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Le Lebey nouveau est arrivé

35e édition d’un guide gastronomique 100 % digital et définitivement à part

Pour cette 35e édition, les dégustateurs Lebey fidèles à l’esprit de son fondateur Claude Lebey, s’attachent aux plats proposés, au sourcing et à la qualité des produits mais également à l’ensemble de la table : qualité des pains présentés, notation du plateau de fromages, du café et de  ses éventuels accompagnements (chocolats ou mignardises).
Fort de son partenariat avec le Guide des Vins Bettane+Desseauve, les restaurants présentant une carte des vins excitante et au juste prix sont également mis en avant avec notation et bouteilles éventuellement à privilégier.
Véritable sésame de la vie parisienne, le Guide Lebey répertorie les meilleures adresses de Paris et de la région parisienne. Les adresses que vous recommanderiez à vos amis, famille et collègues.

Un guide 100% digital
En version PDF et en mode Flipbook, ce guide d’un nouveau genre permet de parcourir les pages tel un magazine comme, en cliquant tout simplement sur une adresse, d’avoir accès à toutes les informations gérées et mises à jour sur Lebey.com. Pratique et facilement accessible, vous pouvez le disposer sur votre écran, le partager avec vos proches et continuer à choisir les adresses selon vos propres critères, notamment l’arrondissement, le métro, le type de cuisine… Sans oublier, que le Guide Lebey 2022 est également 100 % gratuit. Pourquoi s’en priver ?

Les tables que nous avons (particulièrement) aimées en 2021
Ce sont les onze coups de cœur de Pierre-Yves Chupin : la révélation de l’année, la cantine où se retrouver en famille ou entre amis, le bistrot historique, la brasserie nostalgique enfin retrouvée, le meilleur japonais chinois ou italien, les assiettes les plus pointues du moment …

Le meilleur cuisinier
Le Gabriel / Hôtel la Réserve (Paris VIIIème), Un chef distingué
L’émotion la plus forte
Plénitude (Paris Ier), Expérience, expérience
La table la plus verte
Le Bellefeuille (Paris XVIème), Château de vert
La meilleure brasserie
La Grande brasserie (Paris IVème), Les (bonnes) choses de la vie
Le meilleur bistrot de l’année
Cena (Paris VIIIème), La bistronomie à son summum
Le meilleur œuf mayo
La Rôtisserie d’Argent (Paris Vème), Champion du monde
Les meilleures assiettes à partager
Kemia et Chocho, ex-aequo (Paris IXème), Goulûment
Le meilleur italien
Il Carpaccio (Paris VIIIème), L’Italie du cœur
Le meilleur japonais
Juan (Paris XVIème), En toute exclusivité
Le meilleur chinois
Phoenix (Paris IXème), La baguette magique
La meilleure adresse ouverte 7j/7
Café Compagnon (Paris IIème), Home sweet home

Le jour du Grand Tasting Pro : Bordeaux, du talent et des nouveaux (épisode 1)

25 signatures, 70 vins. Le 11 avril au Carreau du Temple, la capitale porte les couleurs de Bordeaux (entre autres) pour la nouvelle édition du Grand Tasting Pro. Quel changement par rapport à l’an dernier ? Sur le fond, aucun. La sélection de l’année 2022 est toujours aussi enthousiasmante. Du talent, des vins formidables, des prix compétitifs et une myriade de bons crus à mettre dans son verre. Ça dure une journée et c’est gratuit pour les pros

Nouvelle ère pour ce cru classé familial
Château de Camensac
L’arrivée d’une nouvelle et talentueuse directrice a apporté plus d’exigence et de précision dans l’élaboration d’un vin bien médocain de caractère, laissant parler le cèdre et les épices.
Château de Camensac 2005, haut-médoc (rouge) – 38 € HT
Château de Camensac 2015, haut-médoc (rouge) – 26 € HT
La Closerie de Camensac 2016, haut-médoc (rouge) – 12 € HT

Cette signature de Saint-Émilion excelle aussi à Castillon
Vignobles K
Peter Kwok a senti le potentiel de ce cru classé de 13,5 hectares, située dans le prolongement de Pavie et de Larcis-Ducasse. La densité des vins de côte et de pied-de-côte est atténuée par une vinification douce. Résultat : accent crayeux et complexité.
Château Bellefont-Belcier, saint-émilion grand cru 2018 (rouge) – 30 € HT
Château Le Rey, Les Argileuses 2020, castillon-côtes-de-bordeaux (rouge) – 7 € HT
Château Le Rey Les Rocheuses 2019, castillon-côtes-de-bordeaux (rouge) – 13 € HT

La propriété iconique des Graves est de retour au haut niveau
Château de Fieuzal
Longtemps célèbre pour son blanc, un des plus complets de Léognan, ce cru est, à son meilleur, l’une des plus brillantes illustrations du caractère des pessac-léognan. La dernière décennie marque le retour au meilleur niveau.
Château de Fieuzal 2015, pessac-léognan (rouge)
Abeille de Fieuzal 2019, pessac-léognan (rouge)
Abeille de Fieuzal 2019, pessac-léognan (blanc)

Ces deux propriétés font briller Lalande-de-Pomerol
Vignobles Moncets et Chambrun
Le château de Chambrun figure maintenant dans l’élite des meilleurs lalandes. Les 6,80 hectares sont situés sur des graves sur argiles. On peut le savourer rapidement, grâce à un tannin charnu et sensuel, de belle ampleur.
Château de Chambrun 2019, lalande-de-pomerol (rouge)
Rosé de Chambrun 2021, bordeaux rosé (rosé)
Château Moncets 2018, lalande-de-pomerol (rouge)

Les grands terroirs de la famille Quié
Château Rauzan-Gassies & Château Croizet-Bages
À Rauzan-Gassies, la nouvelle génération de la famille Quié met tout en œuvre pour produire des grands vins, avec de bonnes pratiques au vignoble et la construction d’un cuvier moderne et performant. Dans les derniers millésimes, les progrès sont flagrants. Les prix restent sages.
Château Rauzan-Gassies 2015, margaux (rouge)
L’Orme de Rauzan-Gassies 2015, haut-médoc (rouge)
Château Croizet-Bages 2016, pauillac (rouge)

La valeur sûre de son appellation
Château de France
Avec son vignoble soigneusement cultivé, le château de France produit des vins équilibrés et sérieusement constitués. Depuis le retour d’Arnaud Thomassin, le style du vin progresse incontestablement de façon régulière. Ces pessac-léognan conservent un prix encore accessible.
Château de France 2020, pessac-léognan (blanc) – 17 € HT
Château de France 2018, pessac-léognan (rouge) – 17 € HT
Château Coquillas 2019, pessac-léognan (rouge) – 11 € HT

À Puisseguin, c’est le cru à suivre de près
Château Clarisse
Figure du secteur de l’hôtellerie de luxe, Didier Le Calvez et son épouse Olivia ont permis de donner un coup de projecteur sur le plateau de Puisseguin. Leur domaine de 5,10 hectares possède un terroir argilo-calcaire et argilo-siliceux qui mérite toutes les attentions. La progression est indiscutable.
Château Clarisse 2018, castillon-côtes-de-bordeaux (rouge) – 11 € HT
Château Clarisse 2018, puisseguin-saint-émilion (rouge) – 13 € HT
Château Clarisse, Vieilles Vignes 2017, puisseguin-saint-émilion (rouge) – 21 € HT

A star is born (from Blaye)
Château Bonnange
Repris par Michael Huang, un entrepreneur chinois imaginatif et impliqué, Bonnange est l’une des propriétés les plus intéressantes du Blayais. Elle propose à côté de ses cuvées classiques des vins de cépages stylés (sauvignon, merlot, cabernet et malbec).
Silice 2020, vin-de-france (blanc)
Le Cot 2020, bordeaux (rouge)
Château Bonnange 2018, blaye-côtes-de-bordeaux (rouge)

Les modes passent, son style reste
Domaines Rollan de By – Jean Guyon
En 1989, dans le prolongement des terroirs de graves de Pauillac et Saint-Estèphe, Jean Guyon a réalisé son rêve et donné vie à Rollan de By. Ce vignoble est devenu une valeur sûre, offrant un vin consistant à prix régulier. Haut-condissas est l’archétype du super bordeaux.
Château Rollan de By 2015, médoc (rouge) – 13,8 € HT
Château Haut Condissas 2012, médoc (rouge) – 28,75 € HT
Château La Fleur Perey, saint-émilion grand cru 2017 (rouge) – 15 € HT

