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Chambre avec vin au Portugal

La famille Almeida fait du vin pour les servir dans leurs plus beaux palaces. Ceux de Curia et de Bussaco, au nord de Coimbra, offrent aussi des séjours de rêve Par Mathilde Hulot

Ne jamais oublier de demander, à la réception, une « chambre avec vue », cela marche (presque) à tous les coups. Au Palace de Curia, au nord de la superbe ville universitaire de Coimbra au Portugal, comme à celui de Bussaco, ce sont des « hôtels avec vin ». On y trouve des caves menées haut la main depuis vingt-cinq ans par un maître de chai hors pair, António Rocha.

Le palace de Curia se trouve au beau milieu de la ville thermale de Curia, à une heure de Porto (au nord) et deux heures de Lisbonne (au sud). Créé en 1926, cet hôtel aux larges espaces fut rénové en 2008. Des années de travaux, tout est resté d’époque avec le confort actuel en plus. Pousser la porte des 97 chambres et 3 suites revient à voyager cent ans en arrière, pendant les années folles. Ambiance Gatsby le magnifique. Boiseries, meubles, lustres et objets parlent de cette époque où venait se prélasser la bourgeoisie portugaise le temps d’une villégiature.

L’originalité vient aussi de ce qui l’entoure : une église, un garage (à belles voitures), une cave de vinification et de vieillissement en bouteille, ce qui évidemment nous intéresse. Cette cuverie fut créée par la famille propriétaire de l’hôtel pour mieux servir les clients de ses restaurants. On peut déguster des vins qui ont vingt ou trente ans d’âge des régions de Bairrada et du Dao. Après une visite du vignoble, un plongeon dans l’Océan (à une vingtaine de kilomètres) ou dans la piscine construite pour le roi en 1934 (olympique à l’époque), après une cure thermale revigorante, rien de tel qu’un dîner arrosé d’un bon rouge local signé António Rocha.

Curia Palace et Bussaco Palace, Portugal
Chambres entre 100 et 200 euros
www.almeidahotels.pt

Cave de Tain, l’hermitage pierre à pierre


Cet article a été publié dans le numéro #26 d’En Magnum pages 138-139. Vous pouvez acheter En Magnum #28 sur notre site et sur cafeyn.co


Les vignerons de la colline prodigieuse ont déterminé un grand nombre de parcelles qui, chacune, porte un fruit différent. notre dégustateur a tout goûté

Une horizontale passionnante des onze sélections parcellaires en Hermitage de la cave de Tain, plus les cuvées d’assemblage, à partir des 29 hectares en exploitation (un peu plus de 23 en rouge). Nous n’avons volontairement pas noté les cuvées parcellaires, pour mieux saisir toute la subtilité d’une telle dégustation qu’une note écraserait trop violemment.

Pied de Coteau
Une parcelle en Greffieux, sur des sols assez profonds.
De l’épaisseur en bouche, dense, profond, très fruits noirs, graphite, jus de viande. Il pêche par un manque de finesse tannique (pointe de sécheresse) et de longueur en finale, mais on comprend le volume qu’il apporte dans un assemblage.

Les Signaux
Une parcelle à l’extrémité est de l’appellation. Galets en surface et argiles en profondeur.
Plus d’intensité colorante par rapport au précédent, plus d’élégance au nez aussi. Le fruité est plus frais, plus rouge. En bouche, l’entame est crémeuse, un jus délié et suave. Ce vin élégant pourrait se suffire à lui-même s’il ne montrait pas une pointe de chaleur en toute fin, piquante (il finit à 14,78° !). Lui aussi doit être assemblé.

Le Thouet
Au lieu-dit l’Homme, sur les plateaux. Sols bruns sablo-limoneux avec de l’argile.
Un nez sur la réduction, plus en retenue, les épices viennent à l’aération. En bouche, un vin assez tendre, d’ampleur et de longueur moyennes, mais de belle finesse. Son élégance demande à être assemblée. Ce terroir est à la limite de ce qu’il peut donner.

La Croix
Parcelle dans le bas du coteau. Sols plus profonds avec un peu d’alluvions.
Un fruité rouge assez prononcé, des tannins ronds, mais on devine des vignes encore jeunes, le liant de milieu de bouche ne se fait pas. Une belle élégance, aucune note de chaleur en finale, mais un grain de tannin un peu appuyé (une macération un peu trop poussée ?) qui peut apporter quelque chose en assemblage.

