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Les distillations de Bache-Gabrielsen

Deuxième création issue de la collaboration entre la séculaire maison cognaçaise Bache-Gabrielsen (fondée en 1905) et la jeune distillerie Audemus Spirits implantée à Cognac depuis 2013, la proposition ci-contre joue à nouveau la carte de « l’alliance subtile entre la tradition et la modernité. »

Après le whisky American Oak lancé en 2017 (1 500 exemplaires), la gamme “Distillations by Bache-Gabrielsen”, dont le propos est de « révéler des spiritueux de toutes origines », rend aujourd’hui hommage aux racines norvégiennes de la maison avec cette typique eau-de-vie scandinave qu’est l’aquavit (dont le nom provient d’aqua vitae).

Projet coordonné par Jean-Philippe Bergier, le maître de chai de Bache-Gabrielsen depuis près de trente ans, et interprété par Miko Abouaf, le fondateur d’Audemus Spirits, cette recette est basée sur l’assemblage de deux spiritueux : « Le premier, dans lequel ont macéré plusieurs botaniques tels que le carvi, la coriandre ou l’anis vert, est distillé dans un alambic traditionnel charentais. Le second est distillé sous vide et à basse pression dans un alambic en verre parmettant d’extraire en finesse les arômes de l’angélique. » Cette aquavit dotée d’un supplément d’âme cognaçais, est disponible sur la boutique en ligne de la maison, c’est par (39 euros).

Le fitou, rouge et bio

Avec neuf domaines certifiés, sept en cours de conversion à l’agriculture bio et autant de propriétés engagées dans des démarches agro-environnementales (comme par exemple la certification HVE), l’appellation fitou, qui a fêté en 2018 les soixante-dix ans de sa reconnaissance en tant qu’AOC, affirme vertement son dynamisme autant que son expertise en la matière. La plus ancienne appellation du Languedoc en vin rouge a en effet pris la route du bio il y a près de trente ans et, « toutes démarches vertes confondues », le vignoble compte désormais vingt-trois caves particulières et trois caves coopératives porteuses d’une « conscience citoyenne et écologique. »

Ce mouvement concerne désormais tous les fitous, issus des façades maritimes et de montagne du vignoble (voir les neuf villages producteurs ici), ce dont se félicite Alban Izard, le responsable de la communication du syndicat de l’AOC qui est aussi un vigneron passé au bio en 2017 : « Aujourd’hui, plus de la moitié des exploitations sont engagées dans une démarche verte. C’est un signe de plus de la dynamisation de cette appellation qui, après avoir modernisé ses vins avec des profils plus gourmands ces cinq dernières années, est en train de moderniser ses pratiques agricoles. »

Considérant ce positionnement bio comme une force pour les fitous, Alban Izard explique que cette viticulture adaptée au terroir et au climat méditerranéen relativement sec et venté du vignoble est « une voie qui va dans le sens de l’histoire et non pas une mode fugace. » Le saut qualitatif des fitous, dont le prix tourne autour de onze euros chez les cavistes, est accompagné par un retour en force sur leurs marchés historiques (Belgique, Royaume-Uni) avec un prix moyen à l’export en hausse de 12 % en 2018 par rapport à 2016. Huit domaines de l’appellation seront présents la semaine prochaine à Montpellier à l’occasion du salon professionnel Millésime Bio.

Gold, la grande cuvée de Saint-Tropez

Au panthéon des grandes cuvées de la presqu’île, voici Gold, un rosé brillant créé par les Maîtres Vignerons de Saint-Tropez. Thierry Desseauve a dégusté tous les assemblages qui ont donné naissance à ce nouveau vin.

Mes magnums (88) : un chardonnay franc du collier

Vignerons des Terres Secrètes,
Croix-Jarrier, mâcon-verzé 2012

Pourquoi lui
Parce qu’on aime ces blancs du Mâconnais, cette expression bien droite du chardonnay quand il est bien mené.

On l’aime parce que
« Vignerons des terres secrètes », c’est une belle enseigne pour une coopérative et des territoires très secrets, en effet. Ce n’est pas une destination, hélas, c’est une région qu’on traverse sans la voir vraiment ou depuis l’autoroute. C’est idiot, la campagne est sublime.

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La belle chartreuse et ses vins

Entrepreneur franc-comtois qui fut d’abord propriétaire de vignes vers Saint-Emilion, Bernard Canonne est tombé sous le charme du « bijou architectural » en images ci-dessus et ci-dessous en 2014. Depuis, le vignoble et la chartreuse de Prieuré Marquet (Saint-Martin-du-Bois) ont été transformés en un « château d’hôtes » assorti de treize hectares de vignes (il y en avait trois en production à l’origine) dont sont issues trois étiquettes, Château Prieuré Marquet (voir ci-après les commentaires de dégustation de Thierry Dessauve), La Chartreuse de Prieuré Marquet et Le Rosé de Prieuré Marquet.

Avec le même respect qui a présidé à la restauration de ces bâtiments historiques qui accueillent désormais cinq chambres (à découvrir ici), une table d’hôtes (à découvrir ) et deux piscines (entre autres confortables prestations), une viticulture « soucieuse de la plus parfaite expression du terroir » caractérise ce domaine mené en agriculture raisonnée dont la direction générale a été confiée au vigneron et œnologue-conseil Luc Barusseau (photo). Planté sur un coteau plein sud au sol argileux profond, le vignoble est constitué de pieds de merlot âgés de quinze à vingt ans.

« Comprendre et vivre avec la nature », telle est la philosophie de cette propriété où les raisins abîmés ont été nettoyés cette année par les fourmis. Depuis 2014, les vins de Prieuré Marquet – dont l’élevage de 12 à 18 mois se fait en barriques (350 litres), en foudres (60 hectolitres) et en cuves inox – ont gagné en précision, chaque millésime s’enrichissant « de notes, d’arômes et de saveurs gourmandes particulières liées à la fois au travail du vignoble, à l’action de la nature et aux vendanges de l’année. » Avec l’envie d’étonner, Bernard Canonne et Luc Barusseau travaillent aussi à la création de cuvées. Pour le millésime 2018, un sauvignon blanc, un chardonnay et un gamay sont attendus.

Château Prieuré Marquet (bordeaux supérieur), la dégustation :

2017
Nez épanoui, tout en délicatesse, fruits noirs et rouges, œillet, iris, bouche franche, charnue, avec des tannins fins et frais. Tout en élégance, fruité, équilibré. 
14/20

2016
Très beau volume intense, notes poivrées relevant un fruit rouge précis, belle intensité tannique, solide, beaucoup de fond, salivant, long et très réussi. De garde. 15/20

2015
Nez puissant, fruits noirs, réglisse, silex, eucalyptus et violette, bouche chaleureuse, avec des tannins serrés et un rien fermes, de l’allonge et de la fraîcheur. Aurait mérité plus de raffinement en bouche pour être raccord avec le nez. 14,5/20

©BelligaStudio

La marie-jeanne fait son retour à Bordeaux

Photo : Phil Labeguerie

Propriété de le famille Pichet, Les Carmes Haut-Brion est le seul château viticole à être situé dans la ville de Bordeaux, rue des Carmes. Au sein de ces dix hectares en appellation pessac-léognan, un chai d’architecte d’un genre unique a été imaginé par Philippe Starck et Luc-Arsène Henry (nous vous en avions notamment parlé ici) et les cuves de vinification font l’objet d’interventions artistiques (nous vous en avions parlé ). Mais les créations ne s’arrêtent pas là. Comme le montrent les images ci-dessus et ci-dessous, les équipes du château ont récemment décidé de rendre hommage à un « contenant emblématique de Bordeaux, oublié depuis les années 1950 » et appelé marie-jeanne.

Conçu pour offrir au vin une plus longue espérance de conservation, ce grand flacon (voir les chiffres ci-dessous) a été remplacé au fil du temps par des bouteilles plus fines plus faciles à transporter. Le domaine propose donc ici une exception, numérotée, dotée d’un bouchon cacheté de cire et présentée dans un coffret en verre transparent. Ce mariage entre le classique et le contemporain qui est « l’essence même du château Les Carmes Haut-Brion » met à l’honneur le millésime 2016 de la propriété, assemblage de 41 % cabernet franc, 39 % merlot et 20 % cabernet-sauvignon, choisi parce qu’il est « le plus bel aboutissement, à ce jour, dans l’expression du terroir. »

Photo : Phil Labeguerie

Château les Carmes-Haut-Brion 2016 en marie-jeanne :
800 exemplaires, dont 500 commercialisés

27 mois de vieillissement (contre 18 en bouteille)
2,25 litres (l’équivalent de trois bouteilles)

3,5 kg, c’est le poids du flacon

3,5 kg, le poids de son écrin de verre

39×50 millimètres, la taille du bouchon
2 900 euros, son prix.


Les crus du Rhône-nord, en dégustation et en vente

Evénement majeur dans le vignoble de la vallée du Rhône, le marché aux vins d’Ampuis ouvre aujourd’hui et pour quatre jours ses portes aux amateurs et aux professionnels (environ 15 000 personnes sont attendues). La 91e édition de ce rendez-vous emblématique réunira à nouveau une soixantaine de producteurs (la liste est ) et plus de 200 vins de l’appellation côte-rôtie et des crus voisins, les AOC condrieu, saint-joseph, hermitage, crozes-hermitage, cornas et saint-péray, seront disponibles à la dégustation et à la vente.

Où ?
Salle polyvalente. Allée du château, 69420 Ampuis

Combien ?
8 euros l’entrée (donnant droit à un verre de dégustation gravé au nom de côte-rôtie)

Quand ?

De 11 h à 19 h ce vendredi.
De 9 h à 19 h, samedi, dimanche et lundi.

Le Bouillon, bar de vignerons

Mercredi prochain, l’amateur pourra inaugurer un nouveau rendez-vous parisien en présence de vignerons avec la première édition des dîners-dégustation qui seront désormais proposés chaque mois par Le Bar du Bouillon, situé à côté du restaurant Bouillon Racine, dans le quartier de l’Odéon (la carte des vins de cet établissement, qui compte 250 références issue du vignoble français, est à découvrir ici). Incarnée par Rodolphe de Pins, président du syndicat de l’appellation et propriétaire du château de Montfaucon, un domaine familial qu’il a repris en 1995, c’est l’AOC lirac qui ouvre le ban de ces soirées qui feront la part belle aux accords mets-vins. Au programme de ce 23 janvier : « La découverte d’une histoire de plus de dix siècles. Et surtout d’une région emblématique dans le domaine du vin, le sud de la vallée du Rhône, et d’une appellation encore méconnue et peu commercialisée en France. »
Droit d’entrée : 70 euros, trente personnes maximum. Réservation au 01 44 32 15 64.

Le monde du vin regrette Gérard Basset

Gérard Basset est mort, emporté par un cancer. Trop tôt et au faîte d’une carrière d’exception qu’il avait menée tambour battant en Angleterre. En parallèle de son métier de sommelier, il avait créé les Hôtels du Vin, une petite chaîne vite revendue pour créer l’hôtel Terra Vina à Southampton. Il était officier de l’ordre de l’empire britannique (OBE) et l’un des pères fondateurs de la marque de verrerie champenoise Lehmann Glass. Non content d’être l’un des rares Français a avoir gagné le droit de mettre les deux initiales MW derrière son nom (pour Master of Wine, le diplôme anglais), il avait gagné le titre de Meilleur sommelier du monde en 2010 à l’occasion du concours organisé avec le concours de Moët & Chandon à Santiago du Chili. C’est là que je l’avais rencontré. J’avais été bluffé par la force, la science et la modestie de cet homme obstiné et tendu vers la gagne qui, d’épreuve en épreuve, jour après jour, avait peu à peu repoussé ses concurrents dans les cordes pour l’emporter haut la main devant deux autres pointures, Paolo Basso et David Biraud. Après la proclamation des résultats, chacun remontait dans sa chambre pour se préparer au dîner de clôture et le hasard a voulu que je prenne l’ascenseur avec lui et son beau-père anglais. Il lui avait alors soufflé ces mots « It’s good for business ». Aucun cynisme dans le propos, mais son humilité naturelle l’avait sans doute empêché de dire « It’s good to be the king ». Reposez en paix, monsieur Basset, vous vivrez longtemps dans nos souvenirs épatés.

Photo : Gérard Basset dans la cave de son hôtel Terra Vina brandit fièrement une bouteille d’une des meilleures cuvées de la coopérative de Plaimont dans le Gers, Le Faîte. ©Presse

Cognac, la belle année 2018

L’année 2018, qui s’est par ailleurs achevée avec une très belle récolte (avec un volume par hectare de de 126,8 hl contre 88,95 hl lors de la vendange précédente), a de nouveau permis à l’appellation cognac, dont la production est exportée à 98 %, un record d’expéditions en volume comme en valeur, et ce pour la quatrième année consécutive. Avec 204,2 millions de bouteilles expédiées et un chiffre d’affaires de 3,2 milliards d’euros (départ Cognac), l’appellation a enregistré une croissance de plus de 3 % en volume, et près de 2 % en valeur et confirmé son développement sur ses différents marchés.


Tirée par les zones Alena et Extrême-Orient, où sont respectivement partis 90,6 millions et 60,1 millions de flacons, et marquée par une progression de plus de 10 % en volume sur des zones à fort potentiel de développement (notamment en Afrique du Sud, au Vietnam et dans les Caraïbes*), cette dynamique mondiale favorable au cognac s’accompagne de résultats plus contrastés sur le continent européen. Même si certains pays figurent dans le Top 10 (voir ci-dessous), les expéditions en Europe sont en repli de 5,3 % en volume et de 2,2 % en valeur (pour un total de 39,4 millions de bouteilles expédiées).

Cette croissance concerne l’ensemble des catégories de cognac, la qualité VS représentant la moitié des expéditions (volume en progression de 2,6 %), les VSOP comptant pour 40 % (en progression de 3,5 %) et les plus vieilles eaux-de-vie pour 11,5 %. Ces dernières ont connu en 2018 une hausse de 7,5 % en volume et 6,3 % en valeur. Ces beaux résultats sont accompagnés par les promesses de la dernière récolte dont le rendement en alcool pur (13,06 hl/ha), supérieur aux prévisions du business plan de l’appellation, devrait permettre d’améliorer un niveau de stock jugé trop bas aujourd’hui.



Top 10 des expéditions directes de cognac en 2018

1-Etats-Unis : 87,4 millions de bouteilles

2-Singapour : 27,2 millions de bouteilles

3-Chine : 24,2 millions de bouteilles

4-Royaume-Uni : 9,7 millions de bouteilles

5-France : 4,6 millions de bouteilles

6-Allemagne : 4,5 millions de bouteilles

7-Hong Kong : 4,3 millions de bouteilles

8-Lettonie : 3,6 millions de bouteilles

9-Pays-Bas : 3,2 millions de bouteilles

10-Afrique du Sud : 3,1 millions de bouteilles



(Source : Bureau national interprofessionnel du cognac)

* Antigua et Barbuda, Saint-Martin, Aruba, Bahamas, La Barbade, Îles Caïmans, Îles Turques, Cuba, République dominicaine, Grenade, Saint-Barthélémy, Haïti, Îles Vierges, Jamaïque, Montserrat, Saint-Christophe-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Sainte-Lucie, Trinidad et Tobago.