Ce pomerol est un séducteur-né
Château Mazeyres
Comme à Fonroque, Alain Moueix, ingénieur viticole et œnologue talentueux, apporte son engagement, son expertise et son savoir-faire. L’apport de la biodynamie place la progression de ce cru dans un mouvement de qualité ascendant.
Château Mazeyres 2016, pomerol (rouge) – 22,80 € HT
Château Mazeyres 2018, pomerol (rouge) – 22,30 € HT
Château Mazeyres 2019, pomerol (rouge) – 19,85 € HT

Vous êtes professionnels et vous recherchez des pépites à un rapport prix plaisir intéressant ? On vous donne rendez-vous alors le lundi 11 avril au Grand Tasting Pro.

Paris 2023 : la Team France pour le meilleur sommelier du monde

Entretien avec Philippe Faure-Brac dans lequel le président de l’union de la sommellerie française explique comment la Team France a été sélectionnée ce 12 mars2022. À l’issue d’une longue journée d’épreuve à l’Hôtel Pullman Montparnasse a réuni 6 candidats. C’est finalement Pascaline Lepeltier, MOF et Meilleur sommelier de France en 2018, qui représentera la France au Concours du meilleur sommelier du Monde. Benjamin Roffet sera son suppléant.

Après 34 ans d’attente, la 17e édition du concours qui décerne le titre de Meilleur sommelier du monde aura lieu à Paris du 7 au 12 février 2023. Environ 70 candidats de 67 pays s’affronteront pendant 14 jours. Leur connaissance des vins, des spiritueux et d’autres boissons produites à travers le monde seront évaluées. Leur qualité de service et leur capacité à conseiller et faire vivre des émotions aux clients seront aussi au centre des différentes épreuves. La finale aura lieu le 12 février à Paris La Défense Arena. Ce concours est organisé par l’Association de la sommellerie internationale et l’Union de la sommellerie française.

Plus d’infos sur le site de l’UDSF sommelier-france.org
Facebook : facebook.com/asibestsomm/
Instagram : instagram.com/asibestsomm/

[Vite vu, vite bu] Comte Henry d’Assay, pouilly-fumé et sancerre 2020 (épisode 2)

On adore son caractère minéral malgré cette tension un rien austère, typique des pouilly-fumé dans leur jeunesse, qui ferme l’expression d’un fruité mûr entre notes florales et saveurs miellées. Excellent, il faut prendre le temps de la garder en cave au moins deux à trois ans. Salinité indéniable.

Note Bettane+Desseauve : 92/100

Pour vous faire profiter de nos sélections et de nos coups de cœur,
Bettane+Desseauve et son partenaire WineSitting proposent aux lecteurs d’En Magnum

un tarif préférentiel direct producteur15,30 euros au lieu de 16,99 euros

Sancerre cristallin comme de l’eau de roche, tendu à souhait, ultra sapide, marqué par cette dimension pierreuse et minérale. Comme toujours, le fruit est parfaitement respecté et traduit une connaissance intime du vivificateur avec le cépage et le terroir. Taillé pour la garde et la gastronomie.

Note Bettane+Desseauve : 93/100

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un tarif préférentiel direct producteur17,56 euros au lieu de 19,50 euros

Le mondovino de la semaine #154 tourne à fond

La Tour en Balade • Maître caviste • Le vin au secours des oiseaux • Lynch-Bages historique • Un vintage 2015 d’une grande finesse • Chaque jour du nouveau, en voici cinq

Dans le vignoble


La Tour en Balade

Le samedi 30 avril, après un dernier service, le restaurant de la Tour d’Argent, table parisienne incontournable fermera ses portes pour un chantier de plusieurs mois.  Une rénovation historique pour l’institution, plus longue et plus complète que celle entreprise en 1936 et qui avait installé son restaurant au sixième étage pour bénéficier de l’une des plus belles vues de Paris. C’est à l’architecte Franklin Azzi que revient ce projet d’inscrire la Tour d’Argent dans le XXIe siècle, en s’inspirant de la richesse de son héritage et en conservant les repères qui font sa renommée, comme sa cave à vins. Pendant les travaux, « La Tour part en balade », explique Yannick Branchereau, directeur général du groupe Tour d’Argent. « C’est une envie simple : continuer à faire vivre La Tour d’Argent pendant les travaux et permettre ainsi à ses clients de vivre l’expérience hors de ses murs. Ainsi, la Tour déplace ses équipes, transporte ses savoir-faire, fait voyager son art de recevoir et fait vivre la cuisine d’exception de son Chef Yannick Franques dans des lieux emblématiques en recréant des expériences hors du commun. » L’occasion de vivre l’expérience Tour d’Argent en dehors de son cadre mythique.
Réservations sur tourdargent.com

Maître caviste

36 cavistes indépendants sont officiellement « maître caviste », titre officiel crée par la Fédération des cavistes indépendantsq (FCI) qui vise à valoriser cette belle profession. Sept conditions sont requises pour prétendre à ce titre : ancienneté, connaissances, formation, transmission, sélection proposée, rencontres régulières des fournisseurs, visite du vignoble, représentation d’une bonne image de la profession. Cinq cavistes ont récemment reçu ce titre. « Maître Caviste est une reconnaissance de mes pairs et une confirmation de mon travail », explique Alexis Zaouk (La Cave d’Alex). « Le métier de caviste a bien évolué, je me régale avec cet héritage de trois générations pour créer un futur », souligne Aude Legrand (Chemin des Vignes, Boutique Yves Legrand).
Plus d’informations sur cavistes.org

Le vin au secours des oiseaux

Partenaire depuis six ans de la Ligue pour la protection des oiseaux, le domaine Laroche a mis en place un programme d’installation de nichoirs dans des parcelles préservées d’une activité humaine soutenue, notamment celles situées dans la vallée des Vaudevey en appellation chablis-villages. Entourées de bois, le domaine y a instauré un programme en faveur de la Chevêche d’Athéna. Cette espèce de chouette vivait autrefois dans la région et contribuait à l’équilibre écologique des lieux. Son retour sera bénéfique pour protéger les vignes des petits nuisibles. Pour célébrer ces six années de partenariat, le domaine a créé un coffret nichoir pour accompagner ses vins. Ce coffret nichoir a été conçu tout particulièrement pour les mésanges, habutuées des jardins et balcons de France et d’Europe.
Coffret nichoir et chablis-saint-martin, 25 euros sur boutique.larochewines.com

Lynch-Bages historique

Sotheby’s célèbre l’inauguration des nouveaux chais de Lynch-Bages avec une vente historique de vins en provenance directe du château. Essentiellement composée de vins du château et de quelques expériences exclusives, la vente propose aussi une sélection de bouteilles en provenance des autres domaines de la famille Cazes : château Haut-Batailley (Pauillac), château Ormes de Pez (Saint-Estèphe), domaine des Sénéchaux (Châteauneuf-du-Pape), domaine de L’Ostal (La Livinière) et Roquette & Cazes (Douro, Portugal). L’ouverture en ligne de la vente aux enchères intitulée Four Centuries Of Progress. A Celebration of Lynch-Bages. Direct From The Château aura lieu le 11 mars et s’achèvera par une session en salle à Londres le 25 mars.
Plus d’informations sur sothebys.com

Dans le verre


Un vintage 2015 d’une grande finesse

Ce vintage 2015 représente l’identité de Pol Roger. Il est uniquement produit les millésimes où les conditions climatiques permettent d’obtenir des raisins de grande maturité. C’est la volonté et le principe établi en 1849 par le fondateur de cette belle maison familiale et toujours suivi par la 5e génération. Ce millésime est placé sous le signe de la délicatesse, la finesse, la plénitude, la tension, l’élégance. Un grand champagne comme on les aime.
Pol Roger, Vintage 2015, 70 euros sur polroger.com

Le Blanc des Millénaires 2007 vient de sortir

Charles Heidsieck sort enfin son Blanc des Millénaires 2007, une cuvée légendaire dont voici le septième millésime. Sept seulement en près de quarante ans, c’est dire le niveau d’exigence des chefs de caves qui se sont succédé au fond des crayères de la maison. Premier millésime 1983, puis 1985, 1990, le mythique 1995, 2004 et 2006. Et c’est tout. Et ce 2007 qui arrive aujourd’hui sur les marchés aura patienté près de quinze ans. Et il y en a pour se demander si le champagne peut vieillir. Non seulement il le peut, mais il le fait et celui-ci a un potentiel de garde du double. Au moins.

Mais pourquoi le 1995 est-il à ce point mythique ? Il y a quelques mois, j’ai raconté « La folle histoire d’un champagne de légende » dans le supplément Vin de Paris-Match. La voici reproduite ici pour ceux qui ne lisent pas Paris-Match. En bonus, la fin de l’histoire.

Des centaines de milliers de bouteilles de champagnes, un trésor dissimulé pendant des années par un chef de cave passionné et amoureux du vin qu’il tenait cette année-là. C’est la légende folle du Blanc des millénaires 1995, le grand champagne de Charles Heidsieck. Une histoire impossible aujourd’hui

Que s’est-il passé ?

Daniel Thibault, le chef de cave, a décidé seul de mettre en bouteilles le Blanc des millénaires 1995 sans tenir compte de la demande de sa direction. La maison en voulait 180 000 flacons. Il en a tiré de deux à cinq fois plus, selon les diverses sources qui ont bien voulu s’exprimer. La direction actuelle évoque 400 000 bouteilles, certains cadres qui ont quitté la maison parlent d’un million. La vérité se situe sans doute entre ces deux chiffres.

Pourquoi ?
Notre homme venait d’élaborer les différents champagnes Charles Heidsieck et il est tombé fou amoureux de son grand vin, le Blanc des millénaires, la cuvée de prestige de la maison. À ses yeux, c’était une raison bien suffisante. Il va embouteiller tout ce qu’il peut de ce millésime pour en faire son grand œuvre. Il a dissimulé cette montagne de bouteilles dans la crayère 21, une cave gallo-romaine en forme de cône taillé dans la craie, de 25 mètres de haut. Charles Heidsieck en possède 47 sur la colline Saint-Nicaise à Reims. Un domaine souterrain fabuleux (qui se visite).

Comment est-ce possible ?
On est en janvier 1996, les balbutiements de l’informatique de gestion. On peut penser que ces vénérables maisons rémoises n’étaient pas, alors, au sommet de la technologie numérique. Le lien entre les caves et la gestion de l’entreprise était sans doute assez distendu pour que Daniel Thibault puisse faire ce qu’il veut. Il est le seul maître après Dieu des kilomètres de galeries et de crayères qui constituent les caves de la maison et, donc, son stock. On n’entre pas dans son pré carré comme on veut, même si on est le président. Un contrôleur de gestion n’aurait même pas osé demander la permission. Lui, il a juste vu passer et validé une commande de bouteilles, mettons 500 000, une paille. À l’époque, un gros quart des volumes de vente de Charles Heidsieck, c’est énorme. Mais comme une grande maison de Champagne garde ses vins en cave de trois à dix ans, on peut croire que c’est assez difficile d’évaluer les besoins en bouteilles au jour le jour. C’était Daniel Thibault qui décidait du volume total de production, et pas les services financiers, commerciaux ou marketing de la maison. En plus, les bouteilles sont stockées sans étiquette, derrière de petits panneaux, les planchots, couverts de chiffres mystérieux connus du seul chef de cave et toutes les cuvées ont la même forme de bouteille. Si on ajoute le fait que Charles Heidsieck était la propriété des cognacs Rémy Martin et que la gestion générale se faisait à 500 kilomètres des crayères de monsieur Thibault, on commence à comprendre les souplesses d’un système. Il faut aussi comprendre que le chef de cave porte sur ses épaules une responsabilité immense. Il est à la fois le garant de la qualité des vins de la maison et le gardien du style propre à cette maison. Ce qui donne une légitimité à une éventuelle rigueur, qui peut parfois tourner au despotisme.

Qui était Daniel Thibault ?
Chef de cave de Charles Heidsieck, il est mort emporté par la maladie en 2002. Son successeur, Régis Camus, raconte : « J’ai été son assistant pendant huit ans. J’étais le seul à le tutoyer. C’était un homme au caractère affirmé, c’est le moins qu’on puisse dire. Il avait le pouvoir extraordinaire que lui conférait le respect qu’il inspirait. Et il avait aussi la confiance de nos patrons. Et, donc, l’incroyable possibilité de faire ce qu’il voulait. C’est Joseph Henriot, à l’époque président de la maison, qui l’a engagé en 1974 en lui disant “Vous commencez aujourd’hui à 14 heures et vous me prenez la cave en main”. À 14 h 05, il avait viré tout le monde. Derrière les coups de gueule et la mauvaise humeur, il y avait une grande humanité. Pas forcément gentil, mais sympathique. Avec son grand manteau noir en cuir, il faisait peur, mais il savait rassembler et mener une équipe. D’ailleurs, il était assez fier qu’on le quitte pour aller dans une autre maison. À ses yeux, c’était comme une reconnaissance de son talent de formateur. » Alexandra Rendall, ex-dircom de Charles Heidsieck, précise : « C’était un type bien. Il ne changeait jamais d’avis, mais réfléchissait tout le temps. Il a décidé qu’il fallait profiter du millésime. »

Qu’est-il advenu du stock légendaire ?
La mise sur le marché a eu lieu en 2005. Dix ans de caves est la règle pour le Blanc des millénaires. Au bout de deux ou trois ans, même si les ventes marchaient bien, on avait l’impression qu’il y en avait toujours. « Il y a eu des années où pas une seule bouteille n’étaient vendue, il n’était plus question que de déstockage », précise un ancien cadre. Jusqu’à l’acquisition de la marque en 2011 par Christopher Descours. « Le nouveau propriétaire a bien redressé la marque. Aujourd’hui tout est en ordre. » Il en reste à peine quelques milliers qui font partie de la vinothèque de la maison. Elles serviront de mémoire pour les générations futures, de comparaison avec les nouveaux millésimes de la cuvée, ou encore elles seront servies lors de dégustations pour les grands clients ou la presse mondiale.

Qui possède des crayères à Reims ?
Seulement six maisons sont propriétaires de toutes les crayères de la colline Saint-Nicaise : Ruinart, Martel, Veuve-Clicquot, Taittinger, Charles Heidsieck et Vranken-Pommery.

BONUS
Après la parution de l’article, une haute figure de la maison m’a soufflé en confidence qu’il s’agissait en fait de 1 200 000 de bouteilles de ce Blanc des Millénaires 1995. Voilà le vrai chiffre. Dingue.

Le Grand Tasting Pro donne rendez-vous aux professionnels du vin le 11 avril

[Salon réservé aux professionnels du vin]

Vous êtes cavistes, sommeliers, restaurateurs, acheteurs vin, Michel Bettane et Thierry Desseauve ont le plaisir de vous inviter à la 9e édition du Grand Tasting Pro, le salon réservé aux professionnels du vin qui se déroulera le lundi 11 avril au Carreau du Temple à Paris.

Le Grand Tasting Pro, c’est..
La journée pour partir à la découverte d’une sélection de pépites, enrichir et diversifier votre offre, optimiser votre cave et répondre aux demandes de vos clients.

110 vignerons de 14 régions
Ce rendez-vous, aussi unique que convivial, vous permet de découvrir des vins sélectionnés par les experts Bettane+Desseauve. Les vignerons seront présents pour vous faire déguster leurs pépites et échanger avec vous dans un cadre idéal.

350 vins pour constituer ou renouveler votre cave
Toutes les régions, tous les prix, tout y est pour qu’en peu de temps vous ayez un panorama significatif de ce qu’il faut proposer dans votre cave et apporter à votre clientèle ce renouveau dont elle est si friande.

Pour une carte des vins TOP et PRO
Plus que jamais, Bettane+Desseauve souhaite donner à tous les bons vins la possibilité de s’exprimer et de se faire connaître. « Nous souhaitons pousser les professionnels à oser sortir des sentiers battus pour proposer une offre de vins diversifiée et de qualité pour tous les budgets. Nous avons la chance d’avoir en France un choix exceptionnel et varié de vins d’excellente qualité. Ce trésor doit être davantage proposé pour ravir les papilles de la clientèle » précise Thierry Desseauve.

Vous recherchez des pépites à un rapport prix plaisir intéressant ? On vous donne rendez-vous alors le lundi 11 avril au Grand Tasting Pro.

Dimanche 20 mars, tous à Nuits-Saint-Georges

Parmi les moments de l’année à ne pas manquer en Bourgogne, la vente des Hospices de NuitsSaint-Georges réunit les passionnés de grands vins de l’appellation. Pour la bonne cause

Rendez-vous est donné à 14 heures au clos de Vougeot pour la 61e vente des Hospices de Nuits-Saint-Georges. Similaire dans son principe à celle mondialement célèbre de Beaune, elle permet à cet hôpital-vigneron fondé vers 1270 – bien avant ceux de Beaune en 1443 – de continuer à fonctionner aujourd’hui grâce à la vente aux enchères des vins du domaine.

Douze hectares répartis essentiellement entre les crus de l’aire d’appellation nuits-saint-georges et constitués au cours des siècles par des donations. Les prix du foncier viticole raréfiant cette généreuse pratique, aucune donation n’a eu lieu depuis les années 1990.

En Magnum a dégusté quatre vins du millésime 2021 à retrouver au catalogue de cette vente. Le millésime renoue avec le classicisme bourguignon, retrouvé après les années chaudes qui se sont succédé depuis 2018. S’il s’annonçait généreux à la sortie des bourgeons, la production a été limité par le gel de printemps. La vente ne proposera d’ailleurs que 109 pièces contre 114 pour le millésime 2020, 123 en 2019 et 143 en 2018. Petite récolte donc et forte demande : les prix devraient grimper.

Domaine des Hospices de Nuits-Saint-Georges
Quatre premiers crus de Nuits-Saint-Georges à retrouver

Les Didiers 2021
Monopole du domaine, cette parcelle célèbre jouxte le climat des Saint-Georges considéré par beaucoup comme le grand cru potentiel de Nuits-Saint-Georges. Situé dans la commune de Premeaux-Prissey, les hospices y distinguent trois cuvées. Celle-ci provient de vignes plantées il y a 40 ans. Un vin exubérant en attaque qui se retend ensuite sur l’acidité naturelle du millésime. Il développe bien l’aromatique et la puissance d’un coteau exposé au sud.
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Les Lavières 2021
Profondeur, finesse et onctuosité particulière pour ce vin typé vosne-romanée. Les deux parcelles assemblées dans cette cuvée sont proches du style de l’appellation. Grand fruit, ensemble souple et appétant dont on apprécie la fraîcheur. Élevage déjà intégré à ce stade. On apprécie la bouche franche et l’équilibre de ce joli cru.
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Les Boudots 2021
Moins en nuances que les-lavières à ce stade, ce boudots le dépasse en complexité et en puissance avec un soupçon d’alcool supplémentaire. Style généreux, garde assurée.
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Les Porrêts-Saint-Georges 2021
Dégusté avant la fin de la fermentation malolactique. Il provient de terroirs minéraux et cette sensation caillouteuse est bien visible. Rouge élancé, droit, en tension et racé. Une interprétation du millésime qui semble plus classique que celle livrée par les-boudots avec une sensation de chaleur moindre et davantage d’énergie.
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La Wine School by Fabrice Sommier fête un an de bonheur

Née du confinement, cette école très spéciale aux portes de Mâcon offre un univers vinique exceptionnel

Après vingt ans de sommellerie chez Georges Blanc, « de l’autre côté de la Saône », Fabrice Sommier, Meilleur ouvrier de France 2007 et Master of Port 2010, mi-berrichon mi-solognot n’avait qu’une envie : démocratiser le vin. C’est chose faite avec l’ouverture le 15 mars 2021 de la Wine School by Fabrice Sommier qui propose des ateliers découverte, des leçons de cuisine, des visites commentées dans le Mâconnais qu’il affectionne tout particulièrement. Ce vignoble offre des « vins francs et honnêtes élaborés par des vignerons qui se battent et qui ne sont pas toujours reconnus. »

C’est en visitant cette belle demeure bourgeoise, bâtie au milieu d’un parc aux portes de la ville, que sa Wine School a pris naissance.  Le confinement l’a aidé à peaufiner sa réflexion. Il en tire une conclusion « les gens qui viennent ici pourront mettre des mots sur leurs émotions, poser autant de questions qu’ils veulent, reprendre les sujets qu’ils ont mal compris, etc. ». Dans le parc, le sommelier a planté des vignes pour se projeter dans l’avenir.

La deuxième année s’annonce sous le signe des séminaires d’entreprise qu’il compte développer avec sa compagne propriétaire de la Fabrique de Charlotte.

La Wine School reçoit déjà une pluie de compliments « Très belle expérience et l’accueil est charmant. » Le jovial et passionnant Fabrice Sommier a réussi le pari de réunir en un seul lieu tous les projets qui lui tenaient à cœur.

Par Mathilde Hulot

Légende photo : Fabrice Sommier propose des balades œnologiques limitées à 5 personnes à bord de ce British Black Cab, avec visites de vignerons et déjeuner. 

Le dernier jour du Laurent

Légende photo : C’est ça, le prochain Laurent ? Qu’on ne m’y attende pas.
(photo extraite du site Paris Society)

 

« Tout fout le camp » s’attristaient les habitués aux comptoirs des bistrots en sifflant, mélancoliques, un ballon de rouge aussi ennuyeux que les propos tenus. La nostalgie a-t-elle encore droit de cité ? Je dis oui.

J’étais la semaine dernière au Laurent, ce restaurant mythique des jardins des Champs-Élysées que je considérais, émerveillé, comme le meilleur de mon monde. C’était le dernier déjeuner, la fin d’une époque, la fin de tout. L’ambiance n’était pas venue, on pliait les gaules, on traînait les pieds, ce n’était pas d’une gaieté folle. La clientèle habituelle, un rien clairsemée ce jour triste, occupait les banquettes confortables de cette grande salle aux vastes baies vitrées qui envoient la plus belle lumière naturelle qui soit. Patrons du CAC 40, politiques, grands antiquaires de l’avenue Montaigne voisine, un entre-soi de bonne compagnie qui n’était pas la moindre des qualités du lieu. Cet endroit représentait une sorte de résumé parfait de ce que Paris pouvait être d’élégance, de simplicité chic, de mesure, de tout ce qu’on aimait dans notre capitale et qui a une fâcheuse tendance à s’effacer sous les coups de boutoir d’un villedeparisme, comme disait le regretté Laurent Bouvet, échevelé, hystérique, destructeur.

Je me souviens de la gastronomie d’Alain Pégouret, d’une rare justesse qui m’avait fait aimer l’endroit ; je me souviens de la meilleure sommellerie de Paris ; je me souviens de l’accueil de Philippe Bourguignon, de Ghislain, de Christian, des autres, tous les autres, du voiturier (un type formidable) au plus débutant des serveurs qui tous s’attachaient à produire le meilleur d’eux-mêmes dans un cadre unique et exigeant. Ici, on n’était pas assommé par une musique exagérée, on ne buvait pas de vins nature. Je me souviens, je regrette. Le printemps qui vient ne nous verra plus ravis sur la plus belle terrasse de Paris.

Le restaurant Laurent ferme.

Les murs appartiennent à la Ville de Paris, l’exploitation est concédée, la Mairie n’a pas retenu l’offre du concessionnaire historique, le groupe Partouche. C’est Paris Society dirigée par Laurent de Gourcuff qui prend la suite. Paris Society a créé une nébuleuse d’une vingtaine de restaurants « à la mode » à Paris, Courchevel, Megève, etc. Parmi lesquels Monsieur Bleu, la Maison Russe (devenue subitement, sottement, la Maison R. comme si le mot russe était devenu infréquentable, les imbéciles), Perruche et d’autres comme Apicius repris des mains fines et intelligentes de Jean-Pierre Vigato, on a vu ce qu’ils en ont fait, pas de quoi pousser des petits cris extatiques. Bref, tout ceci sent le branché et, pire, le festif. On y paiera trop cher une assiette approximative et une carte des vins à coefficient confiscatoire. À l’automne prochain, l’établissement fermera pour quelques mois, le temps des travaux. On va refaire la déco. Aïe. J’ai peur d’avance. La vulgarité nouvelle des Champs-Élysées gagne les jardins, n’en attendons rien de bon. J’avais déjà vécu pareille débâcle à la reprise de la Coupole à Montparnasse, nous avions beaucoup pleuré ce haut-lieu disparu.
Le monde change, vieux. C’est comme ça. Sans doute. Le monde pourra-t-il se passer de ses ancrages les plus brillants, les plus historiques ? Je ne crois pas. Je ne crois pas du tout.

Cela dit, le pire n’étant jamais certain, nous pourrions voir éclore une divine surprise.

Il y faudrait beaucoup d’humilité.