussent pour satisfaire lesdites quatre pipes
de vin de rente, bon, pur et net et marchand, le dit vendeur sera tenu lui en bailler d’autres aussi bon provenu du cru desdites vignes dessus déclarées.
»
(Archives Départementales de la Gironde – 3E 6533 – 24 janvier 1521)


Ainsi, plus de trois siècles avant d’être classé en 1855 au rang de premier grand cru, le vin de Haut-Brion est déjà rattaché à ce terme si particulier de “cru”. C’est aussi le cas pour la seconde très ancienne mention retrouvée à l’occasion de ce challenge, un acte qui porte sur une vente de vin passée devant notaire royal à Bordeaux en 1526. Esclarmonde de Lagarde, Bordelaise, vend à Pierre Gassies et Pierre Mulle, probablement marchands, « deux tonneaux de vin clairet ou rouge du cru du Haulbrion en Graves » (Archives Départementales de la Gironde – 3E 9802 – 1er septembre 1526).

A cette date, la vendange de l’année n’est pas encore faite et la qualité de la récolte n’est pas certaine. Si elle est bonne, le vin sera naturellement concentré, avec une robe rouge, si elle est très moyenne, la robe sera rose foncé (clairet). Dans cette transaction de nature commerciale, la désignation du produit s’est simplifiée. On parle de vin du cru du Haulbrion, sans référence aux vignes et à leur propriétaire. Dès 1526, la fusion entre le nom du cru, ou terroir, et celle du vin qui y est élaboré semble faite. Cette désignation est très semblable à celle de “vino de Hobbriono” qui figurera 134 ans plus tard dans le livre de cave du roi d’Angleterre.

Des chats dans les vignes

Lors de la septième édition du salon littéraire « Livres en vignes » qui s’est tenue le week-end dernier au château du clos de Vougeot, le domaine Méo-Camuzet a décerné son quatrième « Prix Méo-Camuzet du premier roman » à Christian Wacrenier pour son livre Les Chats de Louise Michel, publié chez Joëlle Losfeld. Après les romans de Grégoire Delacourt, Claude Keller et Anne Icart, le « bon cru » de cette rentrée littéraire 2014 est une histoire de chats, d’hommes et de femmes, un roman a énigmes, « plein de tendresse et d’un humour parfois grinçant » à côté duquel les amoureux des chats, entre autres, ne peuvent pas passer. Extrait : « Je ne peux vivre qu’avec des chats parce que les chats vous foutent la paix. Ils ne vous font pas de chantage. Ils se débrouillent tous seuls. Ils restent beaux jusqu’à la mort. Pauvres non-chats que nous sommes… » Dédié à la littérature générale, mais aussi à celle du vin, du terroir et de l’art de vivre, « Livres en vigne » est organisé par l’association du même nom, présidée par Evelyne Philippe, avec le soutien de la confrérie des Chevaliers du Tastevin et le parrainage des domaines ALbert Bichot et Méo-Camuzet. Trois prix sont remis lors de ce salon.

prixMeoCamuzet2014

Languedoc, tempétueuse récolte

Le club Vignobles & Signatures, association fondée sur la solidarité viticole initiée en 1984
qui regroupe seize domaines familiaux dans seize régions (ce qui représente 1 660 hectares de vignes, 11 300 000 bouteilles, 410 salariés, et un chiffre d’affaires de 74 000 000 euros), propose comme chaque année un tour de France des vendanges. Aujourd’hui, direction le pic Saint Loup, dans le Languedoc, avec le domaine de l’Hortus où les vendanges se sont achevées lundi dernier, juste avant les grosses pluies qui se sont abattues sur la région.

« Des vendanges superbes. Elles ont été joyeuses du 25 août, date à laquelle on a attaqué avec les blancs, jusqu’à cet épisode pluvieux du 17 septembre qui nous a contraints à nous arrêter, aux deux tiers des rouges hélas. 148 millimètres en 24 heures, nous n’avions pas connu une telle pluie depuis 1996, souvenir angoissant.

Finalement, on a pu reprendre les vendanges à la main au Clos du Prieur le 21 septembre. Le mourvèdre récolté le 23 septembre est impeccable, et on a terminé avec les syrah le lundi 29. Ce sera une année de parcelles avec des vins privilégiant la concentration, d’autres la finesse et l’élégance fruitée, et partout une très belle acidité. Conclusion, un très bon millésime en qualité et quantité. »

Jean Orliac

Photo ci-dessus, travail en famille au domaine de l’Hortus, ©Domainedel’Hortus.

Qu'est-ce qu'on fait ce week-end ?

Tout à la fois festival œnologique , festival de musique et marché de producteurs, Le Millésime s’installe à Grenoble à partir d’aujourd’hui jusqu’au 19 octobre. De dégustations commentées en ateliers œnologiques, c’est aux vins d’Ardèche que sera consacrée cette vingtième édition d’un festival dont l’approche culturelle et pédagogique du vin a été récompensée par le prix René Renou 2008 (créé par l’Association nationale des élus du vin et la Fédération internationale des journalistes et écrivains du vin, ce prix distingue « la collectivité ayant le mieux œuvré, au cours de l’année écoulée, pour la défense et la promotion du patrimoine culturel lié à la viticulture»). Au programme des jours à venir, randonnées gourmandes, souper ardéchois, souper baroque, concerts, l’agenda complet est ici et le site de l’événement propose également un programme classé par thème.

muscadetours2014
La troisième édition des Muscadétours, événement automnal dédié au vignoble nantais, débutera ce soir au château de Clisson. De randonnées en ateliers, dans les châteaux ou les musées, pendant trois jours le grand public est invité à découvrir en famille et entre en amis les richesses œnologiques, gastronomiques et historiques du territoire viticole le plus à l’ouest du vignoble du Val de Loire. Le programme complet de la manifestation est .

Pas très loin de là, au sud d’Angers, le musée de la vigne et du vin d’Anjou reconduit également pour la troisième fois ses Instants O’tonneau, célébration des vendanges et du rouge. Récolte à la main, pressée à l’ancienne, atelier du goût, causerie-dégustation et dîner œnologique, le programme complet de ces trois jours, conçu pour tous les âges, est à découvrir et télécharger ici.

instantsotonneau

livrerencontresvougeaot
En Bourgogne, le festival Musique au Chambertin propose ce week-end les derniers concerts de son édition 2014 (plus d’infos ici). Au château du Clos-Vougeot se tiennent depuis hier les rencontres organisées chaque année par la Chaire Unesco « Culture et Traditions du Vin » de Dijon. Le thème de cette session 2014 est « Le vin en héritage : anciens vignobles, nouveaux vignobles » (voir les intervenants ).

On peut commander ici l’ouvrage rendant compte des rencontres 2013 qui se sont déroulées autour du thème « De la cave au vin, une frucutueuse alliance». Signalons également que le Jardin des Sciences de Dijon accueille jusqu’au 19 octobre Pinot & Compagnie, une exposition consacrée aux cépages bourguignons. Plus de renseignements .

pinot&cie

On termine avec une festive tradition viticole.
Célébrée dans tous les vignobles, la fête des vendanges salue la fin de la récolte. En Alsace, c’est Barr qui fera honneur aux raisins de l’année ce week-end avec, entres autres, un marché, un cortège de chars et un concert (tous les villages de la route des vins d’Alsace et les fêtes à venir sont ici).
Dans le Beaujolais, au pied du mont Brouilly, on célèbrera dimanche de midi à minuit le « paradis », nom donné dans cette région au vin bourru. Le programme et les renseignements concernant l’édition 2014 de la Fête du paradis, organisée par le comité des fêtes d’Odenas, sont à découvrir .

Le bio en Aquitaine, un reportage

Premier grand cru classé de Sauternes à avoir adopté l’agriculture bio en 1996, Château Guiraud
se fait le relais, via son magazine, d’un reportage de Jean Pierre Stahl récemment diffusé sur France 3 et portant sur l’essor de la viticulture bio en Aquitaine. Elle représente désormais 730 viticulteurs qui travaillent 9 642 hectares de vignes, dont un peu moins de 2 600 sont en conversion. Pour regarder la vidéo, on clique là.

Quand les grands font des petits 1/2

Belles étiquettes à prix raisonnables, les seconds vins des grands châteaux bordelais sont aussi, le plus souvent, des bouteilles à apprécier dans leurs jeunes années. Petit passage en revue des troupes, de Saint Estèphe à Saint-Emilion.


Capture d’écran 2014-10-02 à 15.32.20

Le second vin de Château Lafon-Rochet est issu de vignes âgées de 10 à 30 ans, qui donneront dans quelques années le “grand vin” du domaine, quatrième grand cru classé de Saint-Estèphe. Les Pèlerins est un assemblage de 50 % de cabernet-sauvignon et 50 % de merlot. Millésime 2010, 18 € 


En appellation saint-estèphe également, le frère cadet de Château Meyney est né en 1979 et porte le nom de Prieur de Meyney. C’est un assemblage de 62 % de cabernet-sauvignon et 38 % de merlot. Millésime 2009, 17,50 €

lynchbagesA Pauillac, le grand cru classé Château Lynch-Bages produit un Echo, assemblage composé de cabernet-sauvignon, à 47 %, de merlot, à 41 %, et de cabernet franc, à 12 %. Millésime 2011, 35 €

Le second vin de de Château Grand-Puy Ducasse, Pauillac encore, porte le nom de Prélude. Il est composé de 45 % de merlot et de 55 % de cabernet-sauvignon. Millésime 2011, 21,50 €


Capture d’écran 2014-10-02 à 15.59.55Créé en 1995 afin d’effectuer une sélection au sein des vignes de l’appellation margaux, Blason d’Issan, le second vin du grand cru classé Château d’Issan, est un assemblage de 61 % de cabernet-sauvignon et de 39 % de merlot. Millésime 2010, 31 €

Capture d’écran 2014-10-02 à 16.04.57

Grand cru classé de Graves et emblématique propriété de Pessac-Léognan, Château Haut-Bailly produit depuis 1967 un deuxième vin nommé La Parde Haut-Bailly, assemblage de merlot (65 %) et de cabernet-sauvignon (35 %) que l’on pourra garder quinze à vingt ans. Millésime 2011, 25 €

Toujours en appellation pessac-léognan, Le Clos des Carmes Haut-Brion est un assemblage de 85 % de merlot et 15 % de cabernet-sauvignon issus des parcelles du Château Le Thil Comte Clary acquises par Patrice Pichet (en lire plus ici). Millésime 2010, 30 €

chateaulaconseillanteSur le terroir de Pomerol, le second vin de Château La Conseillante a été lancé en 2007. Lui-aussi issu de vignes plus jeunes, Duo de Conseillante est composé de 95 % de merlot et 5 % de cabernet franc. Millésime 2011, 45 €


petitfigeacOn termine avec Saint-Emilion, où le premier grand cru classé Château Figeac propose un Petit-Figeac, assemblage composé de merlot (40 %), de cabernet franc (40 %) et de cabernet-sauvignon (20 %). Millésime 2012, 32 €

A l’inverse de son aîné, le grand cru classé Château de Ferrand, l’assemblage de merlot (76 %), cabernet franc (17 %) et cabernet-sauvignon (7 %) appelé Le Différent est élaboré pour être dégusté jeune. Millésime 2010, 18 €

Divin de Corbin est un vin élaboré avec les raisins donnés par les vignes les plus jeunes du grand cru classé de Saint-Emilion Château Corbin. Il faut l’attendre deux ou trois ans. Millésime 2010, 19 €

Le vin issu des jeunes vignes du grand cru classé de Saint-Emilion Château Grand Mayne s’appelle Filia de Grand Mayne. C’est un assemblage de 87 % de merlot et de 13 % de cabernet franc. Millésime 2011, 18 €

Jura, des «vendanges en espadrilles»

Le club Vignobles & Signatures, association fondée sur la solidarité viticole initiée en 1984
qui regroupe seize domaines familiaux dans seize régions (ce qui représente 1 660 hectares de vignes, 11 300 000 bouteilles, 410 salariés, et un chiffre d’affaires de 74 000 000 euros), propose comme chaque année un tour de France des vendanges. Aujourd’hui, direction le Jura et le domaine Rolet Père & Fils, où les vendanges viennent de s’achever.

« Nous avons ramassé 63 hectares en seize jours, avec quatre-vingts vendangeurs (nous avons la chance qu’ils soient tous locaux). Des vendanges « en espadrilles » bien agréables avec ce si beau temps. Une récolte petite-moyenne en quantité, avec une excellente qualité en raison des températures et du soleil de septembre.
Les trousseau, que nous avons effeuillés cette année, et pinot noir sont de belle facture.
Le poulsard est déficitaire, car ce cépage fragile à la peau très fine a mal supporté le mauvais temps estival
(en lire plus ici sur les cépages du Jura, NDLR). Les blancs sont magnifiques.
Une semaine avant les vendanges, un petit groupe de salariés et quelques anciens ont cueilli les raisins destinés au vin de paille. Ils sont en train de sécher dans les greniers ventilés, deux locaux de 400 m2 étant équipés à cet effet. La vendange des savagnin destinés à être mis en vieillissement pour faire du vin jaune s’est achevée hier après-midi. Rendez-vous dans six ans !
»

Pierre et Eliane Rolet

Ci-dessus, photo du vignoble du domaine Rolet, ©LIG Dole.