L’Homme – La Croix
Sur les deux lieux-dits, en limite d’appellation en altitude, sur les plateaux mais à l’arrière. Sols plus profonds, sableux, argileux.
Un fruité rouge frais et élégant, une entame de bouche caressante, une cuvée parfumée et élégante dans son toucher, d’agréable longueur. Elle contribuera à la colonne vertébrale d’un assemblage par son équilibre, la finale poivrée est bien typée hermitage.

Triboulette
Une parcelle sur l’Homme, mais on commence à descendre sur le coteau. Des sols plus filtrants.
Un nez complexe et gourmand, mélange de fruits mûrs noirs et rouges, d’épices douces, une réelle noblesse aromatique. À la diversité des arômes se mêle la caresse du toucher. Les tannins sont fins, ce vin se suffit à lui-même par son équilibre et sa belle longueur, avec une finale tout en finesse.

Coteau du Puits Gambert
Deux zones ici, dans les coteaux de la Croix et sur la combe de la Petite Pierrelle.
Encore un vin homogène et harmonieux, avec un toucher crémeux et soyeux, des parfums savoureux et de belle finesse. La finale persiste sur une sensation de graphite poivré intense, sans la salinité des terroirs de granite, mais avec une réelle élégance. Lui aussi pourrait se suffire à lui-même.

Beaume – Murets
Deux parcelles en plein coteau, très solaires (le vin a fermenté à 15,31° !).
Un nez plus solaire, plus confit que les précédents (fruits macérés), le terroir de Beaume ressort. La bouche poursuit sur la même tonalité, avec un grain de tannin marqué mais mûr, la finale est puissante et généreuse, elle assume ses 15,31° naturels. Trop puissant seul, avec une chaleur presque méridionale, il apporterait de la puissance et du coffre à un assemblage.

Méal
En 2017, l’est et l’ouest de ce coteau de galets ont été assemblés. Dans la partie la plus solaire, au couchant, on a parfois des granites.
Un nez puissant qui respire le Sud, on se croirait à Châteauneuf-du-Pape avec des parfums de fruits rouges confits, de garrigue. L’entame de bouche est ronde et généreuse, mais le vin affiche une fraîcheur équilibrante qui fait oublier la générosité de la finale (lui aussi titre 15,3°).

Granite
C’est de part et d’autre de la combe dans l’Ermite.
Un vrai nez de granite, jus de viande et poivre, tout en finesse. En bouche, un tannin surfin lui donne une classe et une élégance incomparables, avec une fraîcheur superlative qui n’atteignait pas le même niveau dans les cuvées Méal ou Beaume. Un grand hermitage à partir d’un grand terroir : l’Ermite. Ce vin se suffit à lui-même, mais fera évidemment le bonheur d’un grand assemblage. Quel toucher de bouche !

Hermite, rouge 2017
Au cœur du coteau de l’Ermite, un terroir de granite.
Un fruité rouge prononcé au nez, beaucoup de sève et d’élégance en bouche, mais sans tout le génie de la cuvée Granite. Il joue la carte de l’harmonie et de l’élégance, au détriment, si l’on peut dire, de la vibration. Il est un ton en-dessous, un peu trop solaire par rapport à son terroir.

Les assemblages
Hermitage Nobles Rives, rouge 2017
Assemblage avec la proportion d’origine granitique la plus faible, mais avec toutes les originaires alluvionnaires et de lœss. Une fruité rouge prononcé, une bouche gourmande qui prolonge ce registre, avec de la rondeur dès l’entame, un équilibre frais pour un degré d’alcool (14,7°) intégré, il se livre déjà mais saura vieillir.
Apogée 2032
93/100

Hermitage Gambert de Loche, rouge 2017
Assemblage de Triboulette (34 %), Hermite (32 %), Beaume-Murets (17 %) et Méal (17 %).
Une élégance et une finesse de toucher supérieures à celles du nobles-rives. Les parfums de fruits noirs et épicés sont plus complexes, le tannin est délicatement ourlé, la finale prend déjà quelques accents poivrés qui vont s’accentuer avec le temps en bouteille. On devine l’apport des secteurs granitiques dans la noblesse de cet assemblage.
Apogée 2042
96/100

Hermitage Epsilon, rouge 2017
On monte en granite dans cet assemblage 50 % Méal, 50 % Hermite.
Un nez légèrement réducteur. La bouche est dense, concentrée, avec un jus savoureux au toucher caressant, une finale puissante mais à l’alcool contenu, il ne creuse pas encore pleinement l’écart avec Gambert, mais dans le temps il le fera. Son tannin est d’une exquise finesse et sa grande fraîcheur persistante. Une expression assez solaire et gourmande de la cuvée, quand Gambert est plus classique dans son interprétation de l’Hermitage. Mais dans ce millésime, Hermite était solaire et Méal est naturellement solaire, l’assemblage des deux ne peut être autrement !
Apogée 2042
96/100

Le mondovino de la semaine #169 tourne à fond

Un nouveau président à Condrieu • Le meilleur chef de cave et le white winemaker of the year • Le vin de demain • Voyages au rythme des vendanges • Un beau rouge de Provence • Le blanc découverte • Chaque jour du nouveau, en voici six

Dans le vignoble


Un nouveau président à Condrieu

Après neuf années passées à la tête de l’ODG Condrieu, Christophe Pichon laisse sa place à Pierre-Jean Villa. « Beaucoup de choses ont été réalisées durant ces années dont l’amélioration de la notoriété et de l’image de Condrieu et beaucoup reste à faire. La nouvelle équipe pourra s’appuyer sur les liens forts qui existent entre les producteurs et négociants », souligne Christophe Pichon.

Natif d’une des sept communes de l’appellation et vigneron, Pierre-Jean Villa (57 ans) a été élu le 12 juillet président de l’ODG. Le nouveau président donne le cap pour les prochaines années : « Condrieu se doit d’être à la hauteur de sa réputation. L’un des plus grands vins blancs du vignoble français, reconnu dans le monde entier ». La suite s’annonce bien.

Le meilleur chef de cave et le white winemaker of the year

Lors de la 39e édition de l’« International Wine Challenge » qui s’est déroulée à Londres le 8 juillet, Cyril Brun (photo de gauche), chef de cave de la maison Charles Heidsieck a été élu Meilleur chef de cave 2022 dans la catégorie vins effervescents. Cyril Brun a déjà reçu cette distinction en 2019. Pour couronner ce succès, sur les 28 champagnes qui ont reçu la médaille d’or quatre font partie de la gamme Charles Heidsieck. Ces belles récompenses arrivent au moment où la maison célèbre le bicentenaire de la naissance de son fondateur et le retour de la célèbre cuvée Charlie. Autre talent, autre prix, celui du white winemaker of the year décerné à Vincent Bartement (photo de droite), œnologue de La Chablisienne. Cette belle coopérative place, une nouvelle fois, les vins blancs de chablis sur la première marche d’un podium international.

Le vin de demain

La société Videlot, présidée par Jean Moueix, rentre dans le capital de Winechain, la plateforme de NFTs. Cette dernière connecte les grands domaines aux nouvelles générations de passionnés de vin à travers le monde. Cette participation minoritaire de Videlot dans son capital lui permet de lancer, fin 2022, ce projet dédié au service des vignerons. « Nous sommes intimement convaincus chez Videlot que le monde des grands vins sera durablement et positivement impacté par Winechain. Demain, les wineFT permettront de toucher de nouveaux consommateurs grâce à une technologie totalement sécurisée s’appuyant sur la blockchain, au service des châteaux et des propriétés », affirme Jean Moueix.

Dans le verre


Voyages au rythme des vendanges

Des rives de la Garonne à celles du Missouri, de Bordeaux à Constantine, des grands domaines du médoc aux vignobles d’Afrique du sud, Les Vendanges d’un destin raconte le parcours exceptionnel de May-Éliane de Lencquesaing, ancienne propriétaire du château Picho-Comtesse à Pauillac, issue d’une lignée de viticulteurs et de courtiers en vins et d’une famille anglo-espagnole originaire des Philippines. 384 pages captivantes mettent la lumière sur le quotidien d’une époque désormais révolue et montre la face cachée de certains événements de sa vie. Un long voyage ponctué de surprises et de retournements. « Chacun s’accorde à reconnaître que les plus grands vignerons sont désormais souvent des vigneronnes. May Éliane de Lencquesaing est l’une d’elles depuis plus de quatre décennies » souligne Jean Robert Pitte.
Les vendanges d’un destin, de Bordeaux à l’Afrique du Sud, May Éliane de Lencquesaing, Tallandier, 384 pages, 23,90 euros. En librairie le 25 août.

Un beau rouge de Provence

La Courtade est un des trois domaines de la magnifique île de Porquerolles. Il a été racheté en 2014 par Édouard Carmignac, gérant du fond de gestion éponyme et grand collectionneur d’art. Le vignoble de 33 hectares, conduit en agriculture biologique, bénéficie d’un terroir exceptionnel composé de schistes métamorphiques, rarissimes à cette altitude. Ce rouge est remarquable par sa densité et sa précision, on apprécie son corps et son gras, son élégance naturelle, sa précision et sa tension en fin de bouche.
La Courtade 2020, côtes-de-provence rouge, 30 euros sur lacourtade.com

Le blanc découverte

Ce vignoble de 50 hectares qui fait face à la mer en AOC côtes-de-provence, bénéficie de températures douces et d’un ensoleillement exceptionnel qui favorise la concentration des raisins au moment de la maturation. Ce blanc, assemblage de rolle et d’ugni blanc, exprime son terroir sableux et cette influence maritime avec une salinité gourmande, une longueur et une fraîcheur agréable.
Château de Pampelonne, côtes-de-provence blanc 2021, 15,90 euros sur chateaupampelonne.fr

Trois régions, six inconnus, que du plaisir #4

Dernier épisode de notre tour des régions à la recherche des découvertes médaillés du Concours Prix-Plaisir. Avant d’inaugurer une nouvelle série et un nouveau thème. De quoi s’émerveiller et se réjouir encore longtemps

Roussillon
Les vignerons de Trémoine, Moura Lympany 2019, côtes du roussillon-villages
Fondée au lendemain de la guerre pour sauver la principale économie du village de Rasiguères, la coopérative des vignerons de Trémoine rassemble aujourd’hui 70 vignerons et 460 hectares de vignes dispersés sur quatre villages. La cuvée moura-lympany rend hommage à cette pianiste anglaise qui s’était installée à Rasiguères en 1980 et avait organisé plusieurs années de suite un festival de musique classique dans la cave de la coopérative. Un vin élégant et frais, à boire sur la jeunesse de ses arômes.
9 euros

Les Vignerons des Côtes d’Agly, Château Montner Ambré, rivesaltes
1 150 hectares de vignes et pas un vin ne se ressemble. La Vallée de l’Agly a cela de particulier qu’elle renferme une infinité de terroirs sur ses reliefs contrastés. Une chance pour les 250 vignerons qui y produisent 35 cuvées différentes de vins blancs, rosés, rouges, secs ou doux. Ce vin doux naturel de premier ordre étonne par ses arômes de fruits confits et de noix. L’élégance de la finale renforce la sensation d’équilibre général.
11 euros

Sud-Ouest
Domaine Chiroulet, Temps des Fleurs 2021, côtes de gascogne
Depuis 1893, cinq générations se sont succédé sur les terres argilo-calcaires du domaine de Chiroulet. Il y a eu beaucoup d’Armagnac, un peu de vin et quelques flocs de Gascogne. L’arrivée de Philippe Fézas en 1993 a donné une place plus importante aux cépages rouges. 40 % d’un vignoble de 40 hectares, en accord avec la géologie présente. Le temps-des-fleurs révèle avec intensité et finesse l’origine de son nom. Notes de rose séchée relevées par une touche exotique. Le plein de plaisir et une cuvée abordable.
7,60 euros

Le Vallon, Les Crestes 2020, marcillac
Les 32 vignerons du Vallon occupent le territoire unique du Rougier, qui donne une teinte rougeâtre à la pierre. Ils y plantent un cépage traditionnel, le mansois. C’est 90 % de l’appellation marcillac. Peu utilisé ailleurs dans la région, ce cépage donne des cuvées originales comme les-crestes. On aura plaisir à le déguster avec un plat de la gastronomie locale, le cassoulet pour n’en citer qu’un.
8,60 euros

Bordeaux
Château Croix de Mai 2019, médoc
Cécile Reich-Courrian a créé ce cru confidentiel (2,67 hectares) en 2010. Un joli bordeaux au nez élégant, avec une certaine complexité entre notes florales et arômes réglissés. La bouche, savoureuse et équilibrée, est tout aussi agréable. Une belle découverte.
12 euros

Château Penin, Clairet 2021, bordeaux clairet
Référence en appellations bordeaux et bordeaux supérieur, le château Penin est le fief des générations Carteyron depuis 1855. L’exploitation s’est agrandie lorsque Patrick, cinquième génération, en a pris les rênes, diversifiant les terroirs et les techniques. Un clairet intense et charmeur, pour ceux qui préfèrent la couleur à table plus qu’à la piscine. Jolie robe, nez franc, notes de fruits rouges entre cassis et pivoines.
7,58 euros

Un gevrey-chambertin pendant que c’est encore possible

Domaine Jean-Louis Trapet,
Ostrea, gevrey-chambertin 2020

Pourquoi lui

Trapet, de Bourgogne et d’Alsace, c’est un modèle dans tous les compartiments du jeu. La cuvée Ostrea est un assemblage de quatre parcelles, la plus vieille a été plantée en 1913, sur le…

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Une maison neuve pour Sauternes et Barsac

Au cœur du village de Sauternes, le vin d’or brille désormais de tous ses feux dans sa maison rénovée et réaménagée. De quoi accompagner dans des conditions optimales les ambitions en matière d’œnotourisme de ce petit vignoble de légende

« Depuis sa création il y a 40 ans, notre maison n’a connu aucune transformation. Nous avons pensé qu’il était donc l’heure d’entamer une petite réfection » rappelle Patrick Lamothe, président de la maison des Sauternes. Le décor noir et or met en valeur de l’histoire du bâtiment. Un mur aux 864 bouteilles animées par un dynamique jeu de lumière restitue la palette chromatique des vins, de leur plus jeune âge à leur maturité. La métamorphose du lieu a été pensé pour retranscrire la diversité et la magie de ces joyaux du vignoble français : « Les espaces ont été réaménagés et redistribués avec un premier étage entièrement réservé à l’ODG – Sauternes Barsac assurant la protection et la gestion de nos deux appellations qui comptent 140 propriétés. Et un rez-de-chaussée occupée par la maison des vins de Sauternes, qui vend la production de près de la moitié des vignerons de nos appellations », décrivent David Bolzan et Jean-Jacques Dubourdieu, co-présidents des appellations sauternes et barsac.

La plus grande cave au monde de sauternes et barsacs
Au-delà de son rôle de promotion et de vente directe, c’est aussi une maison pour les amateurs de ces liquoreux. Les 7 000 à 10 000 visiteurs par an qui s’y pressent y trouveront désormais la plus grande cave à vin de sauternes et barsacs au monde. Elle rassemble 60 producteurs. L’objectif est de réunir à terme tous les vignerons. On y trouve aussi une cuvée exclusive, Le Duc de Sauternes, composée collectivement pour être le parfait représentant de l’appellation. Une cuvée pédagogique qui repose sur un concept original. Les adhérents de la maison de Sauternes ont la particularité de s’acquitter de leurs cotisations annuelles en nature, à hauteur de 0,5% de leur récolte. « 0,5% que nous assemblons pour donner naissance à cette cuvée qui symbolise à merveille le savoir-faire et l’entente de tous nos vignerons. Je veille personnellement à l’élaboration, l’élevage et la mise en bouteille de cette cuvée », précise Patrick Lamothe.

Une étape oenotouristique à redécouvrir
L’ambition est aussi de valoriser l’écosystème de la vallée du Ciron à travers un projet touristique d’envergure. Comme le souligne Patrick Lamothe, « ce micro climat allié du noble botrytis, signature unique au monde de ces grands crus, mérite d’être mis en avant, expliqué et protégé ». C’est la raison pour laquelle cet espace de dégustation et de vente se veut également propice à une « pédagogie du vin ». De nouvelles expériences dans les châteaux, propriétés et restaurants gastronomiques associés sont mises en avant. De l’insolite avec la dégustation perchée du château de Rayne-Vigneau à la gastronomie avec la table double étoilée (depuis mars 2022) du château Lafaurie-Péyraguey (Lalique) ou de celle du Saprien, au cœur du village, qui renaît sous une nouvelle identité, le Cercle Guiraud, après sa reprise par Matthieu Gufflet, nouvel actionnaire majoritaire du château Guiraud.

D’autres initiatives devraient suivre pour associer vignobles et patrimoine architectural et naturel de la vallée du Cérons jusqu’à la forêt des Landes. Avant de se lancer sur la route des vins de Sauternes et Barsac, une précieuse étape à redécouvrir pour approcher les secrets de ces vins.

Maison du Sauternes
14 place de la Mairie
33210 Sauternes
Tél. : 05 56 76 69 83
maisondusauternes.fr

Château Laguiole, Le tire-bouchon des belles bouteilles

Un tire-bouchon sérieux, ça change tout. y compris le quotidien des sommeliers des restaurants. d’ailleurs, ces tire-bouchon s’appellent comme ça. Interview de Sébastien Lézier, propriétaire depuis 2017

Sébastien Lézier et le prince Albert II présentent le sommelier réalisé en partenariat avec la sommellerie monégasque et la fondation prince Albert II de Monaco.

Racontez-nous l’histoire de Château Laguiole.
La société a été créé en 1992 par Guy Vialis, un grand sommelier. Il a travaillé dans plusieurs lieux prestigieux comme le Pavillon Ledoyen avant ouvrir son propre établissement à Antibes. Durant vingt ans, il a ouvert de grandes bouteilles avec des tire-bouchons de mauvaise qualité à défaut de pouvoir trouver un couteau sommelier haut de gamme. Puis il a décidé de se lancer. Il a discuté avec des industriels, à Laguiole et à Thiers, avant de s’associer avec Léo Sannajust, propriétaire de la plus grande fabrique installée à Thiers. La marque Château Laguiole est donc née de la rencontre entre un créateur et un technicien. Beaucoup de paramètres sont à prendre en considération dans l’élaboration d’un couteau sommelier. Après le décès de Guy Vialis en 2016, j’ai acquis l’entreprise.

Vous possédiez pourtant Ligne W, qui fabrique aussi des sommeliers ?
Oui, c’est une marque que j’ai créée en 2008. Très tôt, le partenariat avec Le Grand Tasting nous a aidé à gagner en notoriété. Mais le chemin est long pour se faire connaître du grand public. Nous partions d’une page blanche. C’est pour cette raison que j’ai décidé d’acquérir Château Laguiole, un nom reconnu depuis près de trente ans, fort d’une notoriété auprès des grands amateurs de vin en France, mais surtout en Europe, en Amérique du Nord, au Japon et en Chine. La marque fait 90 % de son chiffre à l’export. Notre volonté était de nous appuyer sur ce savoir-faire incontestable. Le groupe s’appelle maintenant Maison Château Laguiole et réunit les marques Ligne W, Matéo Gallud, Guy Vialis et Château Laguiole.

À chaque marque son public ?
Avec Ligne W, j’ai voulu créer une offre qui s’adapte à tous les moments liés au vin. Vins de copains, de prestige, de terroir, sans oublier les vins « modernes », chacun trouve un sommelier Ligne W qui lui ressemble. D’ailleurs, les prix varient entre 10 et 160 euros. Un couteau Château Laguiole ne s’adresse qu’aux moments exceptionnels de dégustation, ce qui explique son prix de départ, 185 euros.

Outre le prix, quels sont les plus de ce sommelier ?
Il ne s’achète qu’une fois dans une vie. Pensé par un restaurateur passionné, destiné à l’origine aux seuls sommeliers, c’est à la fois un outil de travail et un outil de plaisir. Tenue en main, ergonomie, utilisation, choix des matériaux ne laissent rien au hasard. C’est un objet de luxe, réparable et garanti à vie. Sa prise en main est excellente, son poids est idéal, sa fiabilité, sans faille. Dès 1992, chaque couteau est vendu avec un QR code qui permet d’attester de son authenticité. L’acheteur a aussi la possibilité de devenir membre du club Château Laguiole.

Les secrets de sa fabrication ?
Dix artisans avec des savoir-faire différents sont nécessaires pour fabriquer ce sommelier, fruit de l’assemblage à la main d’une dizaine de pièces également faites main : un canif pour découper les capsules, deux platines qui composent la structure du corps, un ressort qui actionne le canif, une vrille qui pénètre à l’intérieur du bouchon, quatre mitres qui renforcent la structure et un levier pour soulever le bouchon. En tout, une centaine d’étapes sont nécessaires pour donner ses lettres de noblesse à cet objet haut de gamme et artisanal. Pour conserver cette qualité, nous ne produisons que quelques milliers d’exemplaires par an.

Le mondovino de la semaine #168 tourne à fond

Le Beaujolais des crus et des lieux-dits • Pol Roger, Patrimoine Vivant • Collection 2020 • Un rosé confidentiel • Le blanc du moment • La bulle pétillante • Chaque jour du nouveau, en voici six

Dans le vignoble


Le Beaujolais des crus et des lieux-dits

Aller plus loin que seulement dix crus, c’est l’ambition des vignerons du Beaujolais qui veulent faire renaître leurs lieux-dits et permettre la valorisation de leurs terroirs, en mettant en avant leur travail et la qualité de leurs vins. « Les lieux-dits, et avec eux le recours au parcellaire, font partie intégrante de l’identité viticole du Beaujolais. Ils étaient utilisés pour parler des vins des crus bien avant la reconnaissance des AOC en 1938 », souligne Jean-Marc Lafont, président de l’Union des crus du Beaujolais. Il ajoute que pour les vignerons, un lieu-dit, c’est :
– Une entité géographique reconnue officiellement dans le cadastre
– Pour les vins, une entité géographique plus petite que le cru
– Une déclinaison plus précise du terroir du cru
– Un usage ancien dans le vignoble Beaujolais pour nommer des vins avec des typicités propres
– Un héritage viticole issu de l’histoire des vins des crus du Beaujolais
Le Beaujolais qualitatif est en marche, tant mieux.
Plus d’informations sur beaujolais.com

Pol Roger, Patrimoine Vivant

Le champagne préféré de Sir Winston Churchill est désormais « Entreprise du Patrimoine Vivant ». Ce label, reconnaissance de l’État, est délivré aux entreprises qui répondent à des critères exigeants : le patrimoine économique, la maîtrise de techniques traditionnelles ou de haute technicité, l’ancrage géographique ancien ou encore la notoriété. Les maisons champenoises sont une fierté et un témoignage vivant de ce savoir-faire qui porte haut et fort les couleurs nationales à travers le monde. Champagne Pol Roger est une maison indépendante et familiale depuis plus de 170 ans. La sixième génération est toujours aux commandes.
Plus d’informations sur polroger.com
Pol Roger, Winston Churchill 2012, 225 euros sur plus-de-bulles.com

Collection 2020

Depuis 2017 au château les Carmes Haut-Brion, carte blanche est donnée à un artiste pour décorer une des cuves béton du nouveau chai construit en 2016. Cette année, la cuve du millésime 2020 se pare alors d’une nouvelle œuvre. C’est l’artiste Christelle Téa qui a exprimé sa vision du millésime et des lieux. « J’ai l’habitude des performances dessinées sur de grandes toiles in situ. Et pourtant, en voyant les travaux des précédents lauréats, je me suis dit que je n’avais jamais peint de fresque aussi grande, qui plus est avec de la peinture alimentaire. L’idée était de m’inspirer du lieu, de la faune, de la flore, des éléments présents sur le site. Faire de cette cuvée une fête, dans l’esprit de ce lieu arborisé. Cette nature florissante et source d’inspiration », explique Christelle Téa. L’œuvre habillera aussi les contre-étiquettes des bouteilles.
Plus d’informations sur les-carmes-haut-brion.com

Dans le verre


Un rosé confidentiel

La parcelle est unique, les vignes sont centenaires, la culture est biologique, 100 % grenache noir, les vendanges sont manuelles en cagettes de 12 kilos avec un tri sélectif des raisins, la fermentation et l’élevage se font dans des fûts bourguignons pour une durée de six mois. Résultat ? Un rosé qui affiche haut la main ses couleurs rhodaniennes. Rose clair, nez d’agrume et trame minérale. Délicatement vineux en bouche, Fruits frais et fraîcheur en finale. Dès le millésime 2003, Scamandre a fait le bon choix en prenant le parti de la qualité, de la culture biologique et de la biodiversité.
Scamandre, IGP du Gard, rosé 2021, 22 euros sur scamandre.com

Le blanc du moment

Les retrouvailles avec ce domaine pionnier dans son secteur de Pont d’Isère sont toujours un moment de plaisir. Conduit en agriculture biologique depuis les années 1970, le domaine Combier excelle en rouge comme en blanc. Ce nouveau millésime du crozes-hermitage blanc reflète son terroir. Le vin est équilibré, tendre, gourmand et frais. Parfait pour cet été.
Domaine Combier, crozes-hermitage blanc 2021, 25 euros sur vinatis.com

La bulle pétillante

Les yeux brillent, les papilles aussi. Le coupable ? Ce champagne 100 % pinot meunier de la maison JM Charpentier. Un pur bonheur. La bouche est gourmande, la longueur est là, la fraîcheur aussi. Un zéro dosage qui procure une sensation de pureté, de finesse et d’équilibre. Cette sélection parcellaire (les chauffours) est la preuve du savoir-faire de la maison, de ses progrès et du potentiel des terroirs de la Vallée de la Marne.
JM Charpentier, pinot meunier zéro dosage, 45 euros sur la-cave-des-sommeliers.com

Trois régions, six inconnus, que du plaisir #3

Le prix face au plaisir ou le plaisir face au prix ? Telle est la question. Le Concours Prix-Plaisir est une réponse. Jurys de consommateurs et experts vous révèlent leurs talents cachés. Une sélection de saison pour démarrer ce mois de juillet avec de jolis vins du Sud, dans les trois couleurs

Corse
Domaine Terra Vecchia, IGP blanc 2021, IGP de l’île de beauté
Les vignobles de Terra Vecchia bordent l’étang de Diana avec une majesté spectaculaire propre aux paysages corses. Derrière eux, les montagnes font la fraîcheur des nuits. Indispensable pour ces raisins exposés toute la journée au soleil méditerranéen, franc et sec. Jean-François Renucci y produit un vin blanc agréable, vin d’été par excellence pour profiter des terrasses et des bords de piscine.
5,50 euros

Provence
Château Lauzade, rosé 2021, côtes de provence
Au Château Lauzade, le rosé ne rime ni avec piscine ni avec glaçons. Il s’allie à la gastronomie sous toutes ses formes. La sienne est unique, avec sa bouteille au galbe généreux qui évoque sa rondeur. Pas question de marketing, la rondeur est bien réelle et se prête même au jeu de la puissance qui s’allonge sur des notes de fruits mûrs. Parfait pour les amateurs de rosés vineux et amples en bouche.
12 euros

Domaine l’Heure Bleue, Bleu de Minuit 2021, côtes de provence
On croirait lire une poésie, « le bleu de minuit ». Comme un hommage au ciel de Saint-Tropez, ce domaine doit son nom à l’heure bleue, ce moment intime où le jour s’échange avec la nuit. Une inspiration délicate qui rejoint le caractère raffiné de ce rosé. Fraîcheur, longueur, intensité : les jurys ont été bluffés, une raison supplémentaire de le découvrir.
11,50 euros

Clos Réal, Nangirac 2017, côtes de provence
Les 14 hectares de cette propriété provençale sont découpés en une mosaïque de sols. Chacune de ces micro-parcelles est vinifiée séparément afin de conserver la typicité de son sol. La cuvée Nangirac honore le carignan et la subtilité de son terroir s’affirme en douceur dans le toucher de bouche. Un vin de jardin qui accompagnera les belles viandes et les longues discussions.
18 euros

Languedoc
Château Rouquette-sur-Mer, L’Esprit Terroir 2020, la clape
Rendez-vous tout près de Narbonne au sein du Massif de la Clape. Décor fantastique : 420 hectares de garrigues et pinèdes enveloppent de fraîcheur 50 hectares de vignes, exposés plein sud. La mer s’étend sous les falaises de la clape, ces « montagnes à fleur de mer ». L’esprit-terroir est un splendide reflet de cette géographie sans pareille. Un vin harmonieux, relevé par de jolies notes de cerises qui viennent s’achever dans une finale longue et savoureuse.
9,50 euros

Domaine les Grandes Costes, Canaille Le Blanc 2020, IGP saint-guilhem le désert
Le domaine Les Grandes Costes est situé à Vacquières, petit village languedocien de 350 habitants où Jean-Christophe Garnier cultive huit hectares de vignes. À quelques kilomètres de là, il dispose également de deux hectares au sein de l’appellation pic-saint-loup. Le terroir de Vacquières, inclassable selon l’INAO, est pourtant bien compris par Jean-Christophe qui propose des vins expressifs et aromatiques. Tendre et croquant, son blanc « canaille » s’apprécie pour sa simplicité désaltérante et rafraîchissante.
8,95 euros

[Le spot de la semaine] Belle Epoque Society

« C’est la cuisine qui accompagne le champagne, et non l’inverse », explique Séverine Frerson, la chef de cave de Perrier-Jouët, à propos des accords proposés au sein du cellier et de la maison Belle Epoque ouverts l’été dernier. « Avec Sébastien Morellon, le chef, nous avons cherché les meilleurs accords pour faire découvrir la richesse aromatique et l’élégance des champagnes de la maison. Nous avons travaillé également sur les textures des vins et des produits pour trouver les plus belles complémentarités. » Côté cellier, cela se traduit dans de petites assiettes à déguster au bar ou sur la terrasse. De l’autre côté de l’avenue de Champagne, la maison Belle Epoque déroule à l’heure du déjeuner, le vendredi et le samedi (sur réservation uniquement), un menu unique par saison, co-création de Sébastien Morellon et du triplement étoilé Pierre Gagnaire, les deux chefs ayant travaillé ensemble de nombreuses années. Le voyage est aussi visuel, la demeure de la famille des fondateurs de Perrier-Jouët abritant la plus importante collection privée d’Art Nouveau français en Europe. Les œuvres d’Hector Guimard, Louis Majorelle et Emile Gallé se retrouvent au fil des salons et, pour Gallé, jusque sur la bouteille de la cuvée Belle Epoque. On lui doit le dessin d’anémones japonaises qui l’orne encore aujourd’hui. À la carte ces jours-ci, le millésime 2012, un blanc de blancs aux notes crayeuses et salines que les chefs aiment marier tout particulièrement avec une pascaline de Saint-Jacques.

Maison Belle Époque
11, avenue de Champagne, 51200 Épernay
Tél. : 06 74 27 05 88
perrier-jouet